My pain is constant and sharp [PV - Thomas Williams]

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My pain is constant and sharp [PV - Thomas Williams]

Message par Darren le Dim 28 Mai 2017, 11:45

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J’avais quitté mon dortoir, tôt ce matin. Dans la lueur de l’aube, j’imaginais les rayons laiteux du soleil balayer le visage de mes camarades, encore plongés dans le sommeil. Je venais tout juste de perdre ma vision nocturne, mais les restes épars de celle-ci me procuraient un sentiment de bien-être, une illusion puissante de normalité. Je m’étais promené cette nuit, arpentant les couloirs, tournant à gauche, à droite, revenant sur mes pas, me demandant où j’allais.

C’était ma première escapade nocturne depuis mon arrivée : Dieu sait à quel point j’adore sortir la nuit ! Mais je ne sais pas ce qui a pu me retenir de le faire, pendant ces derniers mois… la peur d’être découvert ou de tomber sur des voyous ? Même avec ma vision thermique, je ne pouvais me battre. Je ne connaissais pas grand-monde dans cette académie, et il se pouvait qu’il y ait des gens malhonnêtes, prêts à se jeter sur un aveugle, prêts à lui en faire baver pour le plaisir de la douleur.

J’avais enfilé un jean propre et seyant, haut et déchiré aux genoux ainsi qu’un haut rayé qui s’arrêtait à la taille. Ma mère m’avait dit que ce haut était « noir » et « blanc » : autant je pouvais définir avec précision ce qu’était la couleur noire, autant le blanc m’était quelque chose d’inconnu… mais elle m’avait certifié que l’ensemble était très joli et soigné, alors je ne pouvais que lui faire confiance. Je n’ai jamais compris la notion de beau, mais j’essaie en vain de croire que le parfait existe. Ma mère disait que j’avais l’allure plutôt féminine, et j’avais trouvé cela choquant.

J’avais saisi ma canne, puis, discret comme une ombre, je m’étais faufilé entre les lits que j’avais appris à localiser parfaitement, et j’avais posé ma main sur la poignée. Je m’étais arrêté quelques secondes, tendant l’oreille, écoutant avec une douce mélancolie les souffles paisibles de mes compagnons endormis : qu’ils étaient paisibles, dans les bras de Morphée. Qu’ils dorment, les petits. J’étais sorti du dortoir, les yeux fermés, contraint : je n’avais toujours pas acheté de nouvelles lunettes.

Je m’étais dirigé vers l’aile Nord de l’académie : là, j’étais encore dans les annexes, et pour me sortir de là, il m’avait fallu traverser la main Rubis ainsi que le salon commun, puis sortir de là. Je me rappelle que le salon commun était déjà animé par une personne ou deux, qui discutaient doucement par peur d’être trop bruyants. Leur voix était douce, la discussion allait bon train, et, comme d’habitude, ils se turent lorsque je suis passé près d’eux. Ceci était quotidien.

Je voulais du calme. Le manque était certain, puissant, intense. Je ne m’étais jamais senti autant esseulé, autant… abandonné. Pas une seule nouvelle de mon frère : il m’avait laissé là, sur le chemin, comme un gamin abandonné par ses parents. Il m’avait oublié, étais-je seulement quelqu’un pour lui ? Ou alors n’avais-je été qu’un vulgaire jouet, dont il fallait se débarrasser ? Si ça l’était, bien joué grand frère ! Avec cette maudite Académie, tu allais être débarrassé de moi à tout jamais ! Mais non… quelque chose me persuadait que ce n’était pas le cas. Quelque chose me disait que, à des milliers de kilomètres de là, son cœur battait et brûlait pour moi. Quelque chose me disait que, un jour, grand frère viendrait me voir.

J’étais dans le grenier, comme souvent : dans les jours où je broyais vraiment du noir, je séchais les cours, et ce, à mes risques et périls. Je me réfugiais ici, parce que je savais que plus personne ne venait : des pauvres cons avaient lancé des rumeurs comme quoi ce grenier serait hanté par des fantômes : ce sont des conneries ! Ce sont des cons, tout simplement. J’étais heureux d’être seul, parce que, précisément ce jour-ci, je ne pouvais supporter personne. Mon frère, ô mon frère… mais où tu es, putain !? Ne vois-tu pas que j’ai besoin de toi ? Ne vois-tu pas que tu es la seule personne que je n’ai jamais su aimer !?

Bientôt, tout mon corps s’abandonna. Je me recroquevillais contre le mur, et rapprochais mes genoux de ma poitrine, puis j’enroulais mes bras autour de mes mollets. Je plongeais ma tête dans le creux entre mes petits genoux, puis je me mis à pleurer. Les larmes perlaient sur mes joues, un véritable torrent, une cascade s’échappant de mes yeux aveugles. Je t’aime grand frère… tu me manques…



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Re: My pain is constant and sharp [PV - Thomas Williams]

Message par Thomas Williams le Ven 02 Juin 2017, 21:35

Une autre journée commençait. Le soleil resplendissait toujours plus à l'extérieur, et je n'étais toujours pas plus enthousiaste à l'idée d'aller en cours. J'y assistais, oui, comme toujours j'étais un élève sérieux et je ne me permettais aucun relâchement sous prétexte de ne plus vivre avec mes parents, mais la seule chose qui me poussait était cette volonté toxique de me perfectionner. Je n'étais même pas persuadé qu'un jour j'y arriverais, mais c'était le seul semblant d'espoir que je pouvais utiliser pour me raccrocher à la vie de mes pauvres mains affaiblies. Une bien triste vie, certainement. Je m'y étais habitué.

Une certaine monotonie s'était installée depuis mon arrivée, je n'étais certainement pas aussi embêté qu'avant, et j'avais aussi l'impression que l'on me demandait moins de services, mais c'était probablement qu'on ne me connaissait pas encore assez. Ca n'aurait su tarder, je le sentais.

Ce jour là je n'avais plus cours, et je m'étais donc muni de mon fidèle opinel avant de partir à la recherche d'un endroit où j'aurais pu me libérer de mes peines en paix. J'avais durement réfléchi: le parc ne me paraissait plus être un endroit adapté depuis ma rencontre avec Lénile, et je refusais de m'aventurer à nouveau en direction des toilettes. De longues minutes, je déambulai donc dans les couloirs à la recherche d'un coin à l'abris des regards et assez grand pour m'accueillir, sans succès. Mes jambes finirent par me conduire jusqu'au bas d'un immense escalier, que désespéré j'empruntai sans me poser vraiment plus de questions. Il semblait mener à l'ultime étage de l'académie, un endroit que je n'avais encore jamais eu la curiosité d'observer.

Une fois toutes les marches gravies, je poussai la lourde porte qui cachait apparemment un simple grenier, désert. Mais cela me semblait être l'endroit parfait. Je m'avançais au milieu de la poussière, voulant juste m'enfoncer un peu plus, quand j'entendis à mon grand désespoir ce qui ressemblait fort à un sursaut, et qui bien sûr ne venait pas de moi. Après m'être figé sur place, je remarquai qu'il s'agissait en réalité de sanglots. C'eut le don de me faire renoncer à mon ambition première, et poussé par mon besoin de me sentir utile je ressentis l'envie inévitable de venir en aide à la personne qui était si triste.

En à peine quelques secondes je découvrit un garçon, adossé contre un mur et recroquevillé sur lui même, pleurant bel et bien. Rangeant délicatement mon arme dans la poche de ma veste noire, je dis d'une voix douce:

"-Hey, est-ce que ça va?"

Bien sûr que je savais que cette question était stupide et que ça n'était pas le cas, mais c'était l'usage de formuler ainsi.


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Re: My pain is constant and sharp [PV - Thomas Williams]

Message par Darren le Lun 05 Juin 2017, 13:16

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Une voix d’homme retentit dans le grenier, formant un écho sur les meubles et les parois poussiéreuses, glissant dans mes oreilles.

Cette voix… si masculine… si puissante… grand frère ! C’est grand frère ! Je relevais la tête vers l’homme, et l’espace de quelques secondes, je crus bien sentir la présence de mon grand frère. Soudainement, une poigne fantomatique me tira de mon rêve, me ramenant brusquement à la dure réalité : cet homme ne pouvait être grand frère. Grand frère était loin. J’étais dans un tel état de désespoir que j’avais des hallucinations.

Pendant une demi-seconde, je pouvais jurer que je l’avais entendu ! Cette personne qui venait d’entrer dans le grenier avait la même voix que lui ! Elles étaient identiques, à cette similitude me fit douter de ma propre santé : je devenais complètement fou… à mi-chemin entre le monde des rêves et le monde réel, la voix de grand frère m’était parvenu, en un écho. Mais ce n’était pas lui qui se tenait devant moi aujourd’hui, non…


« Hey, est-ce que ça va ? »

Est-ce que j’avais l’air d’aller bien, connard ? Est-ce que j’avais l’air heureux, épanoui ? Est-ce que mon visage, ou ma posture, te renvoyaient de bonnes ondes !? Espèce d’idiot pas fini ! J’aimerais te frapper, te renvoyer d’où tu viens, et m’ôter de ta tête ! Pourquoi ne peux-tu pas respecter ma retraite !? Pourquoi viens-tu m’emmerder ? Dégage ! Est-ce que moi, j’emmerde les gens !? Non, justement ! Je me retire pour ne pas vous emmerder, alors ayez un peu de bon sens et faites de même !

Mais je ne pouvais pas me permettre de lui dire toutes ces choses. Je devais rester dans mon « paraître ». Je devais rester normal, mais puisqu’il m’avait vu pleurer, ça allait être plutôt compliqué… tant pis, il fallait que je me tienne à mes principes ! Même si cela allait sembler bizarre, je devais être « normal ». Et portant, ma main me démangeait… j’avais envie de le frapper, avec violence. Bah, tant pis. J’allais simplement passer pour un petit ange qui a eu un coup de fatigue, mais je ne savais même pas si j’étais capable de le faire, et de me tenir à ce rôle…

Je me relevais doucement, en grimaçant. J’avais tenu cette position de fœtus pendant de longues minutes et cela avait provoqué de vives douleurs semblables à des courbatures, dans mes jambes. Une fois remis sur pied, je pris doucement conscience de l’allure pitoyable que je devais avoir : j’époussetais le plus naturellement possible mes vêtements poussiéreux, puis je passais une main dans mes cheveux pour leur redonner un semblant de forme.

Je savais que mes yeux devaient vraiment faire peur : leur apparence glacée et globuleuse était déjà repoussante, ma foi, et ajouté à cela les brûlures enflées et rouges des larmes… oui, je devais être pitoyable. Je séchais mes joues humides d’un revers de la manche, me maudissant intérieurement de ne jamais avoir de mouchoirs sur moi. Mon regard aveugle se posait sur le nouveau venu, et bien que je sois incapable d’évaluer sa taille, j’essayais néanmoins d’orienter ma vue de la façon la plus normale possible.


« Je… je vais très bien. »

Ma voix était tremblante, et alors que je pensais que ma crise était enfin finie, une tempête mugit en moi, et je ne pus l’empêcher de s’abattre. Les larmes revinrent de plus belle, violentes et bruyantes. Je m’écroulais de nouveau par terre, et, le dos appuyé contre le mur, mes jambes restaient étendues le long du sol, écartées, alors que mes bras, bas et affaissés, tenaient fermement mon bassin.



Dernière édition par Hideki le Mer 21 Juin 2017, 17:01, édité 1 fois


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Re: My pain is constant and sharp [PV - Thomas Williams]

Message par Thomas Williams le Mer 07 Juin 2017, 21:09

Le garçon mit un certain temps à me répondre. Il se releva doucement après qu'il m'ait semblé percevoir une certaine crispation sur son visage, mais qui n'avait du être qu'une illusion, vu qu'elle avait disparu en l'instant qui suivit. Contournait-il ma question ou n'avait-t-il tout simplement que faire du temps qui s'écoulait? Au fond la réponse m'importait bien peu, mais il dut bien s'écouler une minute et demi le temps qu'il retire vaguement la poussière de ses vêtements, relativement simples d'ailleurs, qu'il se recoiffe et qu'il redresse le menton, pas tout à fait en ma direction mais non loin.

À ce même moment, je vis ses yeux. Je n'en avais jamais vu de tels, ni dans ma vie ni dans aucun livre. Mais pourtant, contrairement à certains qui auraient peut-être pu être rebutés, je me sentais comme attiré, fasciné par ces deux billes vitreuses et dépourvues de pupilles. Je n'arrivais pas à les trouver plus laids que des yeux normaux sous seuls prétextes qu'ils étaient différents, je leur trouvais quelque chose de profond, d'obscur que je ne pouvais pas réellement discerner. Ce me rendit curieux. Il était cependant aisément visible que le jeune garçon venait de pleurer, d'autant par le geste de bras qui avait précédé que par ses paupières gonflées. Difficilement, il articula pour me répondre:

"Je… je vais très bien."

Je continuai de le fixer sans rien ajouter un instant, sachant bien entendu qu'il s'agissait d'un magnifique mensonge. J'avais bien assez de fois déguisé ou embelli la vérité pour savoir quand quelqu'un faisait de même. En un instant il s'affala de nouveau contre le mur qui retenait son dos en reprenant ses sanglots tiraillants, et comme pris par mon instinct je ne pus résister et vint m'installer à côté de lui, accroupi sur mes talons, posant simplement l'une de mes mains sur son épaule. Je savais que je risquais une réaction violente, mais c'était plus fort que moi. Puis de toute façon, un coup de plus ou un coup de moins, ce n'était pas ce qui allait changer la personne que j'étais. Ne faisant même pas savoir que j'avais perçu son mensonge, j’essayai simplement:

"-Je sais que... Je sais que la présence des autres n'est pas toujours agréable et que tu ne veux pas de moi mais... Si tu veux que j'essayes de t'aider..."

Je me mettais à sa place. J'espérais sincèrement bien faire, mais je ne savais pas trop comment m'y prendre pour ne pas provoquer ce sentiment insupportable d'être le sujet de la pitié des autres lorsqu'ils nous viennent en aide. Je savais comme ça pouvait être horrible. Je voulais laisser sous entendre qu'il pouvait me demander de dégager. Je voulais faire de mon mieux. Je voulais être parfait.


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Re: My pain is constant and sharp [PV - Thomas Williams]

Message par Darren le Mer 21 Juin 2017, 17:26


Le jeune homme se mouvait en silence dans la pénombre du grenier, puis je sentis ses pieds appuyer lourdement le sol ; une secousse secouant mon corps, une secousse insondable par ceux qui ne se fient qu’à leurs yeux. Je m’attardais sur tous les détails de la vie, le moindre bruit, le moindre aspect étrange : le monde a une aura, et cette aura, seuls les infirmes condamnés à percevoir la réalité sous un autre jour peuvent l’observer. Comment pourrais-je savoir si d’autres personnes dans cette académie étaient dans le même cas que moi ? Comment savoir de façon fiable que je n’étais pas le seul à voir l’invisible ? À entendre ce qui ne peut s’entendre ? Je palpe les ombres. J’en deviens une.

Sa main forte et froide se posait sur mon épaule, dans un élan qui m’était inconnu : l’homme souhaitait-il m’apporter mon soutient ? L’homme souhaitait-il me toucher ? L’homme souhaitait-il me faire du mal ? Nous étions seuls, dans ce grenier isolé ; personne ne m’entendrait crier, en outre. C’était comme si j’étais à sa merci, une petite chose frêle et fragile, possédé par un être bien plus puissant, bien plus fort. Une figure d’autorité au visage froid et fermé. Sa main s’abattait sur mon épaule, un brusque retour à une réalité que je tentais de fuir. Peu importe par qui, peu importe comment, je serais toujours blessé.

« Je sais que... Je sais que la présence des autres n'est pas toujours agréable et que tu ne veux pas de moi mais... Si tu veux que j’essaye de t'aider... »

Avant, mon esprit brouillé et distordu m’aurait suggéré une réaction violente : j’aurais repoussé sa main, j’aurais crié, hurlé, tapé du pied. J’étais dans un tel état – un état qui n’a rien de normal, pour moi qui essaie toujours de garder la tête haute ! – que ma perception de la réalité était altérée, bien que j’aie pu penser un peu plus tôt que le contact avec cet homme m’avait brusquement ramené à ladite réalité réelle, pourtant altérée présentement. Je n’étais pas moi, je n’arrivais pas à me l’expliquer.

Pourtant, l’explication du jeune homme éveilla en moi quelque chose de puissant et d’intense : un sentiment de compréhension infusive était si contraire à mes habitudes que je ne savais comment réagir. En premier temps, je pensais de façon évidente que son discours était faux et transpirant de niaiserie. En second temps, je trouvais ses paroles dénuées de sens logique : c’est-à-dire que, d’abord il évoquait le fait que je désirais être seul, puis ensuite, il me proposait son aide ! Ah ! Ça n’avait pas de sens ! En dernier temps, je ressentais enfin ce sentiment de compréhension infusif. Comme si cet homme avait pénétré mon esprit, en avait saisi toutes les subtilités. Effectivement, la présence des autres n’est pas toujours agréable, surtout que j’aurais préféré ne jamais être vu dans un tel état… heureusement que j’étais tombé sur quelqu’un un tant soit peu attentionné, qui ne m’a pas filmé et qui… je ne sais pas, n’a pas diffusé la vidéo dans toute l’académie ? Cela n’enlevait rien à la peur panique que je ressentais à l’égard de cet homme. Quelque chose ne tournait pas rond.

« Espèce de sale pervers ! Ne me touche pas ! »

J’avais paniqué.


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Re: My pain is constant and sharp [PV - Thomas Williams]

Message par Thomas Williams le Mar 27 Juin 2017, 00:15

L'instant qui suivit sembla comme arrêté, s'écoulant comme une petite éternité. Sans pour autant en connaître les raisons et les sujets, je pouvais sentir qu'un flot immense de pensées et de réflexions circulaient en le jeune homme aux yeux extraordinaires, et j'avoue avoir été curieux de connaître ce qu'il pouvait bien cogiter, pour s'immobiliser de la sorte. Mais bien sûr, dans un contexte tel, lui demander aurait été particulièrement mal placé. À la place de ça, j'attendais patiemment, comme toujours, que l'on m'ait dit ce que l'on aurait aimé que je fasse...

À ma grand surprise, je n'eus pas droit à des mots prononcés difficilement entre deux sanglots, ni même à une simple absence de réaction... Non, ce garçon avait réussi à trouver une façon de me blesser encore plus, de me rabaisser et de m'insulter sans que je ne puisse rien faire. De toute manière, personne n'était là pour constater cette humiliation et... Je n'avais en fait plus quelque fierté que ce soit à protéger. Mais au lieu de ça, comme l'aurait fait un lion blessé, il me hurla dessus:

"Espèce de sale pervers ! Ne me touche pas !"

Et bien sûr, je m'exécutai sans attendre. Bien que je doutais qu'il puisse le voir, je positionnai mes mains devant moi, comme pour me prouver innocent, bouche bée, et presque tremblant. Un... Un... Un pervers? Moi? Était-ce vraiment là ce qu'ils voyaient, lui et ses yeux abîmés? On m'avait déjà traité de faible, de lavette, de bon à rien, de tricheur même, on m'avait jeté des cailloux, et donné des poings, mais jamais on ne m'avait appelé un nom similaire. Moi, ce que les gens aimaient, c'était me faire comprendre que je ne valais rien, et ils avaient raison, mais lui... Il croyait... Que je lui voulais du mal? Ce simple fait me heurta intimement. Si je voulais combler cette faiblesse dont on m'avait persuadé de l’existence, je n'avais jamais même soupçonné que je puisse atteindre quelqu'un de quelque manière que ce soit. J'eus même un instant cette impression de posséder un pouvoir destructeur et non contrôlé, qui me fit légèrement reculer en arrière. Mais je me ressaisis vite: rien de tel chez moi. Souvenez vous: j'étais le vilain petit canard de Tsuki, celui qui était "normal". Et je me le rappelai douloureusement lorsque je tentai de répliquer en bredouillant:

"-Mais je!... Je... Je..."

Avais-je une chance au moins de pouvoir me faire pardonner mon acte, aussi infime me parut-il?


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Re: My pain is constant and sharp [PV - Thomas Williams]

Message par Darren le Dim 02 Juil 2017, 15:17

J’entrais dans une sorte de transe, un instant de flottement où l’espace et le temps n’avaient plus aucune importance. Celui que je suis n’est plus, son corps et son esprit transformés en un amas de poussière. Je fais partie du passé, de mon passé. Plus rien n’est important, pas même ce pauvre homme. Je fatigue, je craque, la pression est trop intense. Je ne me rappelle plus des raisons de ma venue dans ce grenier, ni pourquoi j’avais réagi si violemment. Ce que je savais, c’est que mes nerfs ont lâché.

Ce que personne ne réussira à comprendre, c’est que ce que les autres prennent pour un masque d’indifférence que j’arbore pour cacher mes sentiments n’est rien d’autre que moi-même. Ce n’est pas un masque, c’est… moi. Je n’ai pas de sentiments. Je crois bien que je ne ressentirais jamais des émotions autres que la peur, le désespoir, et le manque. Quel manque ? Un manque affectif, sexuel ? Les deux. Il y a des infinités de nuances de « manque », et je crois bien toutes les posséder. Je suis un corps incomplet.

Mais, bien que je sois incapable de ressentir la moindre chose, la moindre empathie ou le moindre intérêt, il y avait une seule chose sur laquelle il était impossible pour moi de faire une croix : les sentiments pour mon frère. La seule personne que j’ai jamais aimée. La seule personne qui était en mesure de combler mon manque. J’entends souvent des expressions comme quoi deux personnes s’aimant profondément sont des « moitiés ». Et bien je crois que c’est le cas ici, mon grand frère est ma moitié. Sans lui, mon corps restera à jamais incomplet. Sans lui, ma santé mentale restera à jamais déséquilibrée. J’ai basculé.

Il y a des moments où cette santé mentale, si précieuse, finit par basculer. La mienne tenait sur un équilibre trop fragile, et tout s’est écroulé. J’ai chuté. Cela est la seule explication de mes crises de pleurs. C’est grand frère. Tant qu’il ne sera pas là pour me donner la main, ma santé mentale tiendra sur un fil. Et aujourd’hui, ah ! J’avais perdu la raison, sans pouvoir réussir à me reprendre. Et c’est dans cet instant de flottement, de perdition où mon corps entier n’arrive pas à me soutenir qu’il avait fallu que quelqu’un me surprenne. Comment pouvais-je garder la face quand on m’avait surpris dans une position si minable ? J’avais craqué, j’avais craqué ! Cela arrive à tous ! Je reniflais d’une façon trop peu élégante.

« Excuse-moi, j’ai eu peur. C’est juste que ça ne va pas fort en ce moment. Ça va aller. Tu aurais un mouchoir ? »

Vu sa réaction, j’étais néanmoins sûr qu’il n’était pas mal intentionné, alors autant en profiter. Pourtant… cette image de moi, craquant au vu de la forte pression qui pesait sur mes épaules, resterait gravée dans la mémoire de cette homme à tout jamais… je pense qu’il ne réussira plus jamais à me prendre au sérieux. Autant ne plus jamais le voir.


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Re: My pain is constant and sharp [PV - Thomas Williams]

Message par Thomas Williams le Sam 15 Juil 2017, 18:18

Un nouvel instant d'attente s'écoula, alors que je sentais mon cœur battre un peu plus fort et plus bruyamment, comme si... J'avais peur. Oui, au fond, c'était ça. La façon si agressive avec laquelle ce garçon avait réagi à un geste qui se voulait attentionné m'avait effrayé, et m'avait fait comprendre qu'ici, je ne savais rien de personne et qu'encore plus que toujours, il fallait que je me méfies des apparences.

Mais ma nature m'en empêchait. Je ne pouvais tout simplement pas me méfier de qui que ce soit, ça m'était impossible. Parce que j'avais été conditionné, j'avais été persuadé que non, ça ne serait jamais les autres le problème, mais bien moi, être imparfait et inférieur, qui jamais ne pourrait égaler le niveau des gens "normaux", qu'importe quels efforts je fournirais.

Mais qui avait bien pu me mettre de telles idées dans la tête? Ca n'était pas quelqu'un en sois, mais bien un ensemble de gens, d'événements, de causes, qui avait abouti à cette mentalité bancale qu'était la mienne. Mais le pire, c'est que je n'en avais même pas conscience.

Un bruit de reniflement me ramena à la réalité, suivi de quelques paroles:

"-Excuse-moi, j’ai eu peur. C’est juste que ça ne va pas fort en ce moment. Ça va aller. Tu aurais un mouchoir ?"

Des... Des excuses? Est-ce que ça voulait dire qu'il ne pensait pas ce qu'il avait dit à l'instant? Non, sûrement qu'il ne voulait juste pas le dire de cette façon, ou peut-être même n'était-ce que pour la forme, pour soigner les apparences... Mais je ne pouvais pas penser ça, de toute façon, c'est moi qui avait un problème.

Je cherchai dans ma poche, et par chance, trouvai un paquet de mouchoirs en papier presque neuf, que j'allais sûrement utiliser pour essuyer le sang après m'être mutilé en montant ici. Mais mes plans avaient définitivement été compromis. Je lui en tendis donc un, juste devant sa main, la frôlant légèrement pour qu'il sache où saisir l'objet, avant de répondre:

"-Euh... Oui tiens, hum... Excuse moi... Je ne voulais pas... Désolé..."


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Re: My pain is constant and sharp [PV - Thomas Williams]

Message par Darren le Mar 18 Juil 2017, 09:48

Je sentis le contact d’un mouchoir en papier sous mes doigts. D’une main un peu tremblante – mais que j’essayais de contrôler quand même –, je saisissais le mouchoir. Tout d’abord, je prenais le soin de sécher mes yeux et mes joues mouillées de larmes, puis je portais le mouchoir à mon nez, puis je me mouchais d’une façon très discrète et très élégante. J’aurais tout le temps de le jeter plus tard. Je le roulais en boule.

« Euh... Oui tiens, hum... Excuse-moi... Je ne voulais pas... Désolé... »

Le jeune homme balbutia des paroles qui avaient, selon moi, aucun sens. Pourquoi s’excusait-il ? C’était moi qui m’étais excusé, pas lui ! Plus la conversation avançait, plus je le trouvais idiot et complètement… à côté de la plaque. Il est clair qu’il devait être surpris de me voir m’excuser alors que je venais à peine de copieusement l’insulter, mais quand même ! Aussi, je le comprenais un peu… j’aurais sûrement réagi pareil, c’était tellement embarrassant, ce genre de situations ! Un élan de pitié s’emparait alors de moi.

Je me relevais doucement, tout en m’appuyant contre le mur. Il était temps que je lui parle en face à face. Ma position assise contre le mur m’était légèrement inconfortable pour mon dos sensible, alors il était judicieux que je me tienne debout. Aussi, mon interlocuteur serait sûrement plus sûr et plus convaincu que mes excuses avaient un sens. Je tendais timidement la main vers lui, pour engager une poignée de salutations.

« Je m’appelle Hideki, et toi ? »

Time to be nice~

HRP:
Désolée, c'est un peu court mais je n'étais pas inspirée ^^


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Re: My pain is constant and sharp [PV - Thomas Williams]

Message par Thomas Williams le Jeu 20 Juil 2017, 15:12

Après qu'il ait saisi le bout de papier, il se sécha le visage et se moucha, ce qui finalement était assez prévisible. En s'aidant du mur, il se releva ensuite. J'aurais bien proposé mon aide, mais j'avais peur d'être à nouveau rejeté, ou d'avoir l'air d'avoir pitié de lui, ce qui je le sais très bien est loin d'être un sentiment agréable.

Pourquoi l'homme avait-il-eu le besoin de s'encombrer de cette émotion, la pitié? À mes yeux elle n'avait d'utile que de donner aux forts l'impression d'être bons et attentionnés, et aux faibles celle d'être bloqués, incapable de s'en sortir d'eux mêmes. Oui, autant elle pouvait se révéler utile, autant la pitié pouvait me détruire du plus profond de moi, pour peu qu'on découvre que je ne suis pas "normal". Heureusement que je n'y avait pas tant eu à faire que ça. Une chance.

Donc, je le laissai se relever de lui même. Il se tourna vers moi et me tendis une main... amicale? que je saisis presque par réflexe.

"-Je m’appelle Hideki, et toi ?"

Sa main était frêle, presque comme la mienne, et ne semblait pas douée de grande force, si bien que... J'eus l'impression de lui ressembler à ce moment. Toujours un peu hésitant au début, je finis finalement par lui répondre en souriant, plus chaleureux:

"-Hum... Euh... Je m'appelle Thomas Williams, émeraude, enchanté! Je suis arrivé il y a pas très longtemps."

Je cherchais désespérément un moyen de continuer la conversation, mais mon cerveau semblait bloquer.

HRP:
Pas de problème, j'espère juste que ma réponse à moi te conviendra^^


#890000

Toutes les blessures qui couvrent mes poignets, la
Honte qui ronge mon être
Ont eu raison de moi je le sais.
Mais je continue de marcher en homme piètre
Avec cette lueur d'espoir qui disparaît
Seul avec cette ambition d'être parfait.
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Re: My pain is constant and sharp [PV - Thomas Williams]

Message par Darren le Mar 01 Aoû 2017, 15:08

« Hum... Euh... Je m'appelle Thomas Williams, émeraude, enchanté! Je suis arrivé il y a pas très longtemps. »

Thomas Williams. Son prénom m’évoquait la France, tandis que son nom de famille semblait typiquement anglais, ou américain. Je me demandais vraiment de quelle origine était ce garçon. J’avais remarqué, au fil de mes rencontres, la première chose qui m’intriguait chez une nouvelle personne, c’était bien ses origines. Moi qui n’avais que très peu quitté le Japon, pays de mon enfance et de ma naissance, j’aimais la diversité. J’aimerais voyager dans tout les pays, mais à quoi bon si je ne peux rien voir ?
Le fait que ce Thomas soit un émeraude était un bon point.

Je détestais les Saphirs à cause de leur caractère, et s’il y avait bien une maison à supprimer, c’était bien celle-là ! Néanmoins, je trouvais les Rubis et les Émeraudes plutôt admirables. Aux premiers abords, j’avais pensé que mon compagnon était un saphir… il s’était excusé un peu trop rapidement à mon goût… ah ! Moi et mes clichés ! J’étais plutôt satisfait. Je savais les Émeraudes un peu courageux, proches des Rubis. Peut-être pourrions-nous trouver un terrain d’entente, qui sait ? Il fallait bien voir.

Une question me taraudait l’esprit : pourquoi ce nouveau venait dans ce grenier grinçant et poussiéreux ? Je me rappelais que j’étais venu pour un peu de calme, et pour me reposer. J’avais pleuré, un peu. Personne ne venait dans ce grenier ! Depuis le début de mes visites habituelles ici, je n’avais encore croisé personne. Aussi, personne n’aimait s’isoler dans un grenier poussiéreux et sombre, à part moi… pourtant, Thomas était là, avec moi, dans ce grenier.

« Qu’est-ce que tu fais là ? Ce grenier n'est pas le meilleur endroit de l'académie. »

Je croisais les bras sur ma poitrine, l’air sérieux et sévère. Je voulais bien savoir pourquoi il s’était isolé ici, mais j’étais presque sur qu’il me retournerait la question, et j’avais, étrangement, pas envie de lui répondre. J’avais mes secrets : il était inconcevable pour moi d’exprimer mes sentiments. J’avais si peu de sentiments… je veux les protéger, et les garder pour moi. J’époussetais nerveusement mon pantalon et mon dos en soupirant, la mine renfrognée et malade.

HRP:
Désolée encore pour la réponse courte,
mais ça ira mieux quand le RP repartira ^^


Autre compte : Hideki



#CoupDePouce

"Hideki, première créatrice de persos-capotes." - Hideki, 2017




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