Foulure en sortie des starting-block [One Shot]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Foulure en sortie des starting-block [One Shot]

Message par Ren' le Mar 07 Aoû 2018, 15:30

Et nous y voilà, après quatre ans de galère, le point de ma vie où tout va changer, attendez-vous y, encore plus de galères !... Bon sang, mais quelle vie de merde…

Lundi 06 Août. Pour une fois le réveil n’est pas trop dur, la nuit dernière est un poil plus fraîche que les précédentes, j’ai réussi à m’endormir vers neuf heures du soir et là c’est tranquillement que quatre heure et demi du matin s’écoule sous une fraîcheur particulièrement agréable pour cet été si chaud dans ce 18m² mal isolé. Aujourd’hui, c’est boulot de 6h à 14h ! Pas que mon métier me plaise énormément, mais si on oublie la chaleur étouffante de l’usine, le brouhaha ambiant et incessant ainsi que la répétition des gestes qui me donne mal aux poignets,  en soi, ça me laisse du temps pour penser et réfléchir vu que mon cerveau n’est pas spécialement sollicité. Penser à quoi au juste ?... Ben je crois que je vais encore me demander si j’ai optimisé correctement mes sets d’objets sur LoL, parce qu’honnêtement, pour l’instant toute ambition que je pourrai me donner la peine d’avoir est écrasée par mon revenu trop peu élevé pour économiser durablement et songer à trouver mieux comme boulot, surtout sans avoir de diplôme.
De toutes façons, le lycée était déjà un calvaire, sans parler des examens… Sincèrement, comment est-ce que les autres étudiants font pour rester assis pendant des heures le cul vissé sur une chaise pas confortable pour deux ronds à apprendre bêtement des notions aussi basiques ?... Alors c’est sûr, ils pouvaient être dégoutés ceux que je voyais bosser comme des malades et réussir tout juste à maintenir un petit dix de moyenne alors que j’en glandais pas une au fond de la classe à ramasser un bon quatorze de moyenne générale. Et finalement… Je me suis pas présenté à l’examen… Nan mais attendez, y a une raison à ça, elle est plutôt simple, on nous a annoncé sur nos convocations qu’il faudrait rester  quatre heures devant un bout de papier alors que dehors la météo annonçait déjà le printemps, les arbres étaient en fleur, les gens recommençaient à sortir. C’est pour ça, je n’y suis pas allé, et j’ai pas eu de diplôme.
Déjà 5h30 ? Faut que je me grouille, sinon je vais finir à la bourre ! Sacoche agrippée, porte claquée, verrou enclenché, c’est parti mon pote !

Alors que j’étais en train de souder en rythme avec les composants qui arrivaient en masse, un des sous chefs est passé me voir pour me filer un papelard. Je m’attendais absolument pas à ce que j’allais y lire, enfin, j’exagère un peu, j’avais entendu des opérateurs en parler la semaine dernière, mais je pensais qu’ils abusaient un peu sur la caféine pour finir par sortir un peu trop de conneries, et bien non. Après quelques secondes, je finissais par tirer la même tronche que le reste de la chaîne de production, une vraie tête d’enterrement. Fin de cette semaine, la chaîne est arrêtée, la boîte stoppe la production de ces pièces, trop cher en maintenance, pas assez de produits finis qui en sortent, globalement pas assez rentables. Comme je suis en intérim, seul les vrais employés de la boîte sont placés sur d’autres postes dans l’usine, le reste devra trouver un autre moyen de se nourrir. Bande de fils de pute !... Je pris un instant pour me calmer, froissant le papier et le balançant dans l’allée de l’usine avant de me remettre au travail.
Sérieusement, ils peuvent pas me faire ça ? Je regardais la boule de papier froissé. Putain si, ils l’ont fait. Et merde…

A 14h30 j’étais rentré chez moi, le dos vouté, la mine creusée, ce boulot est crevant, mais pour le coup, c’est surtout la nouvelle de ce matin qui m’a détruit. Même dans cette chaleur étouffante, je m’étalais sur mon lit, le regard vide. Qu’est-ce que je vais faire ?... Dans l’instant qui suivi, j’attrapais mon portable pour appeler l’agence d’intérim. Verdict, pas de place ailleurs pour l’instant. Fait chier…

Alors que la lumière du jour s’estompait doucement, je réalisais que je venais de passer le restant de la journée à comater partiellement sur une chaise devant mon pc, sans grand succès pour trouver un boulot de substitution, et j’ai pas le moral de toutes façons… Bien que ma vie depuis ces quatre dernières années soit d’une banalité à ennuyer un mort, je trouvais un peu de réconfort grâce à un chili con carne ne nécessitant que d’être réchauffé pour être servi, qui trainait là dans mon frigo.

Le lendemain semblait calme, mais assez morose tout de même pour les cinq autres dans le même cas que moi au boulot. Et pourtant, je n’étais pas au bout de mes peines, en ce Mardi, une nouvelle surprise m’attendait à mon retour du travail.
14h30, comme toujours, j’arrive à hauteur du HLM où je réside et là, un petit quelque chose me titille un peu… Trois voitures de police sont arrêtées devant le bâtiment. Pas de gyrophare, pas de sirène non plus, juste garées devant le plus tranquillement au monde. Je passe à côté, rentre dans l’immeuble comme si de rien était, mais plusieurs portes d’appartements grandes ouvertes attirent mon attention. Je loge au troisième étage, et à chaque palier où je passe, des portes ouvertes ça et là. Je ne pouvais pas cacher mon angoisse grandissante, et elle fut à son apogée lorsque je me trouvais devant ma porte d’entrée, grande ouverte également, le peu d’affaire que j’avais, étalées au sol de mon logement comme si une tornade venait d’y passer. En franchissant le seuil de porte, je jetais un œil à cette dernière, la poignée était enfoncée, le verrou éclaté, tordu.
Dans le studio, plus que mes fringues, mon pc portable, disparu, mes bières disparues, la petite boîte à chaussure où je stockais un peu de liquide, disparu… Puis, mon visage pâli instantanément lorsque je retrouvais à mes pieds la petite boîte où je préservais la gourmette en argent que ma mère m’avait offerte lorsque j’étais plus jeune.
Mes poings et mes dents étaient serrés, le reste de mon corps rigide comme un tronc d’arbre, une larme roulait sur ma joue, les veines de mes tempes étaient visibles au point de vibrer à chaque pulsion de mon cœur. Un petit arc électrique se forma entre moi et la prise la plus proche, sous le coup de la colère mon pouvoir est quelques fois amplifié, mais rien de transcendant, seulement, la seule chose qui me traversa l’esprit était une haine profonde.
C’est forcément une saloperie de non-doté ou encore un avec Gear illégal… Des pourritures, de la vermine à supprimer, je leur ferai payer à tous…

Le restant de la journée a été rythmé par les dépositions auprès des officiers de police incompétents et par l’inventaire de ce qui a disparu de chez moi. Ce tel choc m’avait transformé en quelqu’un de très renfermé et froid au point que les agents de police m’ont demandé de bien garder mon calme et d’ajouter qu’un cambriolage de masse comme celui-ci laisse forcément des traces, que les criminels seront vite arrêtés, bla, bla, bla…. Mon cul ! Ca va finir comme d’habitude, dans des classeurs qui prennent la poussière derrière le bureau d’un incapable qui se dit que tout va bien de son point de vue puisque sa situation à lui est confortable ! Il est temps de ravager l’équilibre fragile de cette ville, de briser l’ignorance ambiante de toutes ces petites gens qui vivent soi-disant bien. Mais pour commencer, il va me falloir un projet à mener… Il est temps d’aller passer un peu de temps en ville pour trouver quelque chose, je ne sais pas quoi, mais rien qu’une idée sera un bon point de départ.


Je vais vous massacrer en #FE6600


Pour les Gamers économes ! :


Hymne perso:
avatar
Ren'

Fiche perso'
Idéologie Dominante: Tsukiste
Niveau: 1
Exp:
80/150  (80/150)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum