La Panne - [PV - Maya]

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La Panne - [PV - Maya]

Message par Matthew Doland le Dim 30 Juil 2017, 23:22

Les mouvements circulaires de la vieille roue usée crépitent sur le sol gravillonneux, la pluie bat le sol d'une violence insoutenable. Le vieux moteur menace de rendre l'âme, les accrochages sont nombreux.
"Nous ne sommes pas près d'arriver, Monsieur.
- Nous arriverons en temps et en heure, j'en suis convaincu.
- La pluie nous ralentit considérablement, Monsieur...
- Ce n'est pas un problème. Mes engagements seront respectés, qu'il neige ou qu'il vente."
La vieille voiture, un modèle des années 50, peine à suivre la cadence imposée par l'heure prévue pour l'arrivée. La campagne défile derrière la vitre, les maisons apparaissent et disparaissent entre les gouttelettes longeant le mur transparent de haut en bas. Les lumières des lampadaires ruraux peinent à éclairer la campagne, le brouillard s'épaissit à chaque minute.
"Nous nous rapprochons de la ville, Monsieur.
- Fort bien.
- Vous aviez raison, nous rattrapons l'horloge."
Matthew laisse apparaître un petit sourire, cachant une impatience retenue, rare chez le personnage.
Alors que l'heure passe, la pluie finit par se calmer. Le brouillard finit par disparaître, laissant apparaître la ville.
"Beau travail, il ne nous reste plus qu'à trouver l'acad..." Les paroles de Matthew sont interrompues par un grincement assourdissant. Le gris laisse place au noir, les vitres se ternissent à vue d’œil.
"Diantre, ce qui devait arriver est arrivé, le moteur nous a quittés...
- Voilà qui est handicapant... Quel type de moteur est-ce?
- Un boxer, bicylindre plus exactement.
- Un vieux modèle, rien de moins complexe.
- En êtes vous bien sûr?
- Ce sera réglé en un tour de clé, j'ose espérer que vous avez prévu une trousse de secours?
- Et bien... Elle doit se trouver à l'arrière, je m'en vais la chercher."
Le vieux conducteur se précipite sur la banquette arrière, fouillant sous les sièges.
"La voilà, il me semble qu'il y a tout ce qu'il faut pour réparer cette vieillerie là dedans... Si vous pensez que cela est réparable.
- Ce vieux moteur ne me résistera pas longtemps, n'ayez crainte.
- C'est pour vous que je m'inquiète, Dieu sait que vous détestez trahir vos engagements, arriver en retard serait un affront.
- C'est bien pour cela que nous n'arriverons pas en retard, mon bon ami."
Par chance, la circulation est absente ce soir. Si la voiture, stationnant à gauche de la route en pleine ville, ne gêne pas de part sa place, elle reste fort encombrante au niveau acoustique.
"Je crains que les citadins ne se réveillent, Monsieur..." dit le vieux conducteur.
Matthew, les manches retroussées et les gants enfilés, relève le capot et travaille activement sur le vieux moteur.
"Ah... C'est peine perdue, ce vieux moteur ne peut revenir du royaume des morts." dit le vieil homme d'un air épuisé, constatant l'ampleur des dégâts.
Son accablement est rapidement estompé par le bruit rugissant du moteur, grondant de par ses entrailles.
Les désagréables bruits de l'engin agonisant laissent place à l'imposant rugissement d'antan.
"Miracle! Il l'a fait...!" s'exclame l'aïeul d'un ton vif.
Matthew ferme le capot, retire ses gants, et les secoue doucement. Il retourne sur le siège passager, un sourire parcourant son visage de long en large.
"Nous sommes partis." dit Matthew, esquissant un air enjoué, air toujours aussi rare.
La voiture reprit sa route de plus belle, en route vers l'académie.
"Je l'aperçois, elle est là, voyez vous?" dit calmement Matthew, cachant son engouement.
"Vous avez réussi un tour de maître, Monsieur. Une fois de plus vous avez su rebondir, félicitations."
Matthew sort alors de la voiture, faisant signe au vieil homme de rester sur le côté, dans la voiture. Il se dirige vers les portes de l'académie, avec un entrain peu commun.  L'aube approche et les rayons du soleil vont percer le ciel. Matthew est arrivé à l'académie Tsuki.

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Re: La Panne - [PV - Maya]

Message par Invité le Mar 01 Aoû 2017, 15:55

J’aimais bien sortit tôt le matin. Le matin, il n’y avait pas beaucoup de monde dans les couloirs et dehors, sauf les insomniaques et ceux qui aimaient se lever tôt, comme moi. Nous étions peu nombreux. À cette heure-là, beaucoup se dirigeaient au réfectoire pour aller manger, mais je ne les suivais pas. Je ne mangeais jamais le matin, car je ne voulais pas… je… j’étais dégoûtée. Alors je prenais simplement ma douche, dans les douches communes des filles émeraudes. Je n’aimais pas prendre ma douche au milieu de toutes ces filles si grandes, si plus âgées ! Je me sentais seule, parfois…

C’était pour ça que je me levais avant tout le monde, et je profitais de la grande salle seule. Puis, après être propre, habillée, et masquée, j’allais dans le foyer Émeraude et je me détendais. J’étais heureuse de faire partie de cette si fière maison ! Le foyer Émeraude était composé d’un baby-foot, et d’une télévision très vieille, et très grosse… l’image n’était pas belle, mais quand je n’avais rien à faire, je l’allumais, et je me distrayais sur les chaînes proposées. Souvent, lorsque j’étais rejoint par d’autres élèves, je cédais à leurs exigences et je les laissais choisir la chaine qu’ils voulaient… ils étaient tous plus cieux, alors je n’avais pas à faire des caprices !

Aujourd’hui, il faisait trop chaud, alors je n’avais pas voulu m’attarder dans le foyer. Après avoir enfilé une robe d’été légère et rose, ma paire de sandales à lanière dorées, puis mis mon masque de renard sur ma tête, je m’étais faufilée en direction des Portes Nord. À cette heure-là, les couloirs n’étaient pas vraiment animés, et c’était désolant, d’une certaine manière. J’aimais la vie, j’aimais sentir mon univers bouger ! Tout ce vide, ça me foutait la trouille… je me décidais donc à sortir et flâner dans les jardins de l’Académie. Voir tout ces beaux parterres de fleurs si colorés, ça me donnait la joie de vivre !

Je mettais les pieds dehors. J’entendais déjà des oiseaux gazouiller dans l’air matinal : je levais la tête vers les cieux, à la recherche des petites bestioles : j’aimerais bien avoir un oiseau rien que pour moi, qui chanterait quand je le voudrais ! Mais ça me ferait trop de mal de prédire sa mort… et je ne pouvais m’y soustraire. C’est ça qui m’a toujours effrayée, depuis que j’ai mon pouvoir : si j’ai des animaux, mon pouvoir pourrait prédire leur mort, j’en aurais le cœur brisé ! Pareil pour mes amis, mais je ne pouvais pas vivre sans amis… alors bon. Et ce n’était arrivé qu’une seule fois, avec ma maman… je soupirais, puis je commençais à avancer.

Alors que j’arpentais le chemin dallé, un grondement de moteur énervé attira mon attention. Je levais les yeux, et tentais de discerner au mieux la source du bruit : je n’ai jamais entendu une voiture qui faisait un bruit pareil ! Je me rapprochais du portail et bientôt, j’arrivais à discerner le contour d’une très vieille voiture, avec un grand homme qui en sortait… avec des valises ! Oh, il se rapprochait du portail ! Je me devais de l’accueillir ! Avant qu’il ne le fasse, je poussais d’un air enjoué les portes en fer de l’Académie, et le surprenais avec un grand bienvenue teinté de timidité.

« B-bienvenue à l’Académie Tsuki ! »

Seul me répondit le grincement du portail qui se refermait doucement. Je couinais d’une voix peu assurée quelque chose s’apparentant à des protestations en suédois, puis je tentais, à la force de mes maigres bras, de maintenir le portail bien ouvert.

« Comme tu t’appelles ? » Je disais, la mine rougie par l’effort engendré par le geste. Qu’est-ce qu’il était lourd, ce portail ! Il ne pouvait pas rester immobile, bon sang !? Et qu’il se dépêche d’entrer, ce nouveau ! Néanmoins, je lui adressais un sourire embarrassé, mais très intimidé.

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