Home Sweet Home [pv Tardi]

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Home Sweet Home [pv Tardi]

Message par Stormka le Dim 01 Oct 2017, 13:21

Combien de temps?...
...
Oh mon dieu, depuis combien de temps je rêve de cet instant!... Je vient juste de finir la route à pieds, entre Londre et Thouhills, et me tiens enfin devant la porte de notre maison. Il est tard, la lune est déjà haute. Je reconnais chaques traces de griffe sur la boîte aux lettres, le vieux portail en fer forgé que j'ai retapé lors de notre emménagement, ma bonne vieille moto abandonnée dans un coin du jardin... Et même ce vieux camion aux portières criblées de balles, négligemment caché sous une bâche, vestige des déboires de ma carrière de professeur. Je met ma main sur mon torse, exactement là où se trouve une vieille cicatrice. Cela ne veut sans doute rien dire pour quelqu'un qui ignore tout de mon vécu, mais moi je me souviens encore de celle qui m'a retirée un plomb de 9mm à cet endroit précis... avec une pince à épiler et une montagne de compresses. J'ai presque envie d'en rire! Je crois que je ne me rends pas compte à quel point j'ai failli y rester ce soir-là. Tout ça me semble si loin...

Ces derniers mois ont été sportifs, et c'est rien de le dire. Après une montagne d'embrouilles, je suis retourné régler des problèmes directement chez la mère patrie, en Russie. Il était temps que je sache enfin ce qu'il s'était passé dans ce fameux labo où l'on m'avait changé en... Ce que je suis. Une saloperie d'hybride plus sauvage qu'humain.
Mes recherches m'ont conduis à rencontrer d'anciens dignitaires du parti, tous plus tarés les uns que les autres... Attention, je ne parle pas d'un point de vue politique mais scientifique: en effet, ces gars-là étaient tous plus ou moins liés à l'endroit où tout à commencé. La base militaire de Karchay-Sarkessya. Un endroit digne du pire des films d'horreur où l'on s'amusait à mixer les gènes de deux trucs dangereux (par exemple ceux d'un tigre de Sibèrie et d'un vétéran), pour en faire un truc encore plus dangereux. Et pourquoi? Pour en faire une arme de destruction massive bien sûr. Mais pas de bol, à l'époque ils ont essayés de faire ça sur un type qui ne s'est pas laissé faire. Moi.
Après moult cassages de gueules et fouilles dans les archives, j'ai enfin pu trouver au moins une partie des réponses que je j'étais venu chercher: ma véritable identité. Pas ce foutu nom de code que l'on m'avait donné à l'époque (projet Storm-K4, soit StormKa), pas cette marque d'alcool que l'on m'avait donné comme nom de famille à cause de mon ancien vice (Poliakov), mais bien un véritable nom-prénom.
C'était peu par rapport à ce que je m'attendais à découvrir, mais je m'en suis contenté.

Après tout çe bazar m'attendais encore le voyage du retour, pour revenir en Angleterre. Vous me direz "mais voyons, c'est simple, tu prends l'avion!". Oui, mais non. C'est un poil plus compliqué que ça quand t'as un pelage tigré et la carrure de The Rock à dissimuler aux yeux des gens normaux, les moldus si j'ose dire.
Bref, toujours est-il que ce trajet fût interminable, passant de passager clandestin à randonneur sur des centaines de kilomètres, vivant au jour le jour. Tout ça pour en arriver là. Devant un portail que je n'ose pas franchir. Je regarde les fenêtres mais aucune lumière ne s'en dégage. Si ça se trouve plus personne n'habite ici depuis bien longtemps.
Et puis quand bien même Lucie serait-elle toujours ici, encore faudrait-il qu'elle me reconnaisse, avec mes frusques de clodo; un bonnet noir qui cache mes oreilles, des lunettes rondes et teintées (en pleine nuit, oui) pour cacher mes yeux félins, un anorak trop petit et troué... Mais toujours la même paire de tongs avec un short déchiré.
Pour la première fois depuis longtemps j'ai peur, j'suis mort de trouille. Je veux hurler, rugir pour extérioriser tout ça... Mais rien ne vient. Pas une larme. Je suis vraiment trop bête. Je revois le visage de Jïnn, Luxia, Clary, Narok, Ker, Koji, Tori, Felias, Archie, Noa... de tout mes élèves et amis. Certains doivent même avoir finis leur études désormais.
Et puis je fait un pas en arrière, me retourne dos à mon foyer pour ne pas dire dos au mur, histoire de traîner ma carcasse vers... J'en sais rien. J'ai même pas assez de thune pour aller boire un verre.
Bêtement je reste là une seconde à hésiter.
Une seconde suffisamment longue pour me rendre compte que je ne suis plus seul dans la nuit.


Je rugis en #DF401

La bécane du prof de sport :

Poliatheme:
https://youtu.be/qAZzT6DTz-A
Berserkov theme:
https://youtu.be/yFUS_nTrXL8

Certifié professeur de tiger-power,
StormKa Poliakov, c'est le prof de sport excelsior.
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Stormka

Fiche perso'
Idéologie Dominante: Aucune
Niveau: 1
Exp:
55/150  (55/150)

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Re: Home Sweet Home [pv Tardi]

Message par Mlle Tardi le Jeu 05 Oct 2017, 20:10

Des fois, Lucie se souvenait que son cœur battait encore. Soupir sur soupir, elle se demandait tout de même quel genre de perfusion la maintenait dans un état comparable à celui de quelqu'un en vie. "Quelqu'un", c'est bien de ça qu'elle avait besoin, quelqu'un, comme elle avait eu quelqu'un, avant, pour rendre son regard moins noir et vide que le ciel de la nuit qu'elle pouvait observer.
Finalement, mademoiselle Tardi ne savait pas ce qui la retenait ici. Le silence permanent, la monotonie, ces choses qui s'ajoutaient à la solitude pour rendre folle la jeune femme, qui supportait chaque soirée plus durement que la précédente. Ces mur muets lui murmuraient maintenant de s'en aller, ces vides où résonnait le silence, chaleureux pour la jeune fille autrefois, l'enveloppaient maintenant dans un froid sans nom.
Elle avait peur, mademoiselle Tardi, peur d'y retourner, c'est peut-être ça qui la gardait entre ces murs, la peur de vivre à l'académie à nouveau, de vivre une autre monotonie, une vie autrement monotone. Mais elle n'avait pas le choix, et bientôt elle partirait, son colocataire lui manquait, et il lui manquait son salaire pour rester.

Ça commençait à être pour elle bien pénible de rester enfermée, coite, perdue au milieu de ce silence oppressant qui l'assourdissait. Elle tassait calmement ce qu'elle venait de rouler puis elle décidait de sortir fumer. Dehors, Lucie frémissait du froid, cette chose qui, comme sa tristesse, la faisait faiblement ressentir la vie qui sommeillait au fond d'elle. Le seul son auquel elle était sensible était celui de la combustion de ce qu'elle fumait. De temps en temps, elle murmurait faiblement quelque mots en accord avec la musique qu'elle écoutait, et un d'iceux fut interrompu net par la stupeur de Lucie, qui se demandait si elle reconnaissait ou si elle voulait reconnaître la personne qu'elle apercevait. Ce "quelqu'un", il ne pouvait pas être celui auquel pensait... si ? L'heure ne se prêtait pas aux rencontres, mais pourquoi pas aux retrouvailles.

"Excusez-moi, j'ai perdu mon chat, il est tigré et très affectueux, vous l'auriez aperçu ?"

Son chat... La fumée blanche de ce qu'elle fumait... L'avait-il déjà vue ?

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