Mélodie timide et maladroite [Feat Naomi and Quiet]

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Mélodie timide et maladroite [Feat Naomi and Quiet]

Message par Invité le Mer 14 Juin 2017, 11:34

Cela faisait une bonne demi-heure que je marchais en regardant mes pieds et en traînant une valise que je trouvais bien trop encombrante. Je ne pouvais le reprocher qu'à moi-même. J'avais voulu prendre le strict nécessaire mais j'ai fini par prendre presque toutes mes affaires personnelles pour me parer à toute éventualité une fois arrivé à l'autre bout du globe. Je me sentais stupide et complètement ridicule. Cela ne m'avait posé aucun problème de prendre l'avion jusqu'à Thouhills mais je fus incapable d'interpeller un taxi une fois dans la ville. Mon accent anglais était aussi un grand problème pour communiquer et je ne l'avais pas pris en compte dans ma décision de venir étudier à l'académie Tsuki. Quand je parlais anglais, j'avais l'impression de cafouiller et de zozoter et cela me gênait terriblement : je n'osais même pas prononcer le nom de la ville car je ne savais même pas si j'étais capable de le dire. J'aurais bien voulu prendre un bus mais ces derniers n'avaient pas l'air de vouloir aller en direction de l'académie. Alors j'ai pris la décision absurde d'y aller à pied mais je n'avais pas prévu toutes les collines à gravir et je devais reconnaître que je n'étais pas un grand sportif.
Cela faisait donc une trentaine de minutes que je marchais quand j'ai décidé de faire une pause en haut d'une colline. Je m'assis sur ma valise en tailleur. Il devait être approximativement dix-huit heures mais je ne pouvais pas le confirmer car mon téléphone n'avait plus de batterie... Je contemplais alors Thouhills, je trouvais cette ville, bien qu'active, très paisible en la comparant à Tokyo où, que ce soit de jour ou de nuit, régnait le bruit et la pollution. Je sentis une goutte d'eau arriver sur mon front : il allait sûrement pleuvoir. Je me remis en route tandis qu'un torrent commençait à tomber du ciel.
Je claquai les portes de l'académie. « Pfiou il était temps ! me dis-je, j'allais finir trempé ! Le temps change vite ici... ». Je levai la tête et je vis une multitude de regards braqués sur moi. Je baissai tout de suite la tête  en regardant mes pieds pour éviter tous ces regards qui me jugeaient, me pesaient me jaugeaient et me disséquaient. Je ne savais pas comment m'y prendre avec ces gens là... Je commençai à paniquer,  le sang me montait à la tête  quand j’aperçus des personnes portant un blason bleu, le bleu de la maison Saphir. C'était la seule information que j'avais sur l'emplacement des dortoirs. Ils se dirigeaient tous vers l'aile Est. Après une réflexion rapide comme l'éclair, je décidai de les suivre discrètement dans l'espoir de trouver les dortoirs de ma maison. Je courus vite en longeant le mur pour échapper aux regards des autres qui me faisaient suffoquer.
J’arrivai dans une salle plutôt grande avec plein d'objets étranges que je n'avais jamais vu malgré mes nombreuses heures passées à me perdre sur le web. Les gens dans cette pièce arboraient tous le blason bleu de ma maison. J'en déduisis que j'étais dans le foyer Saphir. Les gens discutaient entre eux, ils ne se souciaient pas de moi et cela m'arrangeait. N'ayant ni la volonté ni le courage d'entamer une discussion avec quelqu'un pour m'indiquer mon dortoir, je m'assis dans un fauteuil en rapprochant les genoux de mon torse comme j'en avais l'habitude. J'observais les mimiques des personnes présentes et j'écoutais leurs discussions en espérant trouver des informations plus précises sur ce lieu étrange qu'est l'académie... Ce n'était pourtant pas dans mes habitudes de rester dans une salle peuplée d'inconnus. En temps normal, j'aurais trouvé un plan de l'académie et je me serais barricadé dans ma chambre, une fois dénichée... Les chambres n'étaient pas individuelles, ce fait m'avait peut-être forcé à changer ma stratégie. Mais je fus surtout pris d'un intérêt particulier et d'une immense curiosité  pour ce lieu et ces gens auxquels je faisais face.


Dernière édition par Ichiro le Mer 14 Juin 2017, 15:12, édité 3 fois

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Re: Mélodie timide et maladroite [Feat Naomi and Quiet]

Message par Invité le Mer 14 Juin 2017, 11:38

La voiture disparut de mon champ de vision au premier virage, bien trop tôt pour mon cœur qui se serra aussitôt. Je fis redescendre ma main qui continuait de répondre aux gestes d’au-revoir que m’adressait mon petit frère depuis l’arrière de la voiture. Cette fois-ci, plus question de revenir en arrière ; ils étaient partis pour de bon.

Avec une grande inspiration pour me donner du courage, je quittai finalement la route des yeux et jetai un regard vers la valise à mon côté. Je n’arrivais toujours pas à comprendre comment ma mère avait réussi à tout enfermer à l’intérieur. Plusieurs essais infructueux m’avaient menée à la conclusion qu’il me faudrait retirer des affaires ou prendre une valise plus grande ; elle était entrée dans ma chambre et, en dix minutes, avait tout plié. Le bagage pesait son poids, mais tout y était. Enfin, tout ce que j’avais refusé de laisser derrière moi.

Mes jambes commençaient à être raides à force de rester immobiles. Le trajet avait été plus long que la carte ne le laissait présager et, avant de partir, mes parents avaient passé une bonne demi-heure, devant le portail, à me donner des recommandations, me faire promettre de leur écrire et me répéter que, si ça n’allait pas, je pouvais toujours rentrer à la maison.

S’ils avaient repris la route, c’était avant tout pour échapper à la pluie qui commençait à tomber. N’ayant pas l’intention de rester devant le portail jusqu’à être trempée jusqu’aux os, je saisis ma valise et passai les grilles. Sous le ciel orageux, le château prenait un air menaçant et plutôt intimidant.

La pluie commençait à tomber avec insistance tandis que je tentais de décider quelle direction prendre. Si je voulais me débarrasser de ma valise et me changer, je devais trouver ma chambre. Que disait la lettre, déjà ? Ah oui ! Maison Saphir et chambre… Hmm, j’aurais le temps de vérifier une fois à l’abri.

Avisant plusieurs élèves qui se précipitaient en direction d’un bâtiment annexe, je décidai de les suivre ; soit ils allaient à leur dortoir pour se changer, soit de toute façon je pourrais leur demander comment m’y rendre.

Une fois dans le bâtiment, je me retrouvai dans un hall qui desservait visiblement trois ailes distinctes. Les élèves se divisaient selon une logique qui m’échappait pour aller vers une aile ou l’autre ; je finis par repérer la différence de couleur des blasons sur leurs uniformes. Je suivis quelques élèves dont le blason était bleu, en retenant un soupir de soulagement - je n’avais rien contre l’idée de demander mon chemin, mais vus de l’extérieur ils avaient l’air aussi « normaux » que les élèves de mon ancien établissement et je n’arrivais pas à déterminer si c’était positif ou non.

La pièce dans laquelle j’arrivai était loin d’être bondée ; les quelques personnes présentes semblaient toutes occupées, que ce soit à discuter, à lire ou bien à écouter de la musique. Ce devait être le foyer de la Maison Saphir. En passant la porte, je ne pus m’empêcher d’avoir un soupir satisfait tandis que je contemplais la pièce. Je me sentais déjà chez moi.

N’ayant pas plus d’indices sur la direction à prendre, je fouillai la pochette sur le dessus de ma valise, où j’avais rangé lettre, bloc-notes et stylo. Ma chambre était donc la 8F. Restait à savoir où étaient les chambres. D’un rapide regard circulaire, je remarquai un garçon qui ne semblait pas occupé - et que j’étais presque sûre de ne pas déranger en l’abordant. Il était assis dans un des fauteuils de la pièce, ses jambes ramenées contre son torse, contemplant un à un les autres élèves. Je griffonnai rapidement quelques mots sur un papier que j’arrachai de mon bloc-notes avant de m’approcher.

En arrivant à sa hauteur, un grand sourire amical aux lèvres, je remarquai la valise visiblement bien chargée qu’il avait dû déposer à côté du fauteuil. Un nouveau venu, lui aussi ? Ses yeux étaient soulignés de grands cernes, et il avait l’air tout aussi perdu que moi dans ce nouvel environnement. Je lui tendis néanmoins le morceau de papier sur lequel j’avais écrit :
« Bonsoir, je m’appelle Naomi, je viens d’arriver. Pourrais-tu m’indiquer où sont les chambres ? »

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Re: Mélodie timide et maladroite [Feat Naomi and Quiet]

Message par Invité le Mer 14 Juin 2017, 12:49

Ma jambe trembla légèrement, mon souffle se coupait quelques fois, et mes mains se serrèrent. À peine le pied posé sur le trottoir de Tsuki, et me voilà dans tous mes états. Je pris de longues inspirations, sortie du taxi, et contempla le devant de l’école. J'étais heureux d'être partie de ce manoir, et aujourd’hui commence une autre vie.

Le carton sorti du coffre du taxi, je payai le taxi et avec un bon mot, il sourit et s’en alla à l’horizon. Je n’ai ni valise, ni sac, seulement une sacoche et ce carton qui est toute ma vie, et il n’y a que ça qui importe. J’ai arrêté de ressasser le passé depuis maintenant, mais aujourd’hui, je dois penser à l’avenir, mon avenir. Pourtant, dans l’avion, plus je m'éloignais, plus j’avais l’impression de quitter mon frère, un sentiment assez fort, quand je sais qu’il est mort. Je t’aime grand frère, mais quitte mes pensées s’il te plaît.


Les grilles de l’école paraissaient presque bienveillantes, comparé à celle du manoir d’Alaska. Le carton était lourd et occupait mes deux mains. D’un geste agile, j'ouvris avec mon pied la grille, passa celle-ci, et la ferma avant de continuer mon chemin sans réfléchir. Durant la marche, je me rendis compte que le carton changeait de couleur, devenant plus sombre, et mouillé. Je n’avais pas fait attention a cela, mais il pleuvait, j'étais déjà moi-même mouillé. Je dus faire vite, j’enlevai mon manteau, et entourai le carton avec avant de continuer vers la première porte d’un bâtiment.

Une fois à l’abri, je jetai un long soupir, avant de poser mes affaires sur un banc placé juste à côté. À peine arriver, et je suis déjà à la fois mal à l’aise, et pris au dépourvue. Je dois me ressaisir, et pour cela, je dois me poser quelque part chez moi, comme mon dortoir. Un éclair d’éclairement me vint alors à l'esprit. Je n’y avais pas pensé, mais s’il s’agit de dortoir, il va sans doute y avoir d’autre personne. J'émis un nouveau soupir avant de reprendre mes affaires mouillées, et pris la direction d’un couloir choisis aléatoirement.

Le couloir était bien éclairé, où de nombreuses portes donnant sur d’autre couloir ou des salles étaient disposés à perte de vue. Peu d'élèves passèrent par là, il me semble que cela avait déjà sonné depuis plusieurs minutes. Droite, droite, gauche, monter l'escalier… Je n’avais aucune idée de la direction à prendre, et bien que je m’aidasse des panneaux, c’est sans surprise qu'à chaque fois, je ne vis plus le même panneau que je tentais de suivre. Finalement, j’arrivai dans un grand hall, donnant direction a trois couleurs différentes. De ma sacoche, je sortis les documents envoyés par l'académie. Sans lire quoi que ce soit, je vis un symbole bleu, sans plus réfléchir je pris la direction de l’aile bleue.

Un autre couloir et d’autres portes, donnant sur d’autre couloir et d’autres portés eux aussi… Je n’en pouvais déjà plus de marcher et de tourner la tête dans les directions. Je vis une salle, fortement éclairé à quelques mètres. D’ici, il n’y avait pas grand monde, ni beaucoup de bruits, et j’y entrai, hâte d’enfin poser mes lourdes affaires mouillées.

Comme je le pensais, il n’y avait pas grand monde, pourtant bon nombre des élèves étaient habillé de la même façon, et qui plus est, de la même couleur, en bleu. Je pense être bien tombé, et alla consulter les affiches et feuilles disposées dans toute la pièce pour tenter de trouver de nouvelles informations. Mes pas commencèrent à se presser, de bout à bout de la pièce, quand dans l’empressement, mes pieds s’emmêlèrent, me faisant tomber et renversés mon carton. Les livres étaient éparpillés et nombre de feuilles avaient volé dans tous les coins. J’avais attiré certains regards auxquels je n'avais pas donné d’importance, puis me releva enfin avec mon carton rangé en pagaille. Je tombai nez à nez devant deux personnes, me regardant toute deux. L’une était assise, assez repliée sur elle-même avec des yeux inquiets et entourés de profonds cernes, ses cheveux noirs cachaient par endroits son visage. Sa surprise en me voyant m’étonna. L’autre, tendant un bout de papier, avait de longs cheveux blonds, arrivant presque à la hauteur de l’homme assis dû à sa petite taille. Ses yeux ronds et très ouverts, me regardant avec questionnement me gênèrent quelque peu. J’avais l’impression d'être intervenu dans un spectacle d’enfant ou nulle n’arrivait à dire son texte.

Je penchai quelque peu la tête pour lire le bout de papier, avant de réajuster ma façon de tenir le lourd carton. Puis pris une voix hésitante avant de fermer les yeux.

Si vous ne vouliez pas vous faire entendre, vous pouviez aller dans une autre salle, non ? Croyez-moi, ce n’est pas ça qui manque ici.

Le frêle jeune homme continuait de me regarder, avec dans ces yeux quelque chose se rapportant à un mal l’aise, une peur d'être ici, sans doute avec moi ? Je regardai autour de moi, pour être sûr de ne pas avoir fait quelque, mais il n’y avait nul autre regard porté sur moi que celui de ces deux personnes. Je lâchai mon carton entre mes pieds, amortie en tenaille pour éviter de faire du bruit, puis mis mes mains derrière ma tête, avant de regarder frêle homme et la jeune femme tour à tour.

Pardonnez mon impolitesse, je me nomme Quiet, de la famille des Arcwind, Quiet Arcwind.

J’émis un silencieux soupir, avant de faire une majestueuse révérence. Une main au torse, l’autre à la hauteur de ma tête, légèrement vers l’avant, puis me remis droit avant de remettre mes mains à l'arrière de ma tête.

Du coup, vous cherchez le dortoir… Eh bien bonne nouvelle, je ne sais pas où il est. Donc, si l’un de vous pouvait m’aider, je lui en serais reconnaissant.

J'ai l'impression que cet établissement est un monde a lui même...


Dernière édition par Quiet Arcwind le Jeu 15 Juin 2017, 20:05, édité 3 fois

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Re: Mélodie timide et maladroite [Feat Naomi and Quiet]

Message par Invité le Mer 14 Juin 2017, 15:11

Tandis que j'épiais les élèves de Saphir, une élève se dirigea dans ma direction. Elle était de petite taille, même si elle était plus grande que moi, avait de long cheveux fins et argentés et des grands yeux me fixant avec curiosité. Elle traînait une valise derrière elle : j'en déduis que c'était une nouvelle, elle-aussi. La façon qu'elle avait de me regarder avec ses yeux grands ouverts me perturba et je détournai le regard, intimidé, espérant qu'elle ne m'aborde pas.   « Tu n'as qu'à l'ignorer,  me dis-je à moi-même, en plus, c'est une nouvelle. Elle ne pourra même pas te renseigner. Elle ne t'apportera que des ennuis surtout si tu paniques encore une fois lorsqu'une fille t'aborde ! Oui, c'est ça ! Fais semblant de ne pas l'avoir remarquée ! ». Alors j'avais pris la décision de rester dans mon cocon sans la calculer, elle se tint devant moi et me tendit devant les yeux un morceau de papier. Je compris qu'elle était sûrement muette. Je lus le message écrit sur le bout de papier et je m'écriai mentalement : « C'est bien ce que je pensais ! Elle est aussi perdue que moi ! ».  Mon cerveau était en surchauffe. Que devais-je lui répondre ? Bonjour, je m'appelle Ichiro Hasimo et moi je suis aussi un peu perdu donc je ne peux pas vraiment t'aider ? Trop long à dire ! Et je risquai de bégayer... et paraître ridicule devant tout le monde... et surtout devant la première personne m'abordant...

Le sang me montait aux joues, j'étais perdu dans mes pensées, Naomi attendait ma réponse depuis une dizaine secondes, je devais dire quelque chose quand, j'entendis soudain un bruit sourd à côté de moi. Je regardai dans la direction du bruit : je vis des feuilles volées, des livres éparpillés et un jeune homme de grande taille étalé sur le sol. Il se releva aussitôt tombant nez à nez avec Naomi et moi. Il nous scruta quelques secondes, lut le bout de papier puis prit la parole. Il se pardonna maladroitement bien qu'il n'avait pas compris que Naomi et moi nous connaissions pas et se présenta : Quiet, il s’appelait Quiet Arcwind. Puis les regards Naomi et Quiet se tournèrent vers moi. Je compris alors que c'était mon tour de me présenter. J'ouvris la bouche mais aucun son ne sortit. Nerveux, je me penchai en arrière pour prendre une bouffée d'air. Je sentis tout à coup le fauteuil basculer.

En deux secondes, je m'étais retrouvé par terre. Tous les regards étaient braqués sur moi : le fauteuil avait fait un bruit assourdissant en tombant. Ne pouvant plus supporté la pression de tant de jugements, je roulai sur le côté pour me cacher derrière ma valise. « Moi qui voulait être discret et ne pas me ridiculiser c'est raté, me dis-je les larmes aux yeux, un début de nouvelle vie fracassant !». J'étais en colère contre moi même, je me sentais nul. Les élèves reprenaient leurs discussions. Seuls Naomi et Quiet continuaient de me fixer. Je me fis violence : je me levai et dis d'une voix tremblotante en balbutiant sur quelques mots comme à mon habitude :  « Bon-bonjour, je m'appelle Ichiro ! Et pour répondre à... euh... ta question... Na...omi, je suis aussi perdu que t-toi car je viens d'arriver...  »  . Je ne regardai pas Quiet : son assurance, sa maladresse et sa grande taille m’intimidait au plus haut point.


Dernière édition par Ichiro le Jeu 15 Juin 2017, 22:05, édité 1 fois

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Re: Mélodie timide et maladroite [Feat Naomi and Quiet]

Message par Invité le Mer 14 Juin 2017, 20:03

Petit à petit, je vis le jeune homme face à moi se recroqueviller un peu plus sur lui-même et devenir aussi rouge qu’une tomate. Est-ce que j’avais fait quelque chose de mal ? Pendant quelques instants, je restai là, tenant le papier dans sa direction, en le regardant, perplexe, et en cherchant comment réagir.

Un bruit sourd, tout proche, me fit sursauter en m’arrachant à mes réflexions. Un grand jeune homme était occupé de ranger une pile de livres et de feuilles dans un carton qui semblait ne pas avoir apprécié la pluie. Il n’avait pas dû voir le tapis et s’était sans doute pris les pieds dedans. Lorsqu’il se redressa, le carton en désordre dans les mains, je ne pus m’empêcher de me demander quelle taille il pouvait bien faire ; il ne devait pas être loin des deux mètres. Il était maigrelet, blanc comme un linge, et ses cheveux noirs qui tombaient sur ses épaules gouttaient encore sur ses vêtements.
Il modifia sa prise sur son carton avant de prendre la parole.

« Si vous ne vouliez pas vous faire entendre, vous pouviez aller dans une autre salle, non ? Croyez-moi, ce n’est pas ça qui manque ici. »

Pour se faire entendre, encore aurait-il fallu que mon interlocuteur me réponde, et visiblement ce garçon n’avait pas l’intention de… Il me fallut quelques secondes pour me rappeler du papier que je tenais encore à la main. Je le pliai en deux et le glissai rapidement dans la pochette de ma valise, par-dessus la lettre. Le grand jeune homme laissa tomber le carton entre ses jambes et mit les mains derrière sa tête.

« Pardonnez mon impolitesse, je me nomme Quiet, de la famille Arcwind, Quiet Arcwind. »

Quiet. Etrange prénom, quand on pense que, de nous trois, c’était le plus éloquent. Est-ce qu’il était en train de faire la révérence ? Je dissimulai de mon mieux le sourire amusé qui menaçait de naître à mes lèvres.

« Du coup, vous cherchez le dortoir… Eh bien bonne nouvelle, je ne sais pas où il est. Du coup, si l’un de vous pouvait m’aider, je lui en serais reconnaissant. »

Allez, garçon timide, tu es notre dernière chance, l’encourageai-je en silence. Il se pencha en arrière et, avant que je puisse réagir, le fauteuil tout entier bascula en arrière avec fracas. Le jeune homme fit une roulade sur le côté, se rapprochant par la même occasion de sa valise. Je lui tendis une main pour l’aider à se relever, mais il l’ignora et se remit sur pieds de lui-même. Ce n’est qu’à cet instant que je me rendis compte que je le dépassais de peu. Sans doute n’avait-il pas encore terminé sa croissance.

Son regard était fuyant lorsqu’il réussit enfin à prendre la parole en balbutiant :
« Bon-bonjour, je m’appelle Ichiro ! Et pour répondre à… euh… ta question… Na… omi, je suis aussi perdu que t-toi car je viens d’arriver… »

Je me contentai de hocher la tête en jetant un nouveau regard à la pièce. L’accès aux dortoirs devait bien être quelque part… Cà et là, il y avait quelques portes, mais cela me semblait bête de les essayer une à une. Et puis, le bâtiment était sur plusieurs étages ; il devait y avoir des escaliers, avec d’autres portes et d’autres pièces… Nous pourrions y passer des heures…

Mon regard s’attarda sur un petit renfoncement, dans un coin de la pièce, alors qu’un élève en sortant en tenue décontractée. Je ressortis le bloc-notes de mon sac et griffonnai en vitesse, avant de tendre le papier à Quiet : « J’ai peut-être trouvé. Je vais voir. »

Sans attendre de réponse, je saisis la poignée de ma valise et traversai la pièce jusqu’au renfoncement, qui cachait en fait un escalier. Un panneau indiquait les chambres des filles au premier, celles des garçons au deuxième étage. Avec un soupir de soulagement, je portai ma valise jusqu’au premier étage, où je finir par me retrouver nez à nez avec la porte du dortoir 8F… qui était verrouillée. Je retins un soupir agacé. Bien sûr, il fallait une clef pour entrer…


Dernière édition par Naomi Harcrow le Jeu 15 Juin 2017, 20:06, édité 1 fois

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Re: Mélodie timide et maladroite [Feat Naomi and Quiet]

Message par Invité le Jeu 15 Juin 2017, 19:55

Au fur et à mesure de la conversation unilatérale, j'aperçus l'inquiétude de l’homme assis, et l’amusement caché de la demoiselle due à mon comportement respectueux puis décontracté.

- Bon-bonjour, je m’appelle Ichiro ! Et pour répondre à… Euh… Ta question… Na… omi, je suis aussi perdu que t-toi car je viens d’arriver…

En finissant sa phrase, Ichiro nous regarda tour à tour, l’air inquiet, avant de jeter sa tête en arrière. Je n’ai aucune idée de ce qu’il voulut faire, mais avec son brusque mouvement, le fauteuil où il était assis se renversa dans un fracas, attirant les regards des autres élèves sur le phénomène. Je souriais à pleines dents en regardant Ichiro a terre, et alors que j’allais lui offrir mon aide, avant même de bouger mon bras, la jeune femme tendit la main en sa direction, qu’Ichiro refusa avant de se relever.

Deux informations en une, je connaissais maintenant le prénom des deux langues coupées. Maintenant que j’y pense, le nom de Naomi était marqué sur le bout de papier qu’elle rangea justement dans la poche avant de sa valise, en tant qu’idiot, j’avais oublié cela. Mon carton quanta lui commença à partager l’eau qu’il avait emmagasinée, mouillant le bas de mon pantalon et donnant une réelle sensation désagréable.

La jeune fille ne répondit pas, avant de laisser vagabonder son regard dans toute la salle. Elle semblait réfléchir à quelque chose de préoccupant. Ichiro quand à lui semblait encore plus stressé qu’avant sa chute, et semblait évité mon regard. Conscient de cela, je pris mes deux mains avant de tapoter les deux têtes de mes nouveaux amis, afin de les réconforter.

- T’en fais pas Ichiro, pas besoin de stresser, remet le fauteuil en place, et rassis toi, tranquille. Nao...mi ? Il faut tendre la main à ses amis sans fermer les doigts, même s’ils ne l’accepte pas. Du coup, et si nous...

Ichiro transpirait a grande goutte a cause de ma main sur sa tête, tandis que Naomi semblait plonger dans ses pensées. C’est pour cela que je n’avais pas continué ma phrase. Elle sortit un bloc note de la poche avant de sa valise, y griffonnant quelque chose avant de nous le montrer puis de partir.

- J’ai peut-être trouvé. Je vais voir.

L’élégance de sa sortie me troubla légèrement, avant de retourner mon regard vers Ichiro, toujours un peu perdu. Je lui tendis la main, avant de montrer la jeune fille de la tête. Il n'avait pas l’air de vouloir prendre la main, et c’est sans hésiter alors que je suivis Naomi dans l'escalier, poussant mon carton du pied dans sa direction, puis m’abaissant en marche pour le prendre des mains.

Naomi regarda à droite et à gauche, lisant chaque information qu’elle trouvait. Je n’avais moi-même pas temps de les lire, me hâtant pour la suivre, tentant de ne pas la perdre. On monta les marches du premier étage, et s'arrêta devant une porte, ou il est était inscrit “8F”. Un mélange de nombreux parfums arrivèrent au niveau de mon nez, manquant de me faire vomir tant l’odeur était insupportable. Comment peut-on mettre autant de parfum, ce n’est pas vivable, on pourrait mourir ici !

Naomi tenta d’ouvrir la porte plusieurs fois, avant de laisser tomber son bras, comprenant que l’aventure n’était pas encore finie. Je remis alors mes mains dernières la tête, regardant Naomi avant de lui parler avec un ton à la fois rassurant et blagueur.

- Bon, on dirait qu’on va devoir partir en quête de la clef. J'espère que ton sens de l’orientation nous y mènera aussi Naomi, car je dois bien avouer que je suis perdu ici.

Légèrement gêné de dire ça, j'étais persuadé que mes bras n’allaient pas encore pouvoir poser ce lourd carton. En y passant alors, j'ouvris ma sacoche, mettant mon carton sur une main, puis pris les papiers de Tsuki, afin de vérifier ma chambre. “5M”... C’était l’étage d’au-dessus, mais même si je savais où c’était, je serais sans doute confronté au même problème de clef, autant alors continuer de suivre la jeune femme. Je tapotai une nouvelle fois sur la tête de la jeune femme avant de reprendre la parole.

- Au fait, j’aimerais savoir quelque chose, j’osais à peine demander, mais il m’en coûterait de ne pas le faire. Si tu es ici Naomi, c’est que tu a particularité, comme Ichiro ? J’aimerais savoir laquelle, j’aimerais connaître ta particularité, j’aimerais entendre le nom de pouvoir, j’aimerais le voir Naomi.

Je savais que c’était une question à risque, étant donné l’étrange nature des pouvoirs de chacun, mais même si je l’ai pensé rapidement précédemment, je ne suis pas ici pour me faire des amis, même si au final, j’en aurais ou non. Ce qui compte, ce sont les données. Pourtant, le fait d’avoir posé la question, me fit légèrement stresser, faisant inconsciemment tapoter mon pied pour l’évacuer.

Si cela se trouve, avec leurs pouvoirs ils pourraient me tuer en un instant... Une respiration, un clignement de l’œil suffirait pour qu'elle m’anéantisse, quelle atmosphère oppressante... Non, ressaisit toi.

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Re: Mélodie timide et maladroite [Feat Naomi and Quiet]

Message par Invité le Jeu 15 Juin 2017, 22:05

Yata ! J'avais réussi à parler devant plus d'une personne.  M'être présenté était une grande réussite ! Mais je continuais de stresser et de transpirer à grosses gouttes devant le regard toujours perplexe de Quiet et Naomi. Je continuais à suffoquer, mon cœur battait de plus en plus vite. J'avais l'impression d'être enfermé dans une benne à ordures qui m'écrasait. La sensation était insupportable. Quand tout à coup, je sentis quelque chose toucher ma tête. Quiet me tapota  la tête.  Il dit, ses mains posées sur la tête de Naomi et la mienne :
-T’en fais pas Ichiro, pas besoin de stresser, remet le fauteuil en place, et rassis toi, tranquille. Nao...mi ? Il faut tendre la main à ses amis sans fermer les doigts, même s’ils ne l’accepte pas. Du coup, et si nous...
Ce geste me rassura et m’apaisa étrangement.

Personne n'avait dépassé ce périmètre depuis des dizaines d'années, je crois que.. oui, depuis que ma mère était partie. Tout à coup, comme un déclic, j'eus une tout autre vision de Quiet : je le considérai soudain comme un aîné, alors que 3 secondes plutôt je voyais en lui l'un des plus grands dangers dans la salle. Quiet n'eut pas le temps de terminer sa phrase, Naomi lui tendit un morceau de papier puis s'en sortit de la pièce sa valise à la main. Quiet s'empressa de la suivre et me tendit la main pour le suivre mais je ne la pris pas, je ne pouvais montrer ma faiblesse bien que j'étais complètement perdu. Je n'avais pas vu ce qu'il y avait écrit sur le papier étant donné que je n'avais pas osé regardé indiscrètement en me penchant près de Quiet. J’emboîtai rapidement le pas de Quiet comme si j'étais son ombre après avoir discrètement remis le fauteuil en place : je n'avais aucune envie de me retrouver tout seul dans le foyer maintenant que tout le monde m'avait remarqué.

Naomi et Quiet s’arrêtèrent devant la chambre « 8F ». J'en profitai pour vérifier le numéro de ma chambre : « 1M ». Je me demandais qu'elle était la logique de la numérotation des chambres et salles... Naomi tenta plusieurs fois d'ouvrir la porte de sa chambre mais sans succès . Il fallait sûrement une clé. Naomi poussa un long soupir. Quiet déclara alors :
-Bon, on dirait qu’on va devoir partir en quête de la clef. J'espère que ton sens de l’orientation nous y mènera aussi Naomi, car je dois bien avouer que je suis perdu ici.

Alors que Quiet continuait de parler avec Naomi, j'en profitai pour observer la serrure, je reproduisis la forme de la serrure de l'extérieur sur mon cahier puis je sortis ma lampe torche pour observer tous les détails dans la fente de la serrure, je les reproduisis aussitôt. Je continuais d'analyser la serrure sous tous les angles : c'était une serrure de dortoir assez bas de gamme, rien de compliqué. Je me concentrais pour visualiser de façon de plus en plus précise la clé correspondant à la serrure quand j'entendis la fin de la phrase de Quiet :
- ...particularité, comme Ichiro ? J’aimerais savoir laquelle, j’aimerais connaître ta particularité, j’aimerais entendre le nom de pouvoir, j’aimerais le voir Naomi.
Quiet se figea à l'instant même, peut-être s'était-il imaginé un scénario dans sa tête juste après avoir posé la question. Naomi ne semblait pas bouger non plus.

Quelques secondes passèrent, puis je brisai le silence avec une assurance qui m'étonna moi-même :
-S-si tu veux Quiet, j-je peux te montrer mon aptitude maintenant.
Je sortis un cube de fer de quelques centaines de gramme de mon sac : j'avais toujours ce genre de chose sur moi. Je pris le cube des deux mains, et je regardai les détails de la clé que j'avais reproduit sur mon bloc-notes puis je fermai les yeux. Je visualisai la clé mentalement. Je sentais mes forces se concentrer lentement dans mes mains au fur et à mesure que je passais  en revue tous ses détails les uns après les autres. Je sentis soudain le cube de fer bouger et au bout de quelques minutes il prit la forme de ce que j'avais imaginé. Je tenais maintenant dans mes mains une clé. Il ne restait plus qu'à voir si elle fonctionnait vraiment. Naomi et Quiet me regardaient surpris. Je tendis timidement la clé à Naomi en lui bafouillant:
- Essaie-la si tu veux. Ce n'est pas sûr de fonctionner... c'est la première fois que j'essaie ça...


Dernière édition par Ichiro le Sam 17 Juin 2017, 11:53, édité 1 fois

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Re: Mélodie timide et maladroite [Feat Naomi and Quiet]

Message par Invité le Ven 16 Juin 2017, 17:14

A l’instant où je me retournai, prête à redescendre les marches et repartir à la recherche d’informations utiles, je tombai nez à nez avec Quiet. Ne l’ayant pas entendu arriver - il avait pourtant toujours ce carton dans les mains - je ne pus m’empêcher de sursauter avant de le reconnaître.

« Bon, on dirait qu’on va devoir partir en quête de la clef. J’espère que ton sens de l’orientation nous y mènera aussi Naomi, car je dois bien avouer que je suis perdu ici. »

Et moi donc. Je doutais que les clefs des dortoirs soient conservées dans la maison Saphir. Y avait-il des gardiens, des surveillants, des responsables des clefs ? C’était sans doute à leur bureau que j’aurais dû me rendre en premier, mais avec la pluie je n’avais pas pris le temps d’y réfléchir.

Son carton en équilibre sur un bras, le jeune homme me tapota gentiment la tête. Je me retins de lui adresser un regard noir ; ce n’était pas méchant, il faisait juste deux têtes de plus que moi, ça devait simplement être affectueux. Ichiro, qui était jusqu’alors dissimulé derrière la grande taille de Quiet, s’avança jusqu’à la porte dont il commença à étudier la serrure en dessinant dans un cahier. Est-ce qu’il avait l’intention de la crocheter ?

« Au fait, j’aimerais savoir quelque chose, j’osais à peine demander, mais il m’en coûterait de ne pas le faire. Si tu es ici Naomi, c’est que tu as une particularité, comme Ichiro ? J’aimerais savoir laquelle, j’aimerais connaître ta particularité, j’aimerais entendre le nom de pouvoir, j’aimerais le voir Naomi. »

Mon cœur dut manquer un battement, le temps que je porte mon regard sur lui et que j’analyse la situation. Tout à coup, sa demande lui donnait un air bien plus menaçant qu’il ne devait réellement l’être. Nous étions seuls tous les trois dans un couloir désert, et je voyais mal une crevette comme moi se débattre face à un grand gars comme lui. Je pouvais toujours récupérer mon stylo-plume dans mon sac et me défendre avec, mais comment justifier que j’aurais blessé un autre élève volontairement alors qu’il n’avait rien fait, et ne pensait probablement pas à mal ? Ce n’était pas dans mes habitudes d’être agressive, mais je restais sur mes gardes en essayant de trouver une réponse appropriée.

« S-si tu veux Quiet, j-je peux te montrer mon aptitude maintenant. »

Crevette bis, a.k.a. Ichiro, fouillait dans son sac et en sortit un petit cube de fer, qu’il prit à deux mains, les yeux rivés sur son cahier. Lorsqu’il ferma les yeux, je risquai un regard vers le papier ; il y avait dessiné les mécanismes de la serrure, visiblement. Pour moi, ils ne formaient qu’un étrange schéma extrêmement compliqué.

Dans les mains d’Ichiro, le cube commençait à changer de forme. D’abord très lentement, à peine visible, jusqu’à ce qu’il ne ressemble plus du tout à un cube. Lorsqu’il rouvrit les yeux, c’était une clef qu’il tenait entre ses mains. Est-ce qu’il venait de faire une copie de la clef en quelques minutes, juste après quelques observations ? Génial !

« Essaie-la si tu veux, bafouilla-t-il. Ce n’est pas sûr de fonctionner… c’est la première fois que j’essaie ça. »

Pour un premier essai, il était plutôt réussi, à première vue. Avec un sourire, je pris de la main gauche la clef qu’il me tendait, tandis que, de la main droite, je lui dis « Merci. » - les doigts au niveau de mes lèvres, puis avancer la main dans sa direction.

Maintenant : le moment de vérité. La clef entra sans broncher dans la serrure… mais refusa de tourner. Ne me décourageant pas, je tirai un peu sur la poignée, tentai à nouveau de tourner la clef, dans un sens puis l’autre, vérifiai qu’elle était bien dans la serrure - rien à faire. Avec un soupir, je fis non de la tête et voulus retirer la clef. J’avais dû trop insister - j’avais beau tirer de toutes mes forces, elle refusait de bouger. Ce n’était pas bon signe… Je me tournai vers les deux garçons pour les appeler au secours ; peut-être qu’Ichiro pourrait débloquer la clef en modifiant simplement sa forme ? J’avais peur de la casser dans la serrure et de rendre la situation plus compliquée qu’elle ne l’était.

Je m’écartai de la porte et écrivis sur une nouvelle page du bloc-notes, avant de la leur tendre :
« Vous avez vu une carte ou un bureau des gardiens ou un endroit où on pourrait nous donner nos clefs ? »

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Re: Mélodie timide et maladroite [Feat Naomi and Quiet]

Message par Invité le Ven 16 Juin 2017, 22:38

Mon pied continuait de tapoter contre le sol, mes mains placées à l'arrière de ma tête s’étaient mis à serrer, et ma respiration elle, continuait d'être plus rapide que la normale. Pourquoi diable n’y répond-elle pas ? Elle cache quelque chose ? J’aimerais éviter de la forcer, surtout dès mon premier jour. Non, il faut continuer sans la force. J’en vins presque à oublier Ichiro, qui était le seul jusqu'à présent à avoir ouvert la bouche.

Il s’extirpa de derrière mon dos, avant de se mettre à côté de Naomi, fixant la porte avec une certaine concentration. Ichiro sortis alors un étrange bloc de fer, a l’air tout à fait banal. Sur le moment, une multitude de questions vint à mon esprit, jusqu'à ce qu’il prenne la parole.

- S-si tu veux Quiet, j-je peux te montrer mon aptitude maintenant

Vraiment ? Allait-il me montrer son pouvoir sur ma simple demande ? Fantastique, étant apparemment de la même maison que moi, il est important - en premier lieu - de connaître mes potentiels amis ou ennemis. Le bloc de fer qu’il tenait dans ma main se mit a changer délicatement de forme, rendant l’objet hypnotisant tant par ses changements gracieux de forme que par la réduction de volume qui s’effectuait chaque seconde. Durant, il scrutait un cahier ou était inscrit une multitude de notes sur une page, et le dessin d’une précision remarquable sur l’autre. La modulation du bloc pris un certain temps, mais le spectacle était bluffant. À la fin, il tint une clef de la même couleur que le bloc de fer.

Il la donna à Naomi avec un sourire timide et satisfait. Naomi avait l’air tout aussi surprise que moi, quelles sont ses limites ? Son pouvoir est incroyable, être capable de transformer un objet en un autre… Les possibilités semblent infinies en y réfléchissant. Mon cœur se mit à accélérer encore, le pouvoir d’Ichiro est comparable à dieu, transformé un cube en clef…. De l’eau en vin. Je sentais quelques gouttes de transpiration venir couler le long de mes tempes, j’essayais de me ressaisir, mais la vue d’un tel pouvoir, d’un tel potentiel, l'atmosphère était si oppressante… Jusqu'à ce qu’Ichiro me coupât dans mes réflexions.

- Essaie-la si tu veux. Ce n'est pas sûr de fonctionner... C'est la première fois que j'essaie ça…

Comment ça ? C’était la première fois qu’il utilisait son pouvoir ? Non, sinon comment t’il déjà savoir le manipuler, non… La clef ? Sa complexité est indéniable. À ce moment-là, je regardasse Ichiro avec émerveillement. Il ne connaissait sans doute pas les limites ni la portée de son pouvoir.

Durant mes réflexions, Naomi prit la clef, tout en remerciant Ichiro d’un geste élégant de la main. L’écho du choc entre la clef inséré et la serrure me crispa encore plus que l'atmosphère ne me rendait déjà, et cela ne s'arrêtait, Naomi tenta plusieurs fois avec différente technique d’arriver à ouvrir la porte, sans succès.

Au bout de maints essais, elle laissa tomber, laissant la clef dans la serrure. Elle regarda Ichiro avec un air songeur, avant de sortir une nouvelle fois son bloc-notes et son stylo, ou elle inscrivit :

<< Vous avez vu une carte ou un bureau des gardiens ou un endroit où on pourrait nous donner nos clefs ? >>

Mon attention portée sur ce bout de papier me fit oublier les réflexions sur le pouvoir d’Ichiro, faisant disparaitre peu à peu les conséquences de ses pensées. Maintenant que j’y réfléchis, pourquoi diable ne parle-t-elle pas ? Je l’observai de la tête aux pieds, avec attention cette fois. Elle n’avait pas l’air d’avoir un problème quelconque, de l'extérieur du moins. Sans réfléchir plus, je lui pris sa feuille de bloc-notes et son stylo, avant d’y inscrire au dos une phrase assez mal écrite.

- La parole est d’argent, le silence est d’or. Pour autant, je suis sure que ta voie est de platine. N’hésite pas à parler, je ne mords pas, et Ichiro… Il n’a pas l’air non plus ^^

L'emoji était sans doute de trop, mais quitte à me renseigner sur son pouvoir, je préfère l’entendre de vive voix. Petit à petit, concentré dans cette idée de connaissance, je me perdis dans les cheveux de la jeune femme, me fit penser à un soleil éblouissant. Comme s’il était impossible de regarder le soleil, et de ce fait, de le connaître. À cause de cela, j’eus le doute qu’un jour, j’allais connaître la nature de son pouvoir via le son de sa voix. L’écho de lointain bruit de pas dans le couloir, et d’une porte claquée m’extirpa de mes pensées, une nouvelle fois.

- Hum, bien. Et si nous suivions l’idée de Naomi, Ichiro ? Nul doute que le bureau ne doit pas être très loin, je suppose à un bureau par maison.

Il était hors de question d’aller autre part, tant que l’effet du pouvoir d’Ichiro était toujours actif. Je tendis alors la main, passant entre Ichiro et Naomi, puis tira d’un coup sec la clef. Un léger clic se fit entendre, et lorsque je vis la clef, seul une partie se tenait entre mes doigts face à moi. Le reste reposait dans la fente de la serrure, je ne sais comment bloquer.

J'émis un léger soupir, avant de jeter d’un claquement de doigts avec le pouce la moitié de clef a Ichiro, puis je pris la direction des escalier du rez-de-chaussée, indiquant les deux jeunes d’un geste de la main de me suivre. Je manquai deux fois d’affiler de manquer une marche, faillant de tomber sur le reste de celle-ci. Je n'affichais presque pas, mais j'étais inquiet quant à ce que j’avais vu, et l’attente m’était insoutenable pour découvrir le pouvoir de la fillette.

Je pourrais fuir, m'extirper, et partir de cette situation en utilisant mon pouvoir, mais il est hors de question qu’ils le connaissent.

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Re: Mélodie timide et maladroite [Feat Naomi and Quiet]

Message par Invité le Sam 17 Juin 2017, 11:54

Naomi prit délicatement la clé et me fit un signe avec son autre main. Il n'y avait presque plus de doute sur le fait que Naomi était muette comme je l'avais supposé dans le foyer. Quiet, par contre, ne semblait pas l'avoir compris. Naomi mit la clef dans la serrure, la clef rentra dans la serrure. Mon cœur se serra : j'avais peut-être réussi finalement. Mais deux secondes après l'espoir fut brisé, Naomi avait beau essayer, la clef ne voulait pas tourner. J'avais dû louper des détails ...  Après plusieurs tentatives infructueuses, Naomi voulut retirer la clef mais celle-ci restait coincé dans la serrure. Elle se tourna vers Quiet et moi et écrivit encore une fois un mot sur son bloc-notes :
« Vous avez vu une carte ou un bureau des gardiens ou un endroit où on pourrait nous donner nos clefs ? »

Quiet n'avait pas parlé ni bougé depuis qu'il avait posé sa question. Il semblait être ailleurs. Soudain il prit la feuille du cahier de Naomi et écrivit : « La parole est d’argent, le silence est d’or. Pour autant, je suis sure que ta voie est de platine. N’hésite pas à parler, je ne mords pas, et Ichiro… Il n’a pas l’air non plus ^^ »
Il n'avait vraiment pas compris que Naomi était muette mais je n'osais pas lui dire. Je trouvais par contre que la phrase était très poétique et que l'emoji correspondait très bien à Quiet. Naomi ne broncha pas et Quiet replongea dans ses pensées.

J'eus l'impression que le silence dura une éternité, alourdissant chaque seconde un peu plus l'atmosphère déjà bien pesante. Puis Quiet reprit la parole :
«  Hum, bien. Et si nous suivions l’idée de Naomi, Ichiro ? Nul doute que le bureau ne doit pas être très loin, je suppose à un bureau par maison. »
Avant de partir, Quiet tira sur la clef d'un coup sec pour la débloquer mais seulement la moitié de cette dernière resta dans sa main l'autre moitié toujours encastré dans la serrure. Il me lança la moitié de clef qu'il avait réussi à récupérer et partit en direction de...je ne sais plus. J'avais complètement oublié par où nous étions arrivé après mettre concentré sur la serrure...Il nous fit signe de le suivre. Je voulus dire : « Mais on ne peut pas laisser la clef dans la serrure ! » mais l'atmosphère était trop pesante et je restai sans voix.

Je décidai de débloquer moi-même l'autre partie de la clef car c'était à cause de moi si la clef était resté coincé, je me devais de réparer mes erreurs ! Je pouvais toucher le bout de la clé coincé et vu la forme de la serrure, il me suffisait de faire une longue tige de fer de la clef pour la débloquer. Je touchai du bout des doigts la clef puis je fermai les yeux. Il suffisait que j'étire la clé. Je visualisai alors une tige de métal d'un diamètre inférieur à l'espace de la serrure. Je commençai alors la modulation, ça marchait la clef ressortait de la serrure ! Soudain ma vision se brouilla, je me sentis mou et je tombai sur le côté. J'essayai de me relever mais je me sentais faible. Je tenais dans ma main une tige de métal:j'avais libéré la serrure.

Je fourrai le bout de clé et la tige dans mon sac. J'avais atteint ma limite pour aujourd'hui, je ne pouvais même pas me permettre de reformer le cube sans tomber dans les pommes et ce n'était pas le meilleur scénario le premier jour dans cette école surtout après l'épisode du fauteuil dans le foyer. De plus, je peinais déjà à me relever. Naomi et Quiet partaient déjà sans regarder derrière eux. Je ne voulais pas finir de nouveau seul et abandonné. Dans un élan de panique, je criai dans le couloir silencieux : « Quiet ! Naomi ! Attendez moi ! »
J'eus l'impression de briser une bulle: de briser cette atmosphère pesante mais aussi une bulle à l'intérieur de moi. J'avais parlé, enfin crié, naturellement, sans bafouiller en exprimant clairement ce que je voulais.

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Re: Mélodie timide et maladroite [Feat Naomi and Quiet]

Message par Invité le Sam 17 Juin 2017, 13:50

Le regard de Quiet, que je prenais soin d’éviter, commençait à me rendre mal à l’aise. Il me prit le papier et le stylo des mains pour écrire au dos de la feuille : « La parole est d’argent, le silence est d’or. Pour autant, je suis sure que ta voie est de platine. N’hésite pas à parler, je ne mords pas, et Ichiro… Il n’a pas l’air non plus ^^ ».

J’eus un sourire à la fois amusé et triste alors que mon cœur se serrait. Peu importe combien il essaierait d’être poétique dans ses phrases, ce n’était pas une question de volonté. A choisir, bien sûr que j’aurais préféré parler plutôt que de devoir leur écrire. Je voulais, mais je ne pouvais pas. Lorsque je relevai les yeux du papier, Quiet semblait en pleine réflexion. Je cherchais comment lui répondre quand il reprit la parole :
« Hum, bien. Et si nous suivions l’idée de Naomi, Ichiro ? Nul doute que le bureau ne doit pas être très loin, je suppose à un bureau par maison. »

A ces mots, il tendit le bras vers la clef, la tira d’un coup sec et… avec un bruit de métal, elle se cassa en deux, la moitié restant bloquée dans la serrure. Je mis une main sur mon visage par dépit - c’était exactement ce que je voulais éviter - mais aussi pour cacher mon rire nerveux. Restait à espérer qu’Ichiro pouvait retirer la partie qui était encore coincée. D’un geste désinvolte, Quiet lança la moitié de la clef à Ichiro et nous fit signe de le suivre en reprenant l’escalier vers le rez-de-chaussée. Je décidai de laisser ma valise ici et de ne prendre que mon bloc-notes et mon stylo - mais, à la réflexion, je préférai prendre mon stylo-plume, celui qui me permettait d’activer mon pouvoir, juste au cas où. Tandis que je le cherchais dans la pochette de ma valise, Ichiro s’activait autour de la serrure, sans doute pour déloger la moitié de la clef. Il ne devait pas en avoir pour très longtemps ; il nous rejoindrait.

Je prenais les premières marches lorsque j’entendis un bruit de chute. Un frisson me parcourut l’échine ; je jetai un regard dans le couloir, où je vis Ichiro au sol. Il avait dû s’épuiser à cause de son pouvoir, peut-être qu’il avait besoin d’aide et… Quiet descendait les marches tranquillement ; il devait être trop loin pour avoir entendu. Je voulus lui courir après pour le rattraper, mais il avait de grandes jambes et si je tombais dans l’escalier ça n’arrangerait rien. Quiet arrivait à un tournant de l’escalier ; si j’arrivais à lancer ma plume suffisamment fort pour qu’elle se fiche dans le mur face à lui, peut-être que je pourrais attirer son attention… Je pris une inspiration pour me concentrer et viser correctement ; je sentis le bout de mes doigts picoter alors que la plume se transformait. D’un geste qui se voulait assuré, je lançai la plume vers le mur en face de moi en espérant ne pas toucher Quiet et qu’il se retourne.

« Quiet ! Naomi ! Attendez-moi ! »

Le cri d’Ichiro coupa court à ma concentration. Je fis signe à Quiet de remonter et, avant de savoir s’il m’avait vue, me précipitai moi-même jusqu’à l’étage. Je faillis manquer la dernière marche, mais me rattrapai en vitesse.
A l’étage, Ichiro se relevait avec difficulté ; il semblait encore plus blanc qu’auparavant, si c’était seulement possible. Même s’il était debout, il n’avait pas l’air en grande forme.

« Tu vas bien ? » demandai-je, en espérant que l’inquiétude sur mon visage l’aiderait à comprendre mes gestes - le pointer du doigt, puis épeler « OK ».

A cet instant, je repensai au Kinder Bueno que mon petit frère m’avait donné dans la voiture et que j’avais l’estomac trop noué pour manger. Je fouillai une poche de ma valise et tendis la barre de chocolat à Ichiro avec un sourire.

« Mange. » - les doigts vers ma bouche.

Le chocolat, c’était toujours le meilleur moyen de reprendre de l’énergie. S’il tenait à peine debout, mieux valait qu’il reprenne des forces pour ne pas s’écrouler dans les marches.

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Re: Mélodie timide et maladroite [Feat Naomi and Quiet]

Message par Invité le Sam 17 Juin 2017, 19:14

Plus je descendais les marches, plus je relativisais. Après tout, j’avais tout le temps de découvrir cet endroit, et les pouvoirs qu’il renfermait. Chaque marche passée m’allégeait, faisant disparaître peu à peu cette atmosphère oppressante qui m’entourait., accordant enfin un peu de répit à mon rythme cardiaque.

Les fenêtres entre les deux étages, dans l'escalier donnaient sur une vue en demie teinte, avec un fin volet de pluie, qui perdurait depuis mon arrivé. J'observais ce dehors, illuminé par de multiples lumières, donné par des lampadaires et lanternes qui me semblaient si calmes comparé à mon état intérieur.

Cet instant de réflexion, pendant que je descendais, fus interrompu, lorsque j’arrivai au tournant de l'escalier. Je sentis l’air devenant plus lourd, mes poils se hérissèrent, un froid glacial parcourait mon dos de haut en bas. J’osais à peine tourner la tête, seul mes yeux tentaient de voir derrière moi du coin des yeux. Mes mains s’étaient quant à elles mises a légèrement trembler. Plus les secondes s’écoulaient, moins j’osais passer les autres marches.

J’entendais un souffle presque imperceptible derrière moi, je commençais à m’y plonger, tant cela faisait écho dans ma tête. En un léger instant, un bruit légèrement strident arriva à mon oreille, puis l’instant d'après, je vis une plume me passer juste devant les yeux, m’éraflant le bout du nez.

Mon sang semblait se glacer, mes mains se figèrent, et mes yeux tremblaient de peur. Qu’est-ce que c’était que ça ? En me posant cette question, je gloussai, avant d’entendre un cri.

- Quiet ! Naomi ! Attendez-moi !

Je tournai à ma tête a l’instant où j'entendis Ichiro nous appeler. Je vis alors Naomi remonté les marches, faillant de manquer une marche avec un air troublé et déconcentré. Elle accourût vers Ichiro jusqu'à ce que je ne la vire plus, laissant suivre ses longs cheveux blonds. J'étais troublé, était-ce Naomi qui avait fait cela ? Pourquoi ? A t’elle voulu en profiter pour me tuer, sans témoin ? Des bouts de doigts, je touchai mon nez, qui laissait couler quelques gouttes de sang. Lorsque je vis de sang, mon sang, tant de souvenirs me revinrent… Ce n’était pas le moment de m’y plonger, même si c’était mon sang !

J’annula grâce a ma volonté, tous les effets entravant qui étaient dans ma tête, reprenant le contrôle de mon corps. Je vis la plume enfoncée dans le mur de quelques centimètres, qui laissait couler une traînée d’encre le long du mur. J’avançai la main droite en direction, comme pour la toucher, savoir ce que c’était… Lorsqu’alors, tandis que c’était une plume finement aiguisée, elle se transforma petit à petit en une plume tout à fait ordinaire. Je me sentais attiré par celle-ci, par ce mystère qu’entourait cette plume. D’un coup sec, je tentai de la sortir du mur, sans succès. Il me fut quelques coups de poignet afin de l'extraire, laissant le trou et l’encre comme seul indice. Je mis cette fine plume dans ma sacoche, tentant de ne pas réfléchir d’avantage, afin de remonter à mon tour l'escalier pour ne pas paraître suspect.

En haut de l'escalier, je vis le jeune homme timide assis de fatigue, avec à sa gauche Naomi tendant un paquet contenant deux barres chocolatées. Elle semblait heureuse, pensant à quelque chose, tandis qu’Ichiro regardait la barre chocolatée avec… À vrai dire, j’avais du mal à décrire son visage et son expression, cet individu est une vraie énigme à lui-même. Quant à Naomi, cette petite garce, j’en étais persuadé, avait tenté de me tuer. Ichiro l’a déconcentré, c’est sur, sans cela, elle m’aurait sans doute tuer. Vu la hauteur de sa plume, elle visait sans doute le cerveau. Je vais devoir la garder à l’œil. Je me rapprochais petit à petit des deux nouveaux étudiant, me tenant prêt a canaliser mon pouvoir à chaque instant. Cela pouvait aller très vite, c’est au premier qui agira le plus vite qui l’emportera.

Arrivé aux pieds d’Ichiro, je lui fis un petit coucou avec main, avec deux doigts partant de mon front, avant de prendre la parole.

- Hey Ichiro Sourais-je sacré démonstration que tu nous a fait là. Je vois que ça te fatigue pas mal tout ça, besoin d’un coup de main ?

Je lui tendis la main, afin de le relever, et durant, je fixais du coin des yeux Naomi, semblant toujours joyeuse avec sa barre de chocolat. Son sourire, j’en étais sur, cachait un monstre impitoyable, cherchant, je ne sais quoi, du sang, de la chair, du plaisir… Plus je la regardais, plus je sentais mes organites se déplacer rapidement dans mon sang. Ressaisis-toi Quiet, ressaisi toi, elle ne me tuerait pas devant témoin… À moins qu’elle ne tue Ichiro aussi ?

J’avais peur, cette peur, cette même peur se déployait comme une aura autour de moi, je m'efforçais de ne rien laisser paraître, mais… Raaah !! … La tension était trop intense, cela ne pouvait continuer. Je fronçai les sourcils et pris un air plutôt sérieux, avant de parler à Ichiro.

- Ichiro, je vais t’aider à marcher si besoin, dans tous les cas, tu vas rester avec nous, jusqu'à ce que l’on.. Hum, enfin jusqu'à ce que je te dépose a ta chambre.

Je lui fis un clin d’œil, tendant toujours mon bras vers lui afin de le relevé. Si pour le moment, je ne pouvais pas le voir comme un ami, c’est comme un bouclier qu’il me servira.

La menace est bel est bien présente... Je l'éliminerais.

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Re: Mélodie timide et maladroite [Feat Naomi and Quiet]

Message par Invité le Dim 18 Juin 2017, 10:39

Naomi accourut en premier vers moi. Je voyais ce qu'on pouvez appeler de l'inquiétude sur son visage. Elle faisait des signes que j'essayais de comprendre quand soudain elle me tendit sous le nez un Kinder Bueno avec un grand sourire jusqu'aux oreilles en me faisant signe de  le manger. J'eus une petite larme au coin de l’œil, une larme de joie : bien que nous n'étions peut-être pas amis, Naomi se préoccupait un peu de moi et le don d'un Kinder Bueno en était une preuve indéniable. C'est tellement bon ! Je souris à Naomi en prenant la barre de chocolat et la remerciai :
« Merci beaucoup ! Je meurs de faim ! »  
J'avais pris plus d'assurance en compagnie de Naomi et Quiet et ça me rendait encore plus heureux.

Quiet arriva ensuite, il semblait tendu et regardait Naomi d'un mauvais œil. Il me fit alors coucou :
« Hey Ichiro, sacré démonstration que tu nous a fait là. Je vois que ça te fatigue pas mal tout ça, besoin d’un coup de main ? »
J'acquiesçai d'un signe de tête. Quiet me tendit son bras afin de me relever sans quitter des yeux Naomi. Puis il me fit un clin d’œil et me releva en disant :
« Ichiro, je vais t’aider à marcher si besoin, dans tous les cas, tu vas rester avec nous, jusqu'à ce que l’on.. Hum, enfin jusqu'à ce que je te dépose a ta chambre. »
Naomi ne semblait pas non plus regarder Quiet d'un bon œil.

Quiet m'aidait à marcher mais c'était étrange, il y avait quelque chose que je ne saisissais pas... Puis j’observai notre positionnement dans le couloir, je faisais clairement rempart entre Naomi et Quiet. Soudain je compris que la situation entre les deux nouveaux élèves avait l'air très tendue et être entre ses deux opposants ne m'enchantaient pas du tout, l'atmosphère allait redevenir suffocante d'ici peu. Je réfléchissais comment apaiser la situation en mangeant mon Kinder Bueno. Kinder Bueno ? Voilà une solution appropriée ! Je cassai deux bouts de la barre chocolatée et les tendis à Quiet et Naomi et me remit à légèrement bafouiller :
« Tenez, mangez un peu v-vous aussi. Je ne vais p-pas manger devant vous tout seul... »

Je réfléchissais à autre chose alors que je leur tendais les morceaux de Kinder Bueno : quelle était la source d'une telle tension. S'était-il passé quelque chose dans l'escalier ou peut-être était-ce avant qu'ils me rencontrent ? Non, c'était impossible à part s'ils jouaient très bien la comédie. Devais-je essayer de baisser la tension ou de me méfier d'eux. Ils me semblaient pourtant si sincères avec moi. Mon cœur s'emplit d'un grand doute tout à coup : comment se fait-il que ces gens m'acceptent si facilement? Et s'ils faisaient semblants ?

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Re: Mélodie timide et maladroite [Feat Naomi and Quiet]

Message par Invité le Dim 18 Juin 2017, 16:17

S’il y a bien une chose à laquelle je ne m’attendais pas, c’est à la larme d’Ichiro. Est-ce que j’avais fait une gaffe ? Est-ce qu’il était allergique au cacao ou quelque chose du genre ? Son visage s’illumina d’un sourire ravi, dissipant mon inquiétude par la même occasion, lorsqu’il prit le Kinder Bueno.

« Merci beaucoup ! Je meurs de faim ! »

Je le contentai de hocher la tête. Est-ce qu'il pourrait marcher, au moins ? Je pourrais essayer de l’aider s’il en avait besoin, mais je n'étais pas sûre d’avoir suffisamment de force.

« Hey Ichiro, sacré démonstration que tu nous a fait là. Je vois que ça te fatigue pas mal tout ça, besoin d’un coup de main ? »

D’abord soulagée qu’il soit remonté, je levai les yeux vers Quiet qui aidait Ichiro à se relever. Je le regrettai immédiatement. Il émanait de lui un mélange de méfiance, de colère et de menace. On aurait dit un de ces chats sauvages aux aguets, qui guettaient leurs proies avec les yeux ronds, sans les lâcher du regard. Je commençais à le dire que lui lancer ma plume n’était pas une bonne idée ; j’aurais mieux fait de lui courir après, quitte à tomber dans les marches. Mais je ne l’avais pas blessé ; est-ce que je méritais vraiment ce regard de chasseur ? Bon, d’accord, des excuses n’auraient pas été de trop…

« Ichiro, je vais t’aider à marcher si besoin, dans tous les cas, tu vas rester avec nous, jusqu'à ce que l’on… Hum, enfin jusqu'à ce que je te dépose à ta chambre. »

Un silence pesant s’installa, interrompu par l’ouverture de l’emballage du Kinder Bueno, les bouchées qu’en prenait Ichiro, et nos pas sur le sol. Les battements de mon cœur résonnaient à mes tempes tandis que nous approchions de nouveau des marches. L’atmosphère était oppressante et je sentais le regard méfiant de Quiet suivre mes mouvements, bien qu’Ichiro se trouvât entre nous. L’escalier serait trop étroit pour que nous y allions à trois côte à côte, ce qui signifiait que je me retrouverais soit devant, soit derrière Quiet qui soutenait Ichiro. Si je passais devant, je ne verrais pas si Quiet voulait s’en prendre à moi, et puisque j’étais désarmée je ne pourrais pas me défendre. Mais si je refusais, il penserait que j’avais l’intention de le blesser et…

« Tenez, mangez un peu v-vous aussi. Je ne vais p-pas manger devant vous tout seul. »

Ichiro m’arracha à mes réflexions en me tendant un carré de Bueno. Je le pris en le remerciant d’un signe de main et m’empressai de le manger. Là où Quiet était méfiant, Ichiro, lui, semblait plongé dans ses pensées. Et il recommençait à bafouiller, alors qu’il semblait avoir pris un peu confiance en lui auparavant. Un pas en avant, deux en arrière ; nous voilà revenus au point de départ, avec la tension et les hésitations.

Une fois en haut de l’escalier, je risquai un regard vers les garçons avant de commencer à descendre. A chaque marche, j’avais l’impression de sentir un peu plus les battements de mon cœur. C'était comme si Slenderman se rapprochait de moi ; si je me retournais, j'étais certaine que Quiet aurait ma peau, mais rien ne me garantissait pour autant que tout irait bien si je ne me retournais pas. A la différence que, dans Slenderman, quand on perd on peut réessayer. Au moins, puisque j’étais devant, je pouvais espérer récupérer ma plume et me défendre s’il tentait quoi que ce soit. Je cherchais du regard où elle avait bien pu atterrir, mais rien à faire - quelqu’un avait dû la ramasser. Outre la perte de l’objet en lui-même, j'étais nerveuse, mon cœur battait à toute vitesse tandis que je commençais à paniquer. Il fallait que je descende au plus vite avant que…

Mon pied manqua une marche, mon cœur un battement ; avant d’avoir le temps d’essayer de me raccrocher à quoi que ce soit, je dégringolai tête la première dans l’escalier.

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Re: Mélodie timide et maladroite [Feat Naomi and Quiet]

Message par Invité le Mer 21 Juin 2017, 01:41

Je tenais fermement Ichiro avec son bras au-dessus de mes épaules, derrière mon cou. Il tenait dans cette main, la tige qu’il avait précédemment retirée, le mettant dans cet état. Tandis que mes yeux, eux, fixaient Naomi. Je n’attendais pas d’occasion pour attaquer ou quoi que ce soit, non, j’attendais de voir son mouvement a elle, et agir en fonction.

On commença à traverser le couloir en sens inverse, pour rejoindre les escaliers menant au rez-de-chaussée. J'étais à peu prêt sûr, qu’une fois en bas avec les autres étudiant, je serais en sécurité. Ma thèse s’était vérifiée, tant qu’Ichiro sera là, elle ne tentera rien, il en va de même avec les autres étudiant alors. C’était remarquablement silencieux, pour autant, cette fois, je n'étais pas mécontent de cette pression qu’y s’était installé, car pour cette fois, je ne la ressentais pas. Ma concentration sur Naomi était telle, que je dus remettre plusieurs le bras d’Ichiro en place afin de le soutenir correctement, l’oubliant peu à peu.

Je voyais bien les regards d’Ichiro et Naomi, l’un était inquiet par la situation, et l’autre semblait méfiante. Comme une proie s’attendant à être attaqué, et à esquiver au bon moment. Mais n’est-ce pas moi la proie dans cette histoire ? Plus j’y réfléchissais, plus la confusion était présente dans ma tête. Lorsque qu’Ichiro y coupa court interrompant ce divin silence.

- Tenez, mangez un peu v-vous aussi. Je ne vais p-pas manger devant vous tout seul.

Il coupa deux carrés, et en donna un à Noami, qu’elle manga instantanément, puis un a moi. Sa main était tendue vers moi, avec ce bout de gaufrette fourrée d’une pâte et enrobé de chocolat au creux de sa paume. Plusieurs fois, ma main hésita a la prendre, mais avec le visage souriant de Ichiro, je ne pouvais ne pas dire oui. Je le pris avec l’index et le pouce, avant de le mettre à mon tour au creux de ma main. Je repliai celle-ci sur elle-même, puis écraser le carré chocolaté avant de laisser retomber le tout par terre. Toute leur bonne volonté ne pouvait faire baisser ma garde, maintenant que j’ai vu leurs pouvoirs, et surtout connaissant les intentions de Naomi à mon égard.

J'étais à peine sur de mes émotions sur l’instant, mais j’étais persuadé de mes convictions, et surtout de mes attentes à l’égard de Naomi.

U
ne fois arrivé au haut de l'escalier, Naomi paraissait rapidement hésitante, puis prit les devant avec un air légèrement troublé. C’était parfait, car en cas d’attaque de sa part, j’aurais à la fois le temps de le voir arriver, et soit d’activer mon pouvoir, soit d’utiliser Ichiro comme bouclier. Et bien que je me sentisse maintenant un peu mal, de faire ça Ichiro, il était hors de question de penser autrement.

On commenças à descendre les marches, et bien Qu’Ichiro avait du mal à se déplacer, il lui restait assez de vigueur pour bouger les jambes en même temps que nous. Je sentais pourtant son poids sur moi se rajouter de plus en plus, ainsi que sa respiration s'accélérant peu à peu. À travers la fenêtre, dehors, la pluie ne battait plus à son plein, seul quelque goutte tombaient encore, donnant encore un paysage assez sombre a cette fin de soirée.

Tandis qu'inconsciemment, je m'étais légèrement détourné de Naomi, en regardant par la fenêtre, celle-ci se mit a légèrement accéléré, descendant les marches plus rapidement que nous. Lorsqu’Interrompu par une mauvaise  impression, car Naomi se mit à se mouvoir étrangement, et j'étais persuadée qu’elle allait se retourner, prenant cette dernière occasion pour terminer le travail, quitte à ce que Ichiro le voie. J’attrapai avec mon bras non-occupé Ichiro, et d’un quart de tour sur moi-même, le força à se mettre devant moi, et le tenant fermement de mes deux mains. J’émis alors un petit sourire en coin, de satisfaction. Mon heure n’était pas encore arrivée, et j'étais fier d’avoir paré les plans d’une telle personne.

Cependant, après un très court instant, j’avais analysé plus en détail les mouvements qui suivaient de Naomi, et ce n’était pas une attaque, mais une chute. Mon emprise sur Ichiro se relâcha immédiatement, le maintenant tout de même afin qu’il évite de tomber.

À
cet instant, le temps paru si long durant ma réflexion. Devais-je rattraper Naomi avant qu’elle ne se blesse ? Sans doute, mais comment ? Utiliser mon pouvoir serait une erreur, je ne peux pas me permettre de divulguer une telle information dès le premier jour. Et bien qu’en y réfléchissant, cela m’importait peu qu’elle se blesse ou non durant sa chute, transformer une ennemie en une relation neutre est une meilleure stratégie que de devoir la surveiller a chaque instant. Je repensai à cette plume, qui m’avait égratigner le nez.

Je me concentrai alors, fixant la fenêtre de l'escalier. Une goutte tomba lentement, en direction du bord de la fenêtre, puis plus elle descendait, plus je sentais mon corps accéléré et agir plus vite. Mes sens se développaient au fur et à mesure que celle-ci tombait, jusqu'à ce qu’enfin, elle éclata sur le bord en gravier rouge de la fenêtre.

Dé...Raaah, Démon Price !!!

Mes pupilles devinrent rouges, et quelques veines éclatèrent au moment de l’activation, bon nombre d’entre elles, mineurs, au niveau du visage. Je sortis la plume de ma sacoche, puis la lançai en un éclair avec deux doigts en direction de Naomi, afin qu’elle transperce le haut de la jeune blonde, puis se plante dans le mur. Cela n'arrêtera pas sa chute, mais ralentira sa chute, et donc sa vélocité, afin de minimiser la force nécessaire au rattrapage de Naomi.

Je lâchai alors Ichiro, puis me ruai sur Naomi, la rattrapant devant elle, d’une main par son épaule droite, et de l’autre par la taille. Cela ne faisait que quelques secondes, et pourtant, je sentais déjà mes forces se vider, trop rapidement. Je l’avais bien en main, et nous étions stabilisés, ce n’était pas loin avant qu’elle ne tombe la tête la première. Je lui relevas le menton, avec un air triste pour avoir utilisé mon pouvoir, mais ce qui était fait, ne pouvait être défait. Une fois sa tête relevée, en face de moi, je vit les yeux de Naomi, noir, si noir ! Ils étaient si profonds, ils m’absorbaient…

Lorsqu’alors, je revins à moi, au moment ou la goutte d’eau frappa le bord de la fenêtre. J'étais en haut de l'escalier, avec Ichiro. Naomi elle, continuait de dégringoler les marches rapidement, jusqu'à l’atteindre, ventre à terre.

Ichiro s’empressa d’aller voir la jeune fille malgré son état. La jeune fille était consciente, c’était le principal, pas la peine de dramatiser plus que ça… Pourtant, j’ai tenté de la sauver… Pourquoi. Lentement, je suivis Ichiro, afin de prendre des nouvelles de Naomi. C’est inutile, mais après tout…

Tout cela ne changera rien, je n’ai pas révélé mon pouvoir, et je garde toujours un œil sur Naomi, blessé ou non, si son pouvoir et d’envoyer ces… Plumes, elle n’a nulle besoin d'être en forme physiquement, je pense.

Arrivé a Naomi, après un long soupir, je lui fis, d’un ton sec :

- Les marches sont vilaines aujourd’hui. J’ai même eu l’illusion d’une plume me visant, dans ces marches, c’est étrange, hein Naomi ?

J'étais à peine sur d’avoir choisi les bons mots, mais qu’importe, je ne fais pas dans la dentelle. Je me tournas alors vers Ichiro, puis repris la parole.

- Ichiro, on ne devrait pas rester la je mis mes mains à l'arrière de ma tête Si tu peut marcher, on devrait continuer. On pourra prendre une pause, et déposer… Naomi en bas, sur les fauteuils.

En attendant leurs réponses, je me mis dos contre le mur, à regarder les deux jeunes étudiant, tout en mettant mon bras dans ma sacoche, gardant la main sur la plume de Naomi.

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Re: Mélodie timide et maladroite [Feat Naomi and Quiet]

Message par Invité le Sam 24 Juin 2017, 10:40

Naomi et Quiet me sourirent en prenant chacun leur bout de Kinder Bueno : leurs sourires paraissaient si sincères mais étaient-ils possibles qu'ils me mentent ? Non, ils ne se méfient juste pas de moi : s'ils me voulaient du mal ils auraient déjà eu l'occasion de m'agresser. Naomi partit devant, elle gardait un œil sur Quiet. Ce dernier faisait de même.

Il s'était passé quelque chose dans l'escalier lorsque je retirais la clef, c'était sûr !  Ces gens avaient eux aussi des capacités hors du commun et cela pouvait probablement être dangereux. Je compris alors pourquoi il y avait une telle tension entre Naomi et Quiet et aucune avec moi : j'étais le seul à avoir montrer mon pouvoir. Ils étaient juste effrayés l'un de l'autre, apeurés par l'inconnu. Dans un sens ils n'étaient pas si différent de moi. J'ai peur de ce que je ne connais pas, c'est aussi pour cette raison que je suis incapable de parler à un inconnu.

Soudain Naomi fit un mouvement étrange puis tout alla très vite. Quiet me plaça violemment devant lui avec un sourire démoniaque tandis que Naomi tombait la tête la première. C'est alors qu'il changea d'attitude.

Il se figea. Quelques secondes plus tard, Quiet était toujours immobile comme une statue avec moi en haut de l'escalier pendant que Naomi s'étalait doucement sur le ventre en bas des marches. Je m'empressai d'aller voir la jeune fille bien que j'avais du mal à marcher ça n'avait pas d'importance. Arrivé bas de l'escalier, je l'aidai à se relever : « Ça va ? Rien de cassé ? »

Quiet arriva près de nous mais ne semblait regarder que Naomi. Il dit alors d'un ton froid : «  Les marches sont vilaines aujourd’hui. J’ai même eu l’illusion d’une plume me visant, dans ces marches, c’est étrange, hein Naomi ? »
Je ne comprenais pas ce qu'il disait. Il faisait sûrement référence à ce qu'il s'était passé dans les escaliers sans moi. Naomi avait utilisé son pouvoir sur Quiet ? Je n'en savais rien mais cela me préoccupait.

Quiet reprit la parole : « Ichiro, on ne devrait pas rester là. Si tu peux marcher, on devrait continuer. On pourra prendre une pause, et déposer… Naomi en bas, sur les fauteuils. »

Il s'appuya sur le mur en attendant notre réponse. Mais je ne savais pas quoi dire, je ne comprenais pas ce qu'il y avait entre eux, je ne comprenais pas cette tension, je ne comprenais pas ce qu'avait fait Quiet ou encore ce qu'avait fait Naomi lorsque je n'étais pas là et cela m'effrayait mais surtout m'énervait. J'étais souvent en colère mais je ne l'exprimais à personne.

Tout à coup, je m'assis en tailleur pour attirer l'attention. Je regardai à tour de rôle Quiet et Naomi. Je parlai d'une voix plus assurée presque en colère, comme celle que prennent les adultes pour gronder des enfants: « Bon... Ce petit jeu m'agace. Je veux savoir pourquoi il y a autant de tension entre vous. Ne me dites pas le contraire car ça se voit du premier coup d'œil  depuis que vous êtes allés tous les deux dans l'escalier, il s'est passé quelque chose ? J'ai montré mon aptitude à vous de faire de même ! Expliquez-vous à la fin ! »

J'allais peut-être regretter d'avoir essayé de prendre les devants et d'attirer autant l'attention de ces deux personnes.  S'ils ne jouaient pas le jeu, la tension pesante retomberait sur moi et m'écraserait. Je ne devais pas montrer que je doutais, je devais rester fort !

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Re: Mélodie timide et maladroite [Feat Naomi and Quiet]

Message par Invité le Sam 24 Juin 2017, 18:16

Le mur arrêta ma chute d’un seul coup. La tête me tournait et j’avais mal partout. Je m’assis prudemment, soutenant ma tête d’une main tout en jurant en silence. Ichiro accourut et m’offrit son aide pour me remettre sur pieds - aide que j’acceptai volontiers.

« Ca va ? Rien de cassé ? »

Je hochai la tête avec un sourire qui se voulait rassurant. A part mon amour propre, tout irait bien. A part quelques bleus, je n’aurais rien.

« Les marches sont vilaines aujourd’hui. J’ai même eu l’illusion d’une plume me visant, dans ces marches, c’est étrange, hein Naomi ? »

Un frisson me parcourut l’échine lorsque Quiet prit la parole. Il nous avait rejoints et son ton était incroyablement froid et cassant.

Il pensait donc bien que j’avais cherché à le blesser. A mieux le regarder, il semblait avoir comme une trace rouge sur le nez. J’avais dû viser un peu trop bas, au moment de lancer… A mesure que les minutes passaient je réalisais à quel point cette idée avait été idiote. D’autant plus que je n’avais aucune idée de ce dont il était capable ; s’il prenait mon action pour une agression, il pourrait sans doute m’éliminer en un clin d’œil. Ou pas, mais ne connaissant ni la nature, ni l’étendue de ses aptitudes, je partais du principe qu’il était capable du pire.

Mais s’il pensait que j’avais fait exprès de le blesser, est-ce que c’était lui qui avait provoqué ma chute ? Pour se venger ? Après ce qu’il avait dit… Je balayai cette pensée de ma tête ; je m’étais simplement emmêlé les pinceaux et ne faisant pas attention où je mettait les pieds.

« Ichiro, on ne devrait pas rester là. Si tu peux marcher, on devrait continuer. On pourra prendre une pause, et déposer… Naomi en bas, sur les fauteuils. »

Je peux marcher, merci beaucoup, songeai-je. S’il voulait prendre ses distances vis-à-vis de moi, il n’avait qu’à me le dire directement. Comme il l’avait sous-entendu en évoquant ma plume, juste avant. Adossé au mur, une main dans sa sacoche, il nous regardait comme s’il attendait qu’Ichiro se range de son côté. J’allais couper court à ce dialogue à sens unique qui ne menait nulle part sinon au conflit en partant chercher mes clefs de mon côté, lorsqu’Ichiro s’assit en tailleur dans les marches et prit un ton sérieux, et un débit de parole assez impressionnant.

« Bon… Ce petit jeu m’agace. Je veux savoir pourquoi il y a autant de tension entre vous. Ne me dites pas le contraire car ça se voit du premier coup d’œil depuis que vous êtes allés tous les deux dans l’escalier, il s’est passé quelque chose ? J’ai montré mon aptitude à vous de faire de même ! Expliquez-vous à la fin ! »

Etonnée par cette soudaine assurance de la part du garçon pourtant si timide jusque là, je levai une nouvelle fois les yeux vers le visage de Quiet. Pensive. C’était sans doute le moment ou jamais pour les explications délicates et les excuses nécessaires. Je récupérai mon bloc-notes qui était tombé à côté de moi et le stylo bille. A mon tour, je m’assis, les jambes sur le côté, et écrivis à toute vitesse avant de donner un premier papier à Ichiro - tout en me demandant s’il allait réussir à déchiffrer mes gribouillis.
« Quand je t’ai entendu tomber tout à l’heure j’ai voulu faire remonter Quiet mais il allait plus vite que moi. J’avais peur que tu aies besoin d’aide alors je voulais faire vite. J’ai utilisé mon pouvoir pour attirer son attention mais c’était une mauvaise idée. Je crois qu’il m’en veut parce que c’était idiot et que j’aurais pu le blesser. »

Puis mon regard se posa brièvement sur le visage de Quiet. Puisqu’il le fallait… Je remis derrière mon oreille une mèche de cheveux qui me tombait devant les yeux. Cette fois-ci, je pris le temps d’écrire lisiblement. Autant que cela ait l’air honnête, puisque je l’étais… Une fois le message terminé, je me relevai et tendis le bloc-notes à Quiet, pour qu’il puisse le prendre et lire.
« Je suis désolée si mon geste t’a semblé agressif. C’était un moyen dangereux et irréfléchi d’attirer ton attention, après avoir vu qu’Ichiro se sentait mal. Tu marchais vite et, comme tu l’auras compris, je suis muette et ne pouvais donc pas t’appeler pour que tu remontes. Je te présente mes excuses et espère que tu pourras me pardonner mon imprudence. Ca ne se reproduira plus. »

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Re: Mélodie timide et maladroite [Feat Naomi and Quiet]

Message par Invité le Dim 25 Juin 2017, 22:37

Je regardais par la fenêtre, ce qui semblait être un dehors paisible, sans soucis, sans problème. Ces quelques gouttes, qui continuaient de tomber sur la frêle et longue pelouse, étaient si relaxantes. La seule vue de ce ciel noir, et de ces lanternes s'apaisait tellement, j’en oubliant presque que j'étais avec une tueuse de sang-froid, et un inqualifiable timide. Je jouais avec la plume, la caressant de haut en bas, la mettant entre mes doigts, et parfois même touchant le bout de celle-ci.

P
eu à peu, je me perdais mes pensées, qui devenaient de plus en plus sombres. J’avais de plus en plus d’idée peu normale, et étrangement, plus j’y pensais, plus j'étais amené à cette plume. Sur le coup, je stressai quelque peu, puis sur un réflexe, décida de la lâcher la plume. À ce moment, Ichiro pris la parole, tandis qu’il était assis en tailleur.

- Bon… Ce petit jeu m’agace. Je veux savoir pourquoi il y a autant de tension entre vous. Ne me dites pas le contraire, car ça se voit du premier coup d’œil depuis que vous êtes allés tous les deux dans l’escalier, il s’est passé quelque chose ? J’ai montré mon aptitude à vous de faire de même ! Expliquez-vous à la fin !

Quelle mouche l’a piqué ? Il ne dit presque rien depuis le début, et là, il fait sa petite crise, avec une moue sur le visage ? Au diable ces enfantillages. J’allais prendre la parole, lorsque Naomi, inquiète, ramassa son calepin et son stylo rapidement, avant d’écrire avec rapidité avant de tendre le bout de papier au gamin.

- Quand je t’ai entendu tomber tout à l’heure, j’ai voulu faire remonter Quiet, mais il allait plus vite que moi. J’avais peur que tu aies besoin d’aide alors je voulais faire vite. J’ai utilisé mon pouvoir pour attirer son attention, mais c’était une mauvaise idée. Je crois qu’il m’en veut parce que c’était idiot et que j’aurais pu le blesser.

Pourquoi ne me le montre-t-elle pas ? Ne me doit-elle pas des excuses ? Après tout, je n’en avais rien à faire, qu’elle aille-t-elle aussi au diable. J’ouvris une nouvelle fois la bouche, cette fois-ci sans interruption, et prit la parole, regardant Ichiro du coin de l’œil, pendant que la fille aux plume volante écrivait.

- Le miochhhh….Ichiro, on ne t'a rien demandé, et on ne t’a pas sonné. On va t’emmener à l’infirmerie, et….

Je n'étais même pas sûr, de vouloir l’y amener sur le moment. Cette situation commençait à être pitoyable, et rester avec une tueuse n’est pas agréable du tout. J’émis un long soupir, avant de reprendre la parole, avec une voix plus posée.

- Écoute Ichiro, cela ne te regarde pas, alors ne t’en mêle pas. Ta crise est inutile, et puéril. Tu ne fais que compli….

À ce moment là, Naomi me tendit un bout de papier où elle avait longuement écrit, m'interrompant dans ma phrase. J'hésitais à le prendre, et de moins en moins, j'étais d’avis de l’accepter. Cependant, la curiosité prit le dessus, et il finissait entre mes mains.

Je suis désolée si mon geste t’a semblé agressif. C’était un moyen dangereux et irréfléchi d’attirer ton attention, après avoir vu qu’Ichiro se sentait mal. Tu marchais vite et, comme tu l’auras compris, je suis muette et ne pouvais donc pas t’appeler pour que tu remontes. Je te présente mes excuses et espère que tu pourras me pardonner mon imprudence. Ça ne se reproduira plus

D
es excuses, je suis muette, des excuses, et c’est la dernière fois ? Mais je n’en ai que faire de tout ça ! Ses excuses sont si creuses, de simple écrit sur un bout de papier ne résoudront rien ! Je déchirai le papier en deux, avant d’approcher violemment de Naomi, percutant d’une main ferme le mur à côté, avant de la regarder droit dans les yeux, puis sur un ton menaçant et sur de moi, lui souffla à l’oreille.

- Tu veux t’excuser ? Te faire pardonner ? Pas avec de simples mots sans émotions. Montre-moi ton potentiel, tout ton potentiel. Allons dans un endroit approprié, et affrontons-nous.

Discrètement, je sortis sa plume de ma sacoche, avant de la faire violemment passer devant son visage, la plantant dans le mur, a l'endroit même ou elle s'était planté auparavant a cause de Naomi. Cet effet dramatique n'était que tu spéctacle, mais c'était vitale. Puis je reculai quelque peu, prenant quelque distance avec Naomi, avant de répondre.

- Sauf si évidemment, tu as peur…

Les données, les informations, et tout ça, n’avait plus d’importance. Elle m’avait blessée, c’était devenu personnel. J’étais fier à l’idée de ce duel, ou de cet entraînement, peux importer. Je regardai ensuite Ichiro, toujours assis. De ma sacoche, je pris un gant en cuir très soigné, puis le mi à ma main droite. Ensuite, je proposai cette même main à Ichiro avant de le relevé.

- Et toi, puisque tu veux tout savoir, tu seras l’arbitre.

Sans sourciller d’avantage, je scrutai de nouveau Naomi, attendant une réponse de sa part. J'espérais qu’elle accepte ma proposition, car malgré tout, je voulais voir si…

J'étais alors revenu à cette fenêtre, qui m'hypnotisait depuis un bon moment déjà. Ce calme, cette tranquillité, je jurerais qu’avec cet environnement, je pourrais atteindre une telle plénitude…

Sans talent, on nous prend de haut. Il faut devenir un démon pour espérer vaincre ces géants.

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Re: Mélodie timide et maladroite [Feat Naomi and Quiet]

Message par Invité le Ven 30 Juin 2017, 13:59

Naomi tendit, gênée, un bout de papier. Voilà les explications que j'attendais :
 Quand je t’ai entendu tomber tout à l’heure j’ai voulu faire remonter Quiet mais il allait plus vite que moi. J’avais peur que tu aies besoin d’aide alors je voulais faire vite. J’ai utilisé mon pouvoir pour attirer son attention mais c’était une mauvaise idée. Je crois qu’il m’en veut parce que c’était idiot et que j’aurais pu le blesser. »
Les intentions de Naomi étaient honorables mais il est vrai que si son pouvoir est dangereux, l'utiliser sur Quiet qui est plutôt maladroit, ce n'était pas la meilleure décision à prendre...


Naomi avait fait ça pour m'aider le plus rapidement possible. Cela me touchait de savoir qu'elle apportait un minimum d'importance à mon existence. C'était de ma faute si la tension était devenue si lourde. Si j'étais plus fort, Naomi n'aurait pas eu à m'aider et à utiliser son pouvoir pour attirer l'attention de Quiet et Quiet n'aurait pas eu l'impression que Naomi lui voulait du mal...

J'allais m'excuser quand Quiet prit la parole : « Le miochhhh….Ichiro, on ne t'a rien demandé, et on ne t’a pas sonné. On va t’emmener à l’infirmerie, et….Écoute Ichiro, cela ne te regarde pas, alors ne t’en mêle pas. Ta crise est inutile, et puéril. Tu ne fais que compli…. »
Quiet faisait peur et avait l'air en colère. Mais me traiter de mioche n'était pas une chose qu'il aurait dû faire alors que je le respectais profondément.

Naomi tendit un deuxième morceau de papier en direction de Quiet avec un sourire gêné :
« Je suis désolée si mon geste t’a semblé agressif. C’était un moyen dangereux et irréfléchi d’attirer ton attention, après avoir vu qu’Ichiro se sentait mal. Tu marchais vite et, comme tu l’auras compris, je suis muette et ne pouvais donc pas t’appeler pour que tu remontes. Je te présente mes excuses et espère que tu pourras me pardonner mon imprudence. Ça ne se reproduira plus. » . Quiet déchira violemment le papier et s'approcha de Naomi la faisant reculer jusqu'au mur.

Il lui souffla froidement dans l'oreille : « Tu veux t’excuser ? Te faire pardonner ? Pas avec de simples mots sans émotions. Montre-moi ton potentiel, tout ton potentiel. Allons dans un endroit approprié, et affrontons-nous. » Il planta une plume dans le mur. Je remarquai alors que c'était le stylo en forme de plume que Naomi utilisait plutôt. Quiet continua son discours dramatique et provocateur :
« Sauf si évidemment, tu as peur… » puis en m'interpellant : « Et toi, puisque tu veux tout savoir, tu seras l’arbitre. »
Quiet revint près de la fenêtre en attendant une réponse de Naomi.

Au fond de moi, je bouillais de rage. Il osait me traiter de mioche, d'enfant immature qui fait sa crise et compliquant tout alors que j'essayais de régler les choses malgré mon appréhension à parler aux gens. Le sang me montait aux joues. Je serrais fort dans ma main le pique qui restait de la clef. Dans mon état actuel je n'avais aucune chance contre lui et puis je ne voulais pas avoir de problème avec l'établissement à mon arrivée. Je me relevai et regardai un instant Naomi : elle n'avait pas l'air de chercher les embrouilles...

En essayant d'être le plus calme possible malgré la rage au fond de moi, je m'adressai à Quiet :
« Tu oses me traiter de mioche immature piquant une crise ? Tu dis que j'aggrave la situation ? Pourtant en regardant les faits, je ne suis pas celui qui plombe l'ambiance ici... Naomi ne t'a jamais voulu de mal ! Elle s'est même excusée ! Et toi, tu n'as que faire de ses excuses et tu veux régler vos différents par la violence ! Tu risques d'avoir des problèmes avec les gens que tu rencontres si tu es toujours comme ça. De plus, l'établissement, encore heureux, interdit les élèves de se battre. Bien que physiquement je me rapproches plus d'un mioche que toi, de nous trois tu es celui qui a le plus une mentalité proche de celle d'un gamin. Et je n'ai pas besoin d'aller à l'infirmerie ou de ton aide pour trouver ma chambre. Et je ne serai pas arbitre de quelque chose d'aussi stupide ! »

Je partis sans adresser un seul regard à Quiet ou à Naomi. J'étais vraiment vexé qu'on me traite de mioche. Les deux m'avaient un peu aidé et je partais sans dire au revoir tel un ingrat. Je me retournai et dit froidement une dernière chose en pointant du doigt un panneau :
« Voici un plan de l'académie. Sur ce, bonne fin de journée ! »
Je leur tournai le dos sans regretter de partir. Comment avais-je pu croire me faire des amis dans cette académie ? Ma solitude est une part de moi même : je n'ai pas besoin des autres.

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Re: Mélodie timide et maladroite [Feat Naomi and Quiet]

Message par Invité le Ven 30 Juin 2017, 15:39

Visiblement, Quiet n’avait pas l’intention d’accepter mes excuses de sitôt ; je le regardai déchirer la feuille comme s’il ne s’agissait que d’un prospectus gênant. Il parcourut la distance qui nous séparait en un clin d’œil, sa main se heurtant violemment au mur ; je voulus reculer de quelques pas mais me retrouvai bloquée par le mur. Mon cœur tambourinait dans ma poitrine lorsqu’il prit la parole, le ton et le regard menaçants.

« Tu veux t’excuser ? Te faire pardonner ? Pas avec de simples mots sans émotions. Montre-moi ton potentiel tout ton potentiel. Allons dans un endroit approprié, et affrontons-nous. »

Il avait l’air bien sûr de lui. S’affronter, comme dans un vrai combat ? Soit il savait ce qu’il faisait, soit il avait complètement perdu l’esprit. Dans un cas comme dans l’autre, il fallait que je trouve un moyen de calmer la tension. Et puis, j’étais presque certaine que nous n’étions pas autorisés à nous battre au sein de l’Académie, et je n’avais pas spécialement envie de me retrouver avec un avertissement dès mon premier jour.

Quelque chose passa rapidement devant mon visage avant de cogner dans le mur, me faisant sursauter. D’un rapide coup d’œil, je reconnus mon stylo en forme de plume. C’était donc Quiet qui l’avait récupéré ? Je ramassai le stylo ; la pointe ne semblait pas en grande forme.

« Sauf si évidemment, tu as peur… »

Peur ? Je relevai les yeux vers son visage en caressant machinalement la plume entre mes doigts. Je n’avais pas peur ; il me terrifiait - son regard, sa voix, le moindre de ses gestes. Au moindre bruit soudain, au moindre mouvement, la tension dans mon corps mènerait mon pouvoir à s’activer si je ne prenais pas garde. Mais j’avais peur qu’il prenne mes gestes pour une agression et n’osais pas bouger d’un pouce.

Quiet se détourna de moi un instant pour se tourner vers Ichiro ; je pris une longue inspiration pour évacuer la tension. C’était sans doute la meilleure occasion pour m’éclipser avant qu’il ne reporte son attention sur moi. Mais mes jambes refusaient simplement de bouger.

« Et toi, puisque tu veux tout savoir, tu seras l’arbitre, dit-il en tendant une main à Ichiro pour l’aider à se relever. »

Le regard de Quiet se posa de nouveau sur moi, avant de se perdre distraitement à l’extérieur, par la fenêtre. Maintenant ou jamais, songeai-je.

« Tu oses me traiter de mioche immature piquant une crise ? Tu dis que j’aggrave la situation ? Pourtant en regardant les faits, je ne suis pas celui qui plombe l’ambiance ici… Naomi ne t’a jamais voulu de mal ! Elle s’est même excusée ! Et toi, tu n’as que faire de ses excuses et tu veux régler vos différents par la violence ! Tu risques d’avoir des problèmes avec les gens que tu rencontres si tu es toujours comme ça. De plus, l’établissement, encore heureux, interdit aux élèves de se battre. Bien que physiquement je me rapproches plus d’un mioche que toi, de nous trois tu es celui qui a le plus une mentalité proche de celle d’un gamin. Et je n’ai pas besoin d’aller à l’infirmerie ou de ton aide pour trouver ma chambre. Et je ne serai pas arbitre de quelque chose d’aussi stupide ! »

Et voilà qu’Ichiro faisait la morale à Quiet. Je n’avais pas osé m’éclipser durant sa tirade, tant je n’en revenais pas. D’où lui venait toute cette assurance ? Ne craignait-il pas de le mettre en colère ? Visiblement, il n’avait pas apprécié du tout le comportement de Quiet.

Ichiro passa à côté de nous sans un regard. Il se retourna quand même après quelques pas pour nous désigner un grand panneau couvert de papiers.

« Voici un plan de l’académie. Sur ce, bonne journée. »

Cette fois-ci, il s’en allait pour de bon. Une part de moi voulait le rattraper pour l’empêcher de partir tout seul - ou de me laisser seule avec Quiet - mais avec mes jambes en coton je sentais que j’allais encore tomber bêtement. J’aurais bien l’occasion de le croiser à nouveau et… Et quoi, m’excuser pour la situation ? C’était plutôt à Quiet de s’excuser.

Prenant mon courage à deux mains, je callai ma plume derrière mon oreille puis griffonnai d’une main tremblante : « Je ne me bats pas. Point. » sur un papier que je tendis à Quiet sans oser le regarder. Obligeant mes jambes à bouger, j’allais jusqu’au panneau qu’Ichiro nous avait indiqué et jetai un œil au plan. « Vous êtes ici » indiquait les dortoirs, évidemment ; il y avait bien un bureau des surveillants, mais dans un tout autre bâtiment. Ce qui voulait dire faire le chemin à l’extérieur sous la pluie. Soit, je n’avais plus à trainer ma valise, ça ne me dérangeait pas tant que ça.

Je sortis du foyer sans un regard derrière moi, au cas où Quiet reviendrait à la charge. La pluie ne tombait plus si fort, mais l’odeur d’herbe et de terre humides et la mélodie discrète de la pluie qui tombait en « plic plocs » irréguliers ne laissaient nulle place au doute. Si je ne voulais pas finir trempée jusqu’aux os, il allait falloir courir. Une longue inspiration ; j’appuyai mon bloc-notes contre ma poitrine pour éviter qu’il ne soit trop mouillé et partis en courant à grandes enjambées vers le bureau des surveillants. Encore un effort et je pourrais enfin déposer mes affaires dans ma chambre et oublier toute cette histoire.

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Re: Mélodie timide et maladroite [Feat Naomi and Quiet]

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