Il fallait bien que je/ça finisse par arriver [One-shot]

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Il fallait bien que je/ça finisse par arriver [One-shot]

Message par Tori Clark le Mar 31 Juil 2018, 07:07

J’arrive devant l’immeuble qui abrite mon appartement. J’entre doucement dans l’édifice, monte les escaliers lentement, d’un rythme saccadé, parcours d’un pas traînant le couloir qui me sépare de mon espace personnel, arrive devant la porte, sors ma clé que j’insère dans la serrure, tourne la clé, tourne la poignée, ouvre la porte, retire la clé de la serrure, entre d’un pas traînant, referme doucement la porte, alors que j’aurais été tentée de la claquer et, avant que je n’ai le temps d’adosser à la porte pour me laisser glisser jusqu’au sol et me recroqueviller, Eden que je n’avais même pas vu venir me fait un câlin. Pas une accolade rapide, non, un vrai câlin de plus d’une vingtaine de secondes. Je suis fatiguée. J’ai même pas envie de me remettre à pleurer tellement je suis fatiguée.

- Vous me direz quand c’est que vous aurez fini.

Je relève la tête de sur l’épaule de ma sœur pour regarder Venda qui se tient, bras croisés, accotée contre un mur. S’il y a bien un truc que je redoutais vraiment, c’était de devoir lui expliquer ce qui était arrivé à Maxime. Déjà que ce n’est pas facile à raconter, en plus, Venda est tellement tout le temps du genre à passer des commentaires et à poser des questions que ça en devient fatiguant pour une personne fatiguée. Pendant qu’Eden met fin au câlin, je tente une blague pour montrer que j’arrive quand même à plaisanter après tout ce que j'ai vécu :

- Woah. T’as fait party et t’as eu le temps de tout remettre en ordre avant mon retour, Eden ?

- Ouais ouais, c’est ça. Non, en fait, j’ai demandé à Venda de ranger toutes les cochonneries dans une armoire. Je vais boire un verre d’eau, je reviens.

Pendant qu’elle se dirige vers la cuisine, vais m’affaler sur le divan et expire longuement, puis surprise par le silence, je me tourne vers l’amie de ma sœur qui n’a pas bougé d’un pouce.

- Comment ça se fait que t’es pas déjà en train de me poser 3000 questions ?

Elle relève la tête subitement, comme si elle était tombée dans la lune et remonte distraitement ses lunettes de soleil sur son nez.

- Ah pardon. J’étais juste déçue en constatant que t’étais pas couverte de sang. Ça brise toute l’image que je m’étais fait de la situation.

Et sur ce, elle vient s'asseoir à droite de moi Je préfère ne pas connaître la vision qu’elle se faisait de la scène s'étant déroulée au palais de justice.

- Comment tu-

Elle voit visiblement ma question venir, puisqu’elle me coupe avant même que j’ai fini de la poser :

- Ça s’appelle l’odorat !

- Ah, ok. Contente pour toi…

Eden vient nous rejoindre et s'assoit sur l'autre divan situé sur la gauche, perpendiculaire par rapport à celui sur lequel je me trouve et c’est là que l’interrogatoire commence…

- Alors ? Il est arrivé quoi à Maxime ? T’as dit que t’avais pas envie de le dire au téléphone, mais là, je veux une réponse claire !

J’essaie de tout sortir d’un trait pour m’en débarrasser le plus tôt possible :

- Ben figure-toi que Maxime a décidé d’essayer de raisonner Death Mask là, le méchant responsable de tout le bordel, mais y’a pas aimé, alors je sais pas comment, Maxime s’est pris des balles : une dans ‘main gauche, l’autre dans l’bras droit. Après ça, comme si s’tait pas assez, y’a essayé de sauver une femme qui allait sauter sur Death Mask, mais encore une fois, Death Mask a pas aimé qu’y’essaie d’intervenir, alors il l’a projeté à l’autre bout de la pièce, pis Maxime a frappé le mur. Après ça, je sais pas. Y’a été pris en charge par les urgences. Je sais pas dans quel état y’est.

- Pis ça t’es pas passé par la tête d’essayer de l’arrêter à un moment donné ?

Elle a posé la question d’un ton abruti en tapotant son index contre sa tête.

- Caliss, c’est pas un enfant de 8 ans ! T’aurais voulu que je fasse quoi ? Maxime, arrête de courir ! Maxime, arrête de courir ! Maxime, arrête de courir ! Et y se serait arrêté en disant “ Ohh mince ! “ comme Chipeur le renard dans Dora l’exploratrice ???

- BEN NON BORDEL !!! Si j’avais été là, je l’aurais attrapé par le bras ou je l’aurais plaqué au sol !

- Vraiment ? VRAIMENT ???!!! Je pense plutôt que si t’avais été là, tu l’aurais même pas vu s’éloigner ou encore, t’aurais aussi ouvert ta grande gueule et tu te serais prise des balles comme lui !

- AH BEN C’EST ÇA ! T’as plus d’arguments, alors tu passes à l’attaque personnelle ! Tu crois que t’as mieux agi que moi je l’aurais fait, parce que je suis malvoyante, hein ?! Et vas-y, TRAITE-MOI DE NAZI MAINTENANT !

Je lève les bras en l’air, exaspérée.

- WHAT THE FUCK, NON !

Eden se permet alors de passer un commentaire en parlant d’un ton calme qui contraste énormément avec la tension qui montait de plus en plus :

- Non, Venda, c’est vrai que t’as une grande gueule… T’es en train de faire une très belle démonstration.

- Mais fuck you !

- Façon très mature de traiter tes amis. Waw.

- Ouais, bah figurez-vous que moi, contrairement à vous deux, je m’inquiète vraiment pour mon ami en ce moment !

J'hoche la tête, l’air faussement convaincu.

- Oh... Et... ça te donne le droit d’insulter ta meilleure amie pour autant ?

- Ok, non, regarde, Tori, laisse-là faire. Vous vous êtes assez gueulé dessus pour ce soir pis je la connais, je sais que les insultes qu’elle me lance sont pas sérieuses. Elle est juste nerveuse, ça va finir par passer.

- Ouais, ouais, c’est ça ! Moi, en attendant, je vais rentrer chez moi !

Elle se lève d’un bond.

- Chu tannée !

Je regarde rapidement l’heure et attrape son poignet avant qu’elle ne s’éloigne.

- Non, Venda, tu ferais mieux de passer la nuit ici.

Elle se tourne vers moi. Déjà que la différence de taille est notable lorsque je suis debout à côté d’elle, comme ça, je me rends compte qu’elle a l’air encore plus grande.

- Alors ? Ça veut me donner des ordres maintenant ?

Je soupire et essaie de garder un ton calme.

- C’est pas un ordre, c’est une suggestion. Il est tard et t’habites pas le quartier. Vu les évènements de la soirée, je préfèrerais, pour ta sécurité et pour ma conscience, que tu restes ici.

Elle semble hésiter un moment, puis fait un geste pour dégager son poignet de mon emprise. Je n’essaie pas de l’en empêcher.

- Avoue, en vrai, t’as peur de dormir toute seule.

Oh et puis, merde, à quoi bon nier ?

- Oui, j’ai peur de dormir toute seule et alors ? Si on est trois dans l’appartement, c’est encore mieux que deux et puis je sais qu’avec toi, le moindrement qu’il y a un bruit suspect, tu donnes l’alerte.

- Que de flatteries pour me faire rester. Ça marche, mais je dors pas sur le divan.

Ma sœur se lève à son tour.

- Pffft, t’es folle ?! Je te laisserai pas dormir sur le divan, y a bien assez de place dans mon lit pour nous deux. Qu’est-ce que t’as cru ? Allez, viens, on va laisser Tori tranquille !

Elle franchit la distance la séparant de son amie d’enfance et l’empoigne par le poignet pour l'emmener vers sa chambre. Venda se laisse entraîner, tout en maugréant :

- Mais c’est quoi votre problème dans votre famille à attraper les gens par le poignet ?

Je les regarde quitter la pièce et une fois que j’y suis seule, je soupire et ferme les yeux. Dure soirée !



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