No Face No Being [PV 9F]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

No Face No Being [PV 9F]

Message par Sally Whispers le Dim 06 Aoû 2017, 13:03

No Face No Being



ft. Miyu

518 mots
Sally en violet
Miyu en bleu

Le pinceau finit sagement sa course d’un mouvement habile de mon poignet. Voila. Cette chambre est à moi maintenant. Les bombes de peintures vides achetées ce matin jonchaient le sol, tandis que le pot d’encre noir restait sur la table, ouvert et entamé. Je reculais de quelque pas, pinceau en main, pour apprécier mon œuvre. Les mots « No Face No Being », inscrits en lettres gothique au-dessus de mon lit, rendaient à merveille avec le fond que j’avais fait tout à l’heure. Je soupirais ensuite, consciente du désordre. Il faudra que je range ! En attendant, je me laissais aller à la fenêtre encore ouverte pour observer le paysage d’été. Le coin est vraiment joli mais… tout est si terne à mes yeux… je n’arrive même pas à comprendre l’émerveillement des autres ! Voilà trois jours que je suis là et ce château m’est déjà familier. Pourtant… pourtant, je ne me sens pas à ma place, pas chez moi… c’est trop étrange !

Énervée, je me laissais tomber sur le 1e lit que je trouvais, pas le mien, juste un des quatre lits vides de cette chambre immense. Mes yeux se fermèrent d’eux-mêmes alors que je ramenais mon bras à mon visage, pleurant à grand sanglot. Je sentais mon ventre se fendre en deux. Je ne désirais que hurler ton nom jour et nuit jusqu’à devenir définitivement muette ! Mais je ne fais que sangloter comme une enfant, secouée de spasmes, secouée de souvenirs… Je te revois me guider en tenant mes yeux. J’avais encore un peu peur à l’époque. Mais, quand je suis arrivée dans cette grande chambre de princesse, j’ai juste eu envie de pleurer. C’est étrange… dans tous ce que j’ai lu, ce n’est plus ce qu’on veut, à douze ans, et pourtant. Comment as-tu su ? Je veux te revoir, revenir à ce jour, te prendre dans mes bras et te remercier mille fois de tout ce que tu as fait. Je me fiche de cette chambre de malheur ! Je me fiche de ce château ! Je me fiche d’être battue ! Je me fiche d’être humiliée ! Je me fiche s’ils nous éloignent d’eux ! Je me fiche si on doit fuir constamment ! Je me fiche de devoir abandonner le cahier ! Je me fiche de tout ça si… si seulement je pouvais juste être près de toi… je sens encore ta peau au bout de mes doigts, et ça me tue…

Après de longues minutes dans le silence le plus total, je me relève, entendant un bruit dans le couloir. Ce n’est pas que la circulation me  gêne, mais j’entends rarement des roues sur le sol des couloirs féminins… Bah ! Sûrement un skate, ou des rollers ! Je me fais des films : il n’y aura pas de nouveau à cet heure, ni dans ma chambre… si ? Bon. En tout cas, les sanglots sont passés, ou en ont l’air. Je commence alors à ranger mon bazar et à jeter les bombes vides quand soudain la porte me heurte le cran. Merde ! Il y a quelqu’un !



Suivez l'image pour retrouver mon journal Wink. Il est mis à jour de temps en temps, je vous jure, ça peut être intéressant Wink.
Toujours dispo pour RP, n'hésitez-pas à MP si vous êtes intéressé ou si vous avez la moindre critique à me faire, je mords pas.


Dernière mise à jour du journal : 14/03/2018 ; 02h29 : "De Shirley Whispers. A Sally Whispers. Académie Tsuki, Zouhills, Devon, Angleterre."
avatar
Sally Whispers

Fiche perso'
Idéologie Dominante: 2
Niveau: 0
Exp:
100/100  (100/100)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: No Face No Being [PV 9F]

Message par Invité le Lun 07 Aoû 2017, 02:28



Chambre 9F


No Face No Being

La grande voiture noire se gara devant le portail de l’académie et ses occupants en descendirent. Les parents ne pouvaient pas aller plus loin. Un peu gênée et avec émotion, Miyu dit au revoir à ses parents. Bien sûr, ce n’était pas un adieu, mais quand on a jamais été séparés plus d’une semaine, c’est toujours délicat. De plus, la jeune fille ne connaissait rien ni personne ici. Tout serait nouveau. Après une étreinte avec sa mère et quelques mots avec son père, elle prit la valise et le sac que monsieur Yamamoto avait sortis du coffre. Son frère était prit par ses études et n’avait pas pu être là, ce qui pesait un peu à la japonaise. Elle adressa un sourire et un signe de tête à ses proches, remontés dans la voiture et les regarda s’éloigner.

Après un soupir, Miyu se retourna pour faire enfin face au portail. Comme c’était imposant… C’est elle qui avait choisit de venir étudier ici, elle qui avait accepté et négocié avec ses parents pendant plusieurs semaines. Mais maintenant qu’elle y était, tout prenait une autre réalité. Ravalant ses sentiments et la larme qui menaçait de couler sur sa joue, la jeune fille entra.


*


La jeune fille aux cheveux violets marchait maintenant dans le couloir de son dortoir. A son arrivée, on lui avait expliqué le fonctionnement de l’académie, les diverses règles, on lui avait donné tout ce dont elle avait besoin pour y vivre facilement, et on lui avait attribué sa maison. Une personne plutôt aimable lui avait enfin indiqué le chemin pour trouver sa chambre. Elle avançait désormais, tirant sa valise d’une main et portant son sac qui commençait à lui scier l’épaule. Le couloir n’était pas rempli, mais elle croisait quelques filles, aux âges différents. Evitant soigneusement leurs regards pour ne pas attirer l’attention dès son arrivée, elle continua à chercher sa chambre. 5F… 7F… 9F! C’était là.

On lui avait dit qu’une autre jeune fille était arrivée quelques jours plus tôt. Si elle était dans la chambre, ce n’était pas le moment de faire mauvaise impression! Elle aimerait bien tisser des liens avec la personne qui va partager sa chambre pendant quelques temps. Frappant du bout des doigts sur la porte pour signaler sa présence, elle se rendit compte que le bruit produit avait peu de chances d’être entendu. N’ayant pas le courage d’attendre plus longtemps dehors, elle rassembla ses forces et ouvrit.

Mais avant d’avoir même le temps de prononcer un « bonjour », elle sentit la porte opposer une résistance et entendit un bruit sourd. En se penchant, Miyu vit qu’il y avait quelqu’un derrière, et qu’elle venait visiblement de lui envoyer la porte sur la tête.

-Oh pardon! S’écria-t-elle en lachant son sac pour aller aider sa nouvelle colocataire. Je suis vraiment …

Observant la personne qu’elle venait de heurter, la jeune fille s’arrêta net. Ce n’était pas sa colocataire. C’était son frère. Sans lui laisser le temps d’en placer une, la japonaise reprit en rougissant:

-GENTARO ??? Mais enfin, qu’est ce que tu fais ici ? Je… excuses moi mais… cette jolie robe ne sied pas très bien à ta carrure tu sais… C’est très gentil d’avoir voulu me faire la surprise mais, je ne suis pas sûre que les surveillants soient ravis de te trouver ici…


Invité
Invité

Revenir en haut Aller en bas

Re: No Face No Being [PV 9F]

Message par Sally Whispers le Lun 07 Aoû 2017, 19:52

No Face No Being



ft. Miyu

563 mots
Sally en violet
Miyu en bleu

Recevant une secousse en pleine tête, je mis quelques instants à comprendre ce qui se passait. Tout ce que je parvenais à percevoir c’était passé il y a trop longtemps. Tout ce que je sentais, c’était les coups que j’avais déjà enduré. Je m’étais assise sur le côté, sur le sol, lâchant le sachet plein de déchet. Les petites bombes colorées roulaient lentement, tandis que je reprenais mes esprits. Un fracas sourd fut accompagné par une voix assez lointaine :

« Oh pardon ! »

Il ne le semblait pas avoir eu le plaisir de l’entendre. Je levais la tête, sonnée, découvrant cette jeune fille qui tentait de m’aider, commençant milles et une excuse. Tu ne devrais pas t’approcher, tu vas… Merde ! Pas le temps de sortir les paroles de ma bouche, la stupéfaction prend lentement place sur son doux visage de jeune fille sage. Elle a l’air de v’nir d’une p’tite maison tranquille, sans problème. Qu’est-ce qu’elle fout ici ? Je croyais que je serais entourée de gens qui me ressemblent. Gentato ? C’est un garçon. Elle parle comme s’il était fils de PDG, et semble s’inquiéter du règlement. Au moins, elle a pas l’air d’être un aimant à problème, c’est déjà ça. Le regard vissé sur une bombe, rougissant, les yeux larmoyant, je murmurais d’une voix brisée :

« Je ne suis pas Gentaro… »

Je ne sais même pas qui il est. Lentement, je levais les yeux vers elle, histoire de voir à qui j’avais à faire. Elle avait le visage d’une jeune femme très bien faite, très mignonne, la peau très lisse. Elle devait faire à peu près ma taille, avec de très longs cheveux… violets. Elle a l’air toute mignonne, elle doit donner envie à tout le monde qu’on la protège, elle semble avoir des proches et, au vu de ses affaires, de l’argent, alors pourquoi du violet ? C’est vrai, ça la fait passer pour une fille étrange… Bref… Croit-elle vraiment qu’un mec est capable de porter un corset ? Je dois avoir l’air agacée, ce n’est pas bon comme première impression.

« Il doit vraiment compter pour toi, ce Gentaro, mais ne te méprends pas. Je suis Sally, ta camarade. »

Je soupirais à nouveau : c’est bien ma veine ! En plus d’être invisible, je suis travestie ? Combien de temps va-t-elle me supporter ? Rah ! Ça m’énerve ! Il faut que je clarifie les choses, mais  comment en parler sans paraître particulièrement lourde ou folle ? Je n’en sais rien, et je m’en fiche. Silencieusement, je réunissais les déchets que j’avais fait tomber, sans rien lui demander. Je ne vais pas lui causer plus de soucis. Ça doit être dur d’arriver comme ça… Je sais ce c’est, une arrivée mouvementée. Et puis merde ! Je posais le sachet contre le bureau et lui fit face comme ce jeune brun quelque jours plus tôt, comme cet aveugle lubrique cette nuit-là. J’étais juste franche.

« Excuse-moi, c’est pas facile d’être la petite nouvelle. J’ai tagué la partie au-dessus de mon lit, les quatre autres sont vides. Désolé pour l’odeur de peinture, je savais pas que tu venais. Oh, et, évite de trop me regarder, ça vaut mieux »


Sur ce, je retournais à mes occupations, admirant la fresque qui décorait mon mur. Je ne devrais pas être si froide… Elle ne m’a rien fait…



Suivez l'image pour retrouver mon journal Wink. Il est mis à jour de temps en temps, je vous jure, ça peut être intéressant Wink.
Toujours dispo pour RP, n'hésitez-pas à MP si vous êtes intéressé ou si vous avez la moindre critique à me faire, je mords pas.


Dernière mise à jour du journal : 14/03/2018 ; 02h29 : "De Shirley Whispers. A Sally Whispers. Académie Tsuki, Zouhills, Devon, Angleterre."
avatar
Sally Whispers

Fiche perso'
Idéologie Dominante: 2
Niveau: 0
Exp:
100/100  (100/100)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: No Face No Being [PV 9F]

Message par Invité le Lun 07 Aoû 2017, 23:58



Chambre 9F


No Face No Being

Quelque chose clochait. Gentaro lui lança à peine un regard, trop occupé à ramasser des bombes de peinture. Son frère avait déjà fait le pitre à de nombreuses reprises pour l’amuser, mais jamais en allant jusque là… Lui, porter une robe pareille ? Lui, utilisant de la peinture ? Et surtout rester aussi distant… ça ne lui ressemblait pas. Il prit la parole, et ce qu’il dit glaça la jeune fille.

« -Je ne suis pas Gentaro… »

Ces mots résonnèrent un instant dans l’esprit de Miyu, qui demeurait là, figée comme si elle avait un fantôme en face d’elle. Bien sûr ce n’était pas lui. Qu’aurait-il bien pu faire ici ? Cette pensée serra le coeur de la japonaise. Mais alors… Qui était-ce ? Comment quelqu’un pouvait-il lui ressembler à ce point ? La personne qui affichait les mêmes traits que son très cher frère leva enfin les yeux vers elle. L’air qu’elle arborait semblait être un mélange d’agacement et de gêne. La situation était très étrange, tendue. Cette tension se sentait clairement et Miyu sentit une boule prendre place dans son estomac. Comme pour répondre à ses interrogations, elle prit la parole. Ce qui ne l’avait pas frappé tout de suite était que la voix qui prononçait les mots était celle d’une femme. Ou du moins, d’une jeune fille. Celle-ci se présentait comme Sally, sa camarade.

Les mots frappèrent la fille aux cheveux violets de plein fouet, lorsqu’elle réalisa l’énorme erreur qu’elle avait commise. Comme pour appuyer son sentiment de honte, Sally soupira, puis se tut un moment. Tandis qu’elle s’affairait à nettoyer ce qui trainait au sol, le silence devenait pesant. Miyu se sentait mal. Terriblement mal. Elle avait du la blesser, et n’avait aucune idée de ce qu’elle pouvait faire pour y remédier. Pour une bonne première impression, on repassera!

Soudain, sa colocataire reprit la parole. Elle s’excusa, mais de quoi au juste ? La maladresse de Miyu n’était pas sa faute à elle. La jeune fille avait du mal à comprendre ce qu’elle lui disait, à propos de lits, de tags… Comme si tout était lointain. Les mots lui parvenaient à peine tant elle avait du mal à saisir la situation. Seule la dernière phrase lui paru claire. Parfaitement claire même.  Détachant ses yeux d’elle, Miyu s’efforça de réfléchir vite. « Evite de trop me regarder, cela vaut mieux »… Chaque fois qu’elle poserait les yeux sur sa camarade, elle verrait Gentaro ? Un instant … Elles étaient dans une école remplie de personnes avec des… facultés spéciales n’est ce pas ? Et soudainement, elle se trouve face à une jeune fille qui a les traits de son frère. Les différents éléments s’assemblèrent dans son esprit, de façon assez trouble toutefois. C’était ça, son pouvoir, n’est-ce pas ? Elle changeait d’apparence. Mais était-ce volontaire ? Aléatoire ? Cela dépendait-il des gens avec lesquels elle était ? Alors que les questions se bousculaient dans son esprit, la japonaise réalisa que ce ne devait pas être un pouvoir facile à vivre et que ce genre de situations devait arriver régulièrement à sa colocataire. Comprenant mieux pourquoi celle-ci avait eu l’air agacée, ou même blessée en fait, Miyu se sentit horriblement mal. Elle avait rarement fait aussi fort lors d’une première rencontre.

Réalisant soudain que sa camarade avait bougé et observait le mur dans un silence presque absolu, elle s’inclina, machinalement en signe d’excuses. Ce geste était probablement inutile puisque la personne à qui il s’adressait ne la voyait même pas. Réalisant ce détail, elle s’excusa à voix basse. Particulièrement gênée, se sentant comme un chien dans un jeu de quilles, elle ne savait plus quoi faire. Si seulement elle pouvait annuler ce moment et entrer à nouveau dans cette chambre … Comme si elle venait d’être touchée par une illumination, la japonaise se redressa et se dirigea vers la porte.

« -Je recommence » dit-elle simplement en fermant cette porte derrière elle.

Miyu s’appuya cependant quelques instants contre le mur. Son père l’avait pourtant prévenue. Elle ne tiendrait pas plus d’une demie-heure, seule, dans cet endroit inconnu. Elle n’avait pas l’expérience nécessaire en terme de relations sociales et n’avait jamais rien fait par elle-même. La réalité de ces paroles lui arriva en plein coeur. Les larmes montaient. Qu’elle ne soit pas capable de se débrouiller était un fait. Mais qu’en plus elle blesse les autres en était un autre. L’espace d’une seconde, elle songea à s’enfuir. Il n’était peut être pas trop tard pour tout arrêter. Mais ce serait donner raison à son père. C’était hors de question. Tout comme laisser cette jeune fille seule, après les paroles qu’elle venait d’avoir. Dans sa voix et sa façon de s’exprimer, Miyu avait sentit une once de tristesse et de solitude. Peut être était-il déjà trop tard pour rattraper ce qui avait été fait, mais elle devait essayer.

Ravalant ses larmes et ses émotions, elle prit son courage à deux mains, chassa ses parents de son esprit et attrapa la poignée de porte de la chambre 9F. Elle s’était sentie seule tellement souvent, il n’était pas question que cela continue, ni même d’infliger ça à quelqu’un d’autre.

Avec un soupir de détermination, Miyu entra dans la chambre et reprit la valise qu’elle avait abandonnée plus tôt. Avançant dans la pièce, elle alla se placer près de sa camarade et lui tendit la main.

-Bonjour, je crois que nous serons colocataire cette année. Je m’appelle Miyu! Et toi ?

Elle avait dit cela en fixant son interlocutrice, d’un ton qui se voulait le plus possible enjoué. Sa voix tremblait surement un peu, car elle appréhendait la réponse de Sally. Affichant un sourire qu’elle espérait doux, la jeune fille espérait. Peut-être que sa camarade l’ignorerait, l’enverrait paitre, ou l’insulterait… Mais c’était son meilleur espoir.




Invité
Invité

Revenir en haut Aller en bas

Re: No Face No Being [PV 9F]

Message par Sally Whispers le Ven 27 Oct 2017, 22:05

No Face No Being



ft. Miyu

1185 mots
Sally en violet
Miyu en bleu

Une jolie fresque, oui, une jolie fresque qui me représente à merveille : je n’existe plus puisque personne ne remarque mon existence. Un mouvement du côté de la petite nouvelle me ramena à elle. Elle s’inclina, comme pour s’excuser. Elle compléta ce geste d’excuses à voix basses. Pourquoi faire ? Se laissant aller à un long soupire, je m’appuyais contre le guéridon. Elle ne comprends pas qu’elle n’a pas à s’en faire, que je m’en fiche, que c’est habituel. Elle n’y changera rien… quoi qu’il se passe, ça va finir en mauvaise année. Mais soudain, je l’entendis s’éloigner un peu.

« Je recommence. »

Elle dit ça tout à fait simplement alors que la porte se refermait sur elle. A quoi joue-t-elle au juste ? Qu’essaye-t-elle de faire ? Elle semble rester une éternité dehors. Elle n’en peut plus ? Elle a besoin d’une pause ? Pourquoi recommencer ? Elle veut créer de meilleures bases ? ça n’est jamais arrivé… même avec Roydon ou Ginny. « C’est cassé de toute façon ! C’est cassé ! Détruit ! Tu peux mettre toute la colle que tu veux l’eau s’échappera quand même du vase Roydon ! De toute façon Léa est toute cassé ! Tu n’y changeras rien ! ». La voix de ma cousine, la porte qui claque, les larmes, tout me revient comme un monstre qui me saute au visage. Rien ne change jamais… Elle est surement en train de fuir très loin… recommencer, c’était juste une excuse pour ne pas que je la retienne… suis-je si pitoyable que ça ? Certainement. Ça doit se voir, comme il me manque, comme je suis vide…

Là, soudain, sans crier gard, la porte s’ouvrit, me prenant par surprise. Je me tut, incapable de faire quoi que ce soit. C’était comme ce jour où il était venu vers moi. Je la voyais attraper sa valise, avancer, se positionner près de moi, avancer son bras libre. Je ne comprenais pas. Je ne comprenais rien. Ni ça, ni elle, ni l’accélération de mon cœur déchaîné, ni les larmes, ni l’odeur de peinture qui brûlait mes narines, ni même cette expression sur son visage. Son regard ne semblait ni fatigué, ni contraint. Personne ne l’avait menacé, ce n’était pas une comédie. Elle… elle me tendait vraiment la main, à moi ? Quelque chose de fort pinça mon cœur et je sentis un instant l’air me manquer. C’est comme si je me mettais à brûler mais… je n’avais pas mal, pas mal du tout… C’était la sensation des bras protecteur de Roydon après les regards de mépris ou d’amour, après l’incompréhension ou les remarques plus-que-blessante. C’était comme un bref retour à la maison.

« Bonjour, je crois que nous serons colocataire cette année. »

Elle… recommence ? Ce… ce n’est pas normal. Elle… elle n’a pas fuis ? Laissant papillonner mes yeux, je restais là, immobile, à subir ce retournement de situation. Pourquoi faire tout ça pour moi ? C’était comme si… comme si j’avais le droit de vivre.

« Je m’appelle Miyu ! »

Miyu… c’est beau. Est-ce que je peux dire que Miyu est le nom de ma toute première vraie amie ? Je… je n’avais jamais accordé tant d’importance à un nom à part Roydon, pourtant, c’est comme s’il s’imprimait en moi, comme s’il se gravait quelque part sur mon âme, comme une cicatrice invisible, comme une future blessure, pas encore douloureuse, ou comme la première page d’un meilleur avenir… Roydon avait été une blessure. Peut-être qu’elle est le symbole que ça peut aller ? Mais comment ça pourrait aller sans lui ?

« Et toi ? »

Moi ? Je balayais la pièce du regard avant de réaliser comme c’est idiot. Nous sommes seules. Timidement, j’attrapais sa main. Elle n’est pas glacée… pas comme moi… dois-je m’excuser d’avoir les mains si froides ? Que dire ?

« J… Je… Moi… Heu… »

Toussotant, je me repris difficilement. Je suis perdue… C’est comme si le monde se retournait… Qu’est-ce qui est en train de se passer ici ? Je ne devrais pas y croire… je ne devrais pas sympathiser si vite ! Je ne suis qu’une coquille vide… je vais lui faire du mal. Ne suis-je pas Gentaro, en ce moment même ?

« Tu peux m’appeler Sally. »

Que dire d’autre ? Elle ne semblait pas prête de lâcher l’affaire, tant pis. Fallait-il devenir amie ? Fallait-il essayer ? Personne ne me verra jamais… c’est ce que je m’étais dit. Et si je n’avais pas tenté ma chance, je n’aurais pas Roydon… mais si je m’attachais à quelqu’un d’autre, je pourrais le perdre. Machinalement et prise de peur, voyant son regard décomposé à la vue de nos mains liées, je lâchais Miyu. Non ! Non ! Et si Roydon ne voulait pas de ça ? Et si… s’il la frappait à cause de ça ? S’il peignait son visage en rouge à cause de moi ? Non ! Je ne veux pas !

« Je… je ne sais pas si… »

Pourquoi lui en parler ? Et si c’était une mauvaise chose ? Et si elle ne comprenait rien ?

« Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée… »

Il ne faut pas ! Je ne dois pas la blesser ! Alors il vaut mieux tenter de créer un faussé entre nous. Serrant la main qui avait tenu la sienne quelque secondes plus tôt contre ma poitrine, je reculais d’un pas. Je ne pouvais pas m’arrêter de pleurer et je ressentais ces horribles pensées comme un poignard mais il faut que ça sorte. Je suis la pire des amis. Je ne suis pas digne d’exister. Si Roy est dans cet état, c’est de ma faute. Si maman est morte, c’est de ma faute. Si tata est seule, c’est de ma faute. Si cet inconnu a perdu sa petite amie, c’est de ma faute. Si ma cousine est devenue dépressive, c’est de ma faute. Si le monde a cessé de tourner rond, c’est de ma faute. Je suis un nuisible qui empêche le système de tourner. Je ne mérite pas d’amis ! Je ne mérite absolument personne !

« Tu devrais… tu devrais peut-être rester à l’écart… »

Rester très loin, très loin de moi ! Roydon devenait fou ! Je n’apporte que le malheur ! Les méchants messieurs venaient demander des choses à maman, parce que je n’allais pas avec les autres enfants. J’étais enfermée parce que je suis un aimant à problème. Maman voulait protéger le monde mais j’ai été trop bête, trop égoïste pour l’aider ! Je suis sortie de chez moi et elle est morte ! Je n’en fais qu’à ma tête ! Je souffre trop pour voir quand un cœur saigne ! Avant que Léa n’aille à l’hôpital j’étais aveugle ! Je…

« Je ne suis qu’un tableau maudit. Je n’attire que du malheur… »

Je n’aurais jamais dû naître… Je ne mérite pas de respirer. Je ne fais que voler l’air des autres… Et la sentence de tous ceux qui me laissent vivre, c’est le malheur… et la mort.



Suivez l'image pour retrouver mon journal Wink. Il est mis à jour de temps en temps, je vous jure, ça peut être intéressant Wink.
Toujours dispo pour RP, n'hésitez-pas à MP si vous êtes intéressé ou si vous avez la moindre critique à me faire, je mords pas.


Dernière mise à jour du journal : 14/03/2018 ; 02h29 : "De Shirley Whispers. A Sally Whispers. Académie Tsuki, Zouhills, Devon, Angleterre."
avatar
Sally Whispers

Fiche perso'
Idéologie Dominante: 2
Niveau: 0
Exp:
100/100  (100/100)

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: No Face No Being [PV 9F]

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum