Les fleurs du mal [PV: Evana Jones]

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Les fleurs du mal [PV: Evana Jones]

Message par Jarreth le 13/5/2017, 00:12

De mémoire, mes parents étaient partis de chez moi avant que je ne sois enlevé. Depuis cet épisode je demeurais tout à fait indifférent vis à vis de leur sort. La seule chose qui comptait pour moi est l'enfer que j'avais vécu durant quatre longues années et dans lequel ils m'avaient lâchement abandonnés. Mon combat depuis était de tâcher de ne pas les haïr, de rester fidèle à mon principe de bienveillance envers qui que ce soit, qu'importe ce qu'il a fait. Moralement, j'y parvenais en général assez bien. Sentimentalement c'était plus compliqué.
Il valait mieux ainsi pour moi balayer de ma conscience toutes ces choses: ce n'était pas si compliqué étant donné que si ce n'est une affligeante rémanence, je n'avais désormais plus aucun souvenir de l'épisode du laboratoire quand bien même cela avait duré si longtemps. Du moins c'était le cas jusqu'à présent.
A Tsuki je m'étais promis de me concentrer sur mes recherches à propos de mon pouvoir et réapprendre à sociabiliser. J'avais aussi trouver ici un havre de paix - la plupart du temps du moins - où j'avais enfin pour moi repos et le temps nécessaire à m'adonner à la culture.
Ce jours là justement, je pouvais me détendre au parc, dans les jardins, achevant en un éclair L'homme qui rit de Victor Hugo dont je n'avais réussi à lire que la moitié en deux ans passées.
Mon esprit était serein et se gorgeait avec joie du verbe de mon auteur favoris.
Tout à coup quelques élèves (je ne les regardais pas et je n'en saisis pas le nombre) passèrent près de l'arbre sur lequel j'étais adossé. Alors qu'ils m'avaient dépassés, j'entendis quelque chose tomber ou être jeté dans la roseraie à ma gauche.
Surpris, j'abaissais mon livre. Un autre, une sorte de petit recueil, dégringolait de la roserait. Je le ramassais.
Les Fleurs du mal ?
Il était abîmé et c'était une vieille édition. Un bon livre et classique mais... je me posais soudain la question. L'avais-je lu ? Il me semblait bien que oui. Mais où ? Quand ? Quelques vers me revenaient déjà mais rien de précis.
J'ouvrais l'oeuvre de Baudelaire, toujours aussi étonné. Je le feuilletais et certains titres de poèmes me parlaient: "L'albatros", celui là je l'avais étudié en cours dans ma jeunesse; "La muse vénale" ? Les vers m'étaient étrangement familiers; c'était la même chose pour "Le vampire". J'en avais même un bon souvenir. C'était beau, élégant, agréable.
C'est bien curieux cette histoire. En tout les cas, relire en entier ce recueil me semble une excellente idée ! Baudelaire n'a pas d'âge... dès ce soir je pourrais...
J'interrompis cette pensée. J'avais intérêt à en emprunter un autre exemplaire à la bibliothèque car celui-ci appartenait de toute évidence à quelqu'un. Sûrement un des élèves passés à côté de moi. Mais je n'avais même pas levé le regard ! Impossible de savoir qui...
J'entrevis alors une page cornée.
Peut-être une annotation ou un nom...
A la page cornée se trouvait le poème de "L'invitation au voyage". Mécaniquement je commençai à lire les premiers vers. Ceux-ci se mirent à résonner anormalement au sein de ma tête jusqu'à me donner le vertige.
Cette sensation ? Et ces mots ? C'est inquiétant... très inquiétant... pourquoi est-ce que cela me dit quelque chose ?!
Une douleur sourde me foudroya. Ma vision sa floua et des paroles anciennes, oubliées, résonnèrent alors:

-"Jarreth ? On commence ? marmonna une voix.

-Quoi ? Qui dit ça ? Merde... c'est quoi ce...

-Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
"

Je sentais mes jambes sur la terre des jardins de Tsuki. Mes mains sur le livre. Mais ma tête était alors ailleurs. Ou plutôt à un autre moment. Je prenais conscience de la rémanence qui m'agressait.

-"Un instant ! Qu'est-ce que ça veut dire ?!" Je hurlais sans doute à voix haute dans le parc même.

Mais la voix de plus en plus familière revenait pour achever:

-"Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.


La douleur s'arrêta. Ma vision revint à la normale. Je lâchais le livre et un souvenir clair me percuta. Une larme coula de mon oeil droit. A haute voix j'articulai sans savoir pourquoi:

-"Là... tout n'est qu'ordre et beauté
Luxe, calme et volupté...


Et le souvenir s'effaça de ma mémoire aussi net. Un long silence suivit dans mon esprit.
Qu'est-ce que... qu'est-ce que c'était que ça ?
Je repris le livre aussitôt. Le rouvrit à la page cornée. Je relisais les vers mais maintenant qu'il m'était connu, ne ravivait plus rien en moi. Je sentais un vide. Cette sensation me plongeait dans un désarroi incomparable jusqu'à lors
.Je me suis remémoré quelque chose. C'était important. Est-ce que ça avait un rapport avec ce poème ? Et cette voix ?Non... non ça ne peut pas me quitter maintenant ! Je ne peux pas faire abstraction, c'est trop... trop important ! Et cette page cornée, ce livre jeté, c'est pas possible que ce soit une coïncidence...
Je levai les yeux. Quelqu'un avait fait tomber ce livre. Peut-être un élève avec un pouvoir particulier avait provoqué cela. Mais comment ? Et qui ? Depuis que j'étais à Tsuki, les événements étonnants et les coïncidences s'enchaînaient et ce depuis un laps de temps très court. Je ne m'étais pas attendu à cela ici, mais c'était un véritable progrès.
Ce qui se passait à présent était une occasion nouvelle: celle d'y comprendre quelque chose au Hard lies et à ce qui m'est véritable arrivé.
Je me levait en continuant à balayer du regard le jardin. Peut-être que l'élève en question était encore là, qu'il observait ou n'était pas partit très loin. A cette heure ci il n'y avait pas grande monde, mais un peu plus loin il y avait une fille.
Une blonde, assise à l'air rêveur, une étrange marque blanche saillant son beau visage. Elle avait a priori le même âge que moi et une prestance que je n'avais pas et qui aurai eu tendance en termes habituels à me faire marcher tout droit, sans oser lui adresser un regard. Mais égaré, nerveux, aux aguets, tout ce que je discernais alors était la nature mystérieuse de cette jeune femme et mon intuition que je suivais souvent tendant alors vers elle.
C'est donc avec peu d'hésitation que j'accourais jusqu'à l'élève, le livre à la main. C'est sans doute avec un peu d'empressement que je le tendis vers elle, les yeux grands ouverts et que j'interrogeais:

-"Ce livre ! Est il à toi ?"



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Message par Evana Jones le 14/5/2017, 04:50


Les Fleurs du mal


“It's being here now that's important. There's no past and there's no future. Time is a very misleading thing. All there is ever, is the now. We can gain experience from the past, but we can't relive it; and we can hope for the future, but we don't know if there is one.”   
Solitude. Ce mot était quelque peu ironique lorsqu'il sortait de ma bouche, mais j'avais souvent besoin de suivre à la lettre sa signification. Mes 5 années à l'asile m'ont rendu beaucoup plus distante avec le monde et mes moments d'encadrement avec moi-même m'étaient très précieux, même presque sacrés. Il faut dire que j'ai toujours été éloigné des autres surtout après la mort de ma mère. Damien avait été ma solitude et l'est toujours. Puisque personne ne comprenait et surtout ne voulais pas comprendre ce que je, ou plutôt nous traversions. Je n'étais pas malheureuse à propos de ça. J'étais plus maligne que ce que vous pourriez croire, jamais l'image que je donnais aux autres ne m'importait. J'étais qui j'étais et mon passé venait avec le reste, mais j'avais simplement choisi qu'il ne déteindrait pas autant sur mon présent que cela. C'est pourquoi ces moments seuls étaient précieux. Pour me ressourcer, pour empêcher mon passé de ruiner ainsi mon futur et mon présent et de ne jamais lui laisser un quelconque pouvoir sur moi. C'était ma façon de faire, ma façon de gérer les choses. D'ailleurs, je crois bien qu'on avait tous un passé horrible... ou encore un présent qu'il l'était autant plus. Il fallait simplement s'ajuster à sa manière sans trop couler vers le bas, mais plutôt juste assez pour être en mesure de remonter encore plus fort. Aujourd'hui était l'une de mes journées saisonnières où j'avais besoin d'être seule, mais aussi une journée que je dédiais au deuil. Le printemps s'était signe de mort pour moi. Ma mère était morte en ce jour même seulement 16 ans plus tôt. Je pensais souvent à elle et à ses dernière paroles. Elle me manquait beaucoup et je suis sûr qu'elle serait fière de ce que j'étais devenu, malgré mes quelques défauts. J'étais une jeune femme digne d'elle. Une jeune femme qui ne se laisserait jamais marcher dessus et qui savait prendre sa vie en main, j'étais loin d'être faible... enfin, je me persuadais souvent du contraire.

Cette journée était ensoleillée et je bénissais Dieu chaque fois que le soleil montrait le bout de son nez. Non mais... je venais d'un pays où la neige et la pluie étaient inexistants, il faut me pardonner. Une fois douchée, je me dirigeai vers ma commode. J'étais dans une chambre seule et le silence régnait dans la pièce. J'ouvris l'un de mes tiroirs et y pris une robe d'un noir jais. Elle était ouverte dans le dos, mais à l'avant elle ressemblait à une robe des plus simples. Je mis une paire d'escarpin noir avant de prendre mon gilet en jean. Une fois toutes mes choses assemblées, je quittai ma chambre. Je n'allais pas en cours alors à quoi bon mettre l'uniforme de l'Académie? J'aimais mieux montrer mon plus beau côté, vous voyez? Bref, je quittai prestement la Maison saphir pour rejoindre les Jardins de l'école qui se trouvaient tout juste après l'annexe. Le vent était agréable et je choisi de m'asseoir sur l'un des bancs à l'extérieur. Ma chevelure blonde se laissait emporter par le vent. Je souris du coin des lèvres alors que je sortis l'un de mes nombreux ''journaux''. Puisque dès que je touchais un objet, je connais absolument tout, la lecture était devenu fade à mes yeux. Je connaissais même presque trop de langue, mais j'aimais ce savoir que j'avais sur le monde. Je me sentais invincible. Je me mis à discuter tranquillement à Damien alors que j'écrivais délicatement du revers de la main. Des élèves passèrent proche de moi et je me sentis quelque peu oppressé, mais sans plus. L'un d'entre eux m'avaient d'ailleurs regarder un moment et comme réponse je ne l'avais simplement foudroyer du regard. Il s'était bien vite remis en place et avait poursuivit son chemin comme un bon petit soldat. Bien. Mais ma tranquillité fut très brève. Je me fis interrompre à nouveau à peine 5 minutes après. Je tenais toujours mon stylo à plume dans ma main droite alors qu'un jeune homme me tendait un recueil de poésie.

- Ce livre ! Est-il à toi ?

Je fronçai mes sourcils alors que je détaillais davantage l'exemplaire. Un recueil de Baudelaire? Et ben. Le jeune homme ne semblait vraiment pas heureux de sa découverte, je me demande bien ce que notre pauvre poète a pu causer à ce dernier pour le rendre ainsi. Je finis par déposer mon stylo et mon papier de coter voyant qu'il me serait de toute façon impossible d'écrire maintenant et surtout que mon moment de solitude était ruiné.

- Non, absolument pas, dis-je sèchement avec mon accent australien , Baudelaire n'est pas ma tasse de thé.
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Re: Les fleurs du mal [PV: Evana Jones]

Message par Jarreth le 14/5/2017, 21:21

-" Non, absolument pas, Baudelaire n'est pas ma tasse de thé" dit elle sèchement avec un accent prononcé qui m'était inconnu.

Pas de douleur. Elle disait la vérité. Forcément. Je prenais une élève au hasard avec une aura vaguement mystérieuse et je l'interrogeais comme si c'était ma suspecte numéro 1.
Tu t'emportes Jarreth.
Je me grattai l'arrière du crâne, l'air gêné. La fille avec le signe blanc sur le visage ne me regardait guère avec sympathie. Elle avait un stylo et du papier et semblait de toute évidence être venu ici pour, comme moi même, trouver du calme et du repos.
Je devenais de plus en plus embarrassé en me rendant compte d'à quel point j'avais vu pu être impulsif et brusque. Cela ne me ressemblait vraiment pas. Toute cette histoire me chamboulait mais si je voulais en voir le bout, je devais absolument retrouver mon sang froid. Je baissai les yeux avec un léger sourire forcé:

-"Oui bien sûr. Désolé, quelqu'un a fait tomber ce livre et ce serait dommage qu'il ne le retrouve. Je veux dire... il semble que ce soit une vieille édition. Tu ne saurais pas ...?

Je m'interrompais. Cette fille écrivait, avait la tête ailleurs, tout comme moi il y a encore peu de temps. Il y avait peu de chances qu'elle puisse avoir vu quoique ce soit. Je l'observai durant cette courte hésitation.
Des longs cheveux blonds cendrés, un bleu de ciel de matin hivernal dans le regard, une tenue simple mais élégante, des formes assez... généreuses. Une belle femme en somme.
J'aurai préféré rencontrer cette personne un peu plus tard d'une autre façon. Cette idée me fit soupirer.

-"Encore désolé, mademoiselle. Ce n'est rien d'important..."

Une douleur vive m'assaillit. Je grinçai des dents et écarquillai les yeux. Alors que j'essayai de dissimuler les effets du Hard Lies sur mon visage, j'en comprenais à l'instant l'origine: je n'avais pas dit la vérité. Cela m'arrivait rarement, mais il se trouve que j'avais caché une information importante: c'était très important. Il y avait quelque chose dans ce poème et même dans ce recueil qui suscitait en moi une rémanence du passé. Je sentais que celle-ci cachait des éléments de réponses cruciaux auxquels jusque là je ne m'étais jamais intéressé mais qui ne pouvait faire autrement à présent que de me rendre fou de curiosité et d'anxiété.
Je me massai les tempes et redressait le regard en reculant de quelques pas. Qui d'autres avaient pu laisser tomber le livre ? Qui d'autre était dans les parages ?! Sous le stress qui m'ensevelissait, je tordais le livre entre mes mains.
J'étais venu à Tsuki pour du repos et du progrès dans mes pouvoirs. Jusque là, tout se passait mieux que je ne l'avais espérer. Mais sans crier gare mon passé mort et enterré resurgissait pour troubler ce présent idéal. Je n'avais aucun autre choix que le démêler, malgré la douleur que cela représenterait.


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Re: Les fleurs du mal [PV: Evana Jones]

Message par Evana Jones le 15/5/2017, 18:24


Les Fleurs du mal


“It has been said, 'time heals all wounds.' I do not agree. The wounds remain. In time, the mind, protecting its sanity, covers them with scar tissue and the pain lessens. But it is never gone.”
Arrête! Mais arrête je te dis! Un autre coup et encore un autre... ça n'allait jamais arrêter. Elle me frappait davantage en étant plus ivre à chaque soir. Qu'est-ce qu'une petite fille de 6 ans avait bien pu faire à cette femme pour qu'elle la déteste autant? J'aurais bien aimé le savoir dans ce temps-là. Plus les temps passaient et plus je me demandais comment Cendrillon avait pu se laisser mener par le bout du nez aussi longtemps. Moi, j'avais commencé à répliquer. À me battre sans relâche et par ma rébellion, les coups continuèrent encore plus violemment. Mon père dans tout ça? Il n'était rien, absolument rien. Il n'était qu'une ombre dans la maison et jamais je ne l'apercevais. À qui je pouvais parler de mes problèmes? Aux domestiques? Je l'avais fait... mais qu'est-ce qu'elles pouvaient y changer? Rien. Elles avaient été là pour moi et c'est tout ce qui en résulta. J'avais dû vivre dans cette atmosphère pendant 9 longues années avant qu'être envoyé à l'asile. J'avais été soulagé! Tellement soulagé. Encore aujourd'hui, j'avais des cicatrices sur le corps de cette bonne femme. Elle pouvait aller en enfer si ce n'était que de moi. Avec mon passé, j'avais rapidement compris que les gens étaient bien trop pris dans leurs propres problèmes pour s'entraider. C'est pourquoi j'avais simplement appris à aller de l'avant et à voir le bon côté des choses. Et surtout, me donner une chance de vivre. Je n'allais tout de même pas me morfonde toute ma vie. Il en était hors de question.

Damien toussa légèrement ce qui me fit revenir sur le moment présent. Je jetai un vague coup oeil au garçon. Il semblait quelque peu mal à l'aise ou encore gêné tout en grattant l'arrière de sa tête. Alors qu'il réfléchissait, je pris un moment pour le détailler du regard. De longs cheveux d'ébènes, un regard bleu-gris et un silhouette discrète, mais qui cachait sûrement une belle musculature. Je souris du coin des lèvres malgré mon agacement.

-"Oui bien sûr. Désolé, quelqu'un a fait tomber ce livre et ce serait dommage qu'il ne le retrouve. Je veux dire... il semble que ce soit une vieille édition. Tu ne saurais pas ...?

J'avais été éprit dans mes écrits alors je n'avais pas vraiment fait attention à mon entourage. Je secouai vaguement la tête pour lui signifier que non, mais celui-ci semblait déjà ailleurs. Il m'observa de haut en bas. Je relevai un de mes sourcils. T'aime ce que tu vois? Et ben, c'est pas le moment.

-"Encore désolé, mademoiselle. Ce n'est rien d'important..."

Son visage se crispa quelque peu. Je continuais de l'observer. Il ne semblait pas bien et selon moi, ce n'était pas rien d'important. En tout cas, pas pour lui. Pour ma part, je n'étais pas plus que cela intéresser par l'histoire de ce livre étant donné que j'avais déjà les informations nécessaires. Mais l'information du jeune homme... peut-être que cela pourrait être pas mal. Il se caressa la tempe et redressa son regard tout en reculant d'un pas. Je le suivais du regard ne sachant pas qu'est-ce qui se passait dans la tête du garçon. Mon regard devenu tendre tout d'un coup. J'allais essayer une nouvelle approche... Je pouvais l'aider, mais ce serait aussi m'aider moi-même. Allons-y.

- Tu n'as pas à t'excuser. Si tu veux, je peux t'aider à retrouver le propriétaire du livre ou encore... à comprendre ce qui te tracasse ainsi, dis-je d'une manière enjôleuse. C'est en mon pouvoir de connaître ce qui se cache au plus profond de chaque chose et personne.

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Re: Les fleurs du mal [PV: Evana Jones]

Message par Jarreth le 15/5/2017, 19:48

-" Tu n'as pas à t'excuser. Si tu veux, je peux t'aider à retrouver le propriétaire du livre ou encore... à comprendre ce qui te tracasse ainsi," dit elle d'une agréable façon. C'est en mon pouvoir de connaître ce qui se cache au plus profond de chaque chose et personne."

Je clignai des yeux en reportant mon regard sur elle. Elle paraissait tout à coup sincèrement disposée à m'aider. De plus, elle n'avait pas mentit: il lui était possible d'obtenir la vérité à propos des objets et des personnes.
C'est évident quand j'y pense ! Avec les pouvoirs des élèves de Tsuki, tout est réalisable. Et si le sien est si efficace, il pourrait être la clé de ce problème.
Peut-être qu'avec l'aide de cette jeune femme je pouvais même connaître une bonne fois pour toute ce qui se cachait dans ma mémoire pour l'en balayer ensuite mais... non. Je ne pourrais pas lui demander une chose pareille. C'était mon fardeau et c'était trop de responsabilités accordées à une inconnue à peine rencontré. Si elle avait le désir de me donner un coup de mai, il faudrait se concentrer sur ce livre, Les fleurs du mal, afin d'en connaître le propriétaire et les raisons pour lesquelles on a corné cette page, celle de "L'invitation au voyage". Je pourrais admettre que ce soit une coïncidence... mais je devais d'abord en avoir le cœur net.
Je contint mon soulagement en exprimant un simple et honnête sourire à la blonde cendrée.

-"Vraiment... vraiment oui vous pourriez peut-être me retirer une écharde !"

Je m'assis en tailleur face à elle. Sous cet angle, la lueur du soleil se reflétait différemment dans son regard, rendant l'illusion d'un indigo éphémère et, cette fois, bien plus estival.
Je n'en voyais pas tous les jours des regards comme ça à Galway.
Mais ce n'était pas le sujet, j'y songerais plus tard. Plus le temps passait et plus je me sentais oppressé par quelque chose. Le poids de mon passé et dans une certaine mesure de mon pouvoir venait s'avachir sur moi alors que depuis peu j'avais le sentiment de m'en débarrasser petit à petit. C'était inacceptable et je devais être résolu à y mettre un terme.

-"Au fait. Je m'appelle Jarreth et j'suis un peu nouveau à Tsuki. Enfin je fais mes marques depuis quelques temps mais parfois... enfin peu importe... ce n'est pas très intéressant..."

Mes pensées étant confuses; ma volonté de paraître sociable tout en ne cherchant à qu'à en finir vite avec cette péripétie soudaine ne faisait que rendre de plus en plus brouillon le cours de mes réflexions. Ainsi toute tentative d'avoir l'air calme et sympathique devenait catastrophique. Ce constat fait, je respirai un grand coup puis posai le fameux livre avec soin sur l'herbe entre la fille et moi.

-"Je ne sais pas comment marche votre pouvoir mais... j'apprécierai de connaître le possesseur de cet ouvrage. Faites de votre mieux."






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Re: Les fleurs du mal [PV: Evana Jones]

Message par Evana Jones le 18/5/2017, 16:21


Les Fleurs du mal


“Until you make peace with who you are, you'll never be content with what you have.”
Carpe diem mon enfant et profite de chaque instant. Ces paroles étaient fréquente dans ma vie alors que ma mère était toujours vivante et malgré tout, elles m'avaient permit de survivre aussi longtemps en acceptant ce que la vie me donnait. Loin de moi l'idée de vous faire croire que j'étais heureuse dans mon malheur, mais plutôt que, tôt ou tard, je savais que le vent changerait de côté et qu'en attendant, je devais simplement garder la tête haute. C'est ce que j'avais fait et cela même lorsque j'étais à l'asile et qu'on me faisait passer une centaine de test à mes premiers jours. Quand on qualifie cet endroit comme médiocre, c'est sûrement pour désigner tous ces tests inutiles qui vous font passer pour s'assurer que vous êtes bel et bien ''malade''. Pourtant, ma maladie est toujours inconnue de nos jours et je n'ai certainement pas l'intention d'y retourner. J'avais même cessé de parler avec Damien pour que les gens arrêtent enfin de me surveiller à chaque heure de la journée et ça avait marché. Maintenant que je faisais parti de cette Académie, je ne me faisais pas prié pour parler avec mon ami. En acceptant qui j'étais et ce que la vie m'offrait, je m'étais donnée à moi seule une porte de sortie. L'un de mes plus grands exploits.

Le jeune homme en face de moi semblait toujours ailleurs, mais il finit tout de même par me sourire sincèrement. Je ne fis que lui répondre du coin de mes lèvres avec un petit sourire.

-"Vraiment... vraiment oui vous pourriez peut-être me retirer une écharde !"

Il s'assit en tailleur en face de moi et je me mis à le regarder quelque peu dubitatif. J'analysai patiemment le visage du jeune homme. Il semblait vraiment tracassé par quelque chose, mais j'avais la faible impression qu'il ne me laisserait pas ses informations aussi facilement. Je devrais sûrement connaître le propriétaire du livre avant quoique ce soit, c'est bien d'ailleurs.

-"Au fait. Je m'appelle Jarreth et j'suis un peu nouveau à Tsuki. Enfin je fais mes marques depuis quelques temps mais parfois... enfin peu importe... ce n'est pas très intéressant..."

- Moi c'est Evana, je suis arrivée aussi il y a peu. Tu es la deuxième personne que je rencontre, alors ne t'en fait pas.

Il semblait de plus en plus confus et je doutais qu'il m'avait entendu parler, mais on savait jamais. Il posa le livre sur l'herbe entre moi et lui après avoir prit une profonde inspiration. Ça doit être important... Je me penchai doucement donnant un angle plutôt agréable à Jarreth vers ma poitrine avant de me redresser avec le lire à la main.

-"Je ne sais pas comment marche votre pouvoir mais... j'apprécierai de connaître le possesseur de cet ouvrage. Faites de votre mieux."

- Pas besoin de me vouvoyer comme ça, répliquais-je avec mon accent. Mais j'apprécie quand même la politesse.

Je regardai vaguement l'ouvrage dans mes mains et surtout la bordure qui le ornait. Je connaissais déjà l'histoire la plus ancienne des livres étant donné que depuis mon enfance je collectionne les renseignements sur tous ce qui m'était permis d'avoir. Fille de bonne famille, ma maison avait une très grand bibliothèque comblé d'ouvrage les plus anciens les uns des autres. Je soupirai faiblement avant de demander mentalement à Damien qui était le dernier possesseur de ce recueil de Baudelaire.

Damien: Une jeune fille prénommé Ava Riverton.

Moi: Elle l'a choisi son nom celle-là...

Damien: Je ne fais que partager mes connaissances, je ne choisi pas les noms des autres.

Je roulai vivement des yeux avant de tendre le recueil au jeune homme.

- Ava Riverton, une jeune fille avec de longs cheveux bruns et des yeux émeraudes, dis-je doucement, c'est dure à manquer, mais en échange de cette information... j'aimerais bien connaître ce qui te tracasse ainsi.
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Re: Les fleurs du mal [PV: Evana Jones]

Message par Jarreth le 19/5/2017, 00:27

- "Pas besoin de me vouvoyer comme ça, répliqua-t'elle en hachant proprement les mots. Mais j'apprécie quand même la politesse."

Elle prit le livre et le regarda en soupirant légèrement. Cela ne sembla pas lui coûter de grands efforts d'utiliser son pouvoir, dont d'ailleurs je ne connaissais pas pour le moment la nature précise.
Mais son allure m'inspirait. En plus d'être voluptueuse, cette fille avait dans l'attitude et les manières quelque chose de la mystérieuse pythie grecque qu'on interroge avec espoir. Si c'était en effet mon cas, je ne pouvais que deviner en elle cette part de mystique fascinant. Sa marque blanche renforçait l'exotisme qui se dégageait de son accent comme du tint de son visage ou des reflets particuliers s'échappant des mèches les plus basses de sa chevelure. J'avais détourné mes yeux du livre pour la regarder elle, avec autant d'attention que de soin à la déchiffrer des yeux.
Elle a dit qu'elle s'appelait... Evana ?
Elle me tendit tout à coup à nouveau le recueil, coupant de nouveau ma pensée.

-"Ava Riverton, une jeune fille avec de longs cheveux bruns et des yeux émeraudes, dit-elle doucement, c'est dure à manquer, mais en échange de cette information... j'aimerais bien connaître ce qui te tracasse ainsi."

Ana Riverton ? Comme je le pensais il s'agit de quelqu'un qui ne m'évoque rien du tout. Mais j'ai une piste alors.
Pas de douleurs. Elle avait au par avant dit la vérité sur son pouvoir et là, elle ne mentait si sur l'identité ni sur la description de la propriétaire de l'ouvrage. Il s'agissait donc bien de cette Ana Riverton. Il ne restait plus qu'à lui rendre le recueil et à utiliser mon pouvoir - malgré moi - pour être certains qu'il ne s'agissait que d'une coïncidence.
Evana, elle, me fixait à présent, le regard froid mais interrogatif. Elle voulait de toute évidence véritablement sa connaître d'avantage à propos de ma requête. C'était probablement mon étrange attitude qui l'avait troublé et peut-être que d'une façon où une autre ses capacités lui en avait appris plus qu'elle ne me l'avait dit; je ne pouvais pas omettre totalement cette hypothèse.
Elle veut savoir ce qui me tracasse ? J'aimerais lui dire, après tout elle m'a bien aidé et au moment où j'en avais besoin.
Mais comment t'expliquer Evana ?

Mentir était hors de question, car cela allait à l'encontre de mes principes et même de mon don. Cependant je ne pouvais voir une façon correcte de lui présenter la situation et les raisons pour lesquelles elle me troublait autant: je n'étais pas certains de les comprendre tout à fait moi même ! Et quand bien même il faudrait lui exposer une partie de ma vie que j'avais pas forcément envie d'imposer à quelqu'un et qui - cela j'en étais certains - ne la concernerait pas le moins du monde. Il ne restait qu'une chose à faire, et ce même si cela était un bien mauvais paiement pour l'aide et la gentillesse que m'avait apporté Evana: il fallait que j'élude.

-"Pour tout dire... j'ai des raisons de croire que ce n'est pas par hasard que le livre est tombé à côté de moi il y a peu.
Cela peut paraître étonnant - surtout quand on sait que je ne suis ici que depuis très peu de temps et que je connais peu de gens - mais il n'est pas impossible qu'on cherche à me faire passer un message... ou plutôt...
"

Je me relevait en me frottant la nuque, les yeux fermés, tout en cherchant mes mots.
Que dire... Bon sang je ne saurais pas faire mieux pour être convaincant surtout avec mes lacunes en terme de technique de l'oral. Tenons compte du fait que cette fille ne voulait pas être dérangé à la base et qu'elle a probablement envie, malgré sa curiosité, de retourner à ses affaires.
Je calai le livre sous mon bras et m'efforçai de sourire très légèrement avec un air faussement décontracté. Mon problème, et je le savais, c'était que je ne savais pas dissimuler ni mes pensées ni même mes émotions. C'était la nature de mon pouvoir mais aussi du caractère que je m'étais forgé seul: mes yeux finissaient toujours révéler une part de vérité lorsque le reste de mon visage tentait de la recouvrir.

-"En fait je suis assez nerveux car je ne comprends qui pourrait bien connaître à Tsuki la connexion que j'ai potentiellement avec ce recueil de Baudelaire. Alors... j'aimerais assurer de ce qu'il en est auprès de cette... Ava ? C'est ça ? Ava ? Enfin le fait est que cela sans doute vite régl..."

Je m'interrompis consciemment. Il y avait peu de chance que cette histoire se résolve d'elle même au vu du désordre évident qu'il y avait dans ma mémoire. Inutile, donc, de proférer une allégation à laquelle je ne pouvais pas moi même prêter foi, ce qui en faisait finalement un mensonge.

-"Enfin..." dis-je en relevant les yeux, cette fois pour éluder véritablement une bonne fois pour toutes et mettre fin à mes explications.

Mes yeux retombèrent finalement à pic sur la jeune fille. J'aurai voulu lui dire quelque chose. Quoi ? Je n'en savais trop rien. J'avais, par le passé, lu un nombre incalculable de romans et de pièces de théâtre dans lesquels se trouvaient tant de dialogues et de situations agréables, exotiques, romantiques, féeriques, épiques, nostalgiques, mélancoliques et dans lesquels à la fin le héros, même le plus insignifiant, trouvait toujours un bon mot pour s'en extirper avec panache. Face à une fille comme Evana, qui avait un pouvoir de fée et un aspect allant de pair avec, j'aurais préféré avoir un peu d'allure.
Tant pis. Ce n'est pas mon registre, du moins pas encore. Titania quitte la scène, mais la pièce continue de jouer pour moi. C'est sur ça qu'il faut que je me concentre.

-"Merci Evana."





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Re: Les fleurs du mal [PV: Evana Jones]

Message par Evana Jones le 21/5/2017, 17:25


Les Fleurs du mal


“Remembrance of things past is not necessarily the remembrance of things as they were.”
Parmi tout ce que la vie pouvait nous offrir, il fallait qu'elle nous offre, pour la plupart, de l'amertume et des rêves éphémères. Peu sont ceux qui s'en sorte au bout du compte et c'est plutôt triste quand on y pense. Il y aura toujours quelque chose pour vous tirez directement vers le sol. Un retour à la case départ. Des événements qu'on aimerait mieux oublier une bonne fois pour toute, mais ne sommes-nous jamais réellement débarrassés de notre passé, aussi noir qu'il peut être? Non, jamais. On décide simplement de faire semblant, car de toute façon le monde est faux. Le mensonge court les rues sans peine et notre monde tour autour de celui-ci. J'étais moi-même très bonne pour l'analyse, donc les mensonges ne passaient pas. Je les contournais sans m'en préoccuper et je continuais ma route. Ce que je veux dire, c'est que certains décident d'avancer alors que d'autres sont rongés par la nostalgie et la douleur que peut leur apporter ce soi-disant ''passé''. J'en ai vue des choses au cours de mes 20 ans de vie. Déjà beaucoup plus qu'une personne déjà âgée de plus de 60 ans. Je connais chaque parcelle de vérité, car par mon seul touché je pouvais sans peine découvrir la vraie version de l'histoire. Pourtant, cette Académie et ces élèves dotés de pouvoirs étaient inconnus à mes yeux et cela me rendait bien triste.

Jarreth ne pouvait définitivement pas mentir ou encore simplement cacher ses émotions. C'est plutôt rare puisque de nos jours tout le monde est pro quand il est question de cacher des choses. Par exemple, je l'étais sans peine, c'étais inné chez moi et le mystère que je dégageais ne laissait personne indifférent. Alors que je continuais de regarder le jeune homme en face de moi, son visage se crispa quelque peu comme s'il avait perdu tout sens avec la réalité. Mon sourcil de leva doucement avant que je ne croise légèrement mes jambes en attente d'une réaction pertinente du jeune homme.

-"Pour tout dire... j'ai des raisons de croire que ce n'est pas par hasard que le livre est tombé à côté de moi il y a peu. Cela peut paraître étonnant - surtout quand on sait que je ne suis ici que depuis très peu de temps et que je connais peu de gens - mais il n'est pas impossible qu'on cherche à me faire passer un message... ou plutôt..."

Il se remit à chercher ses mots ce qui me frustra légèrement, mais je continuais néanmoins de sourire.

-"En fait je suis assez nerveux car je ne comprends qui pourrait bien connaître à Tsuki la connexion que j'ai potentiellement avec ce recueil de Baudelaire. Alors... j'aimerais assurer de ce qu'il en est auprès de cette... Ava ? C'est ça ? Ava ? Enfin le fait est que cela sans doute vite régl..."

Bizarrement, je sentais qu'il détournait le sujet ailleurs. Pourtant, je n'en fis rien et je laissai les choses se dérouler. J'avais bien vu qu'avec Alyssa j'avais choisi une mauvaise approche alors autant en essayer une nouvelle avec Jarreth.

- Enfin... Merci Evana.

Merci...? Personne ne m'avait jamais remercié auparavant, puisque je n'aidais jamais vraiment les autres. J'aidais si c'était pour m'enrichir, mais autrement, j'ignorais les gens et me concentrais seulement sur moi. Je me croyais au-dessus des autres et étrangement, le fait qu'il m'est dit merci me réchauffa le coeur. Damien se mit à rire doucement avant que je ne lui ferme son clapet mentalement.

- Pas de quoi, dis-je simplement, mais tu sais que simplement en touchant le livre, je pourrais savoir ce que tu as vu lorsque tu as eu un contact avec celui-ci? Mon pouvoir est très poussé quand on y pense, mais il faut d'abord savoir poser les bonnes questions. Bref, si jamais tu change d'avis, tu me trouveras sûrement à la Maison Saphir.

Je lui avais donner un avant-goût de ce que je pouvais faire et après avoir balancé cette phrase, je me mis à ramasser mes choses. Je sentais que cette discussion n'allait pas aller bien loin, sauf si celui-ci changeait soudainement d'avis.
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Re: Les fleurs du mal [PV: Evana Jones]

Message par Jarreth le 23/5/2017, 03:29

-" Pas de quoi," dit-elle, "mais tu sais que simplement en touchant le livre, je pourrais savoir ce que tu as vu lorsque tu as eu un contact avec celui-ci ? Mon pouvoir est très poussé quand on y pense, mais il faut d'abord savoir poser les bonnes questions. Bref, si jamais tu change d'avis, tu me trouveras sûrement à la Maison Saphir."

Je fronçai le sourcils, étonné
.Comment sait elle que j'ai vu quelque chose au contact du livre ? Elle l'a deviné ? C'est son pouvoir qui lui a dit ? En effet je ne devrais pas sous-estimer un don d'une telle ampleur...
Evana commença à ramasser ses affaires. En tous les cas, elle avait encore une fois dis la vérité, chose que j'appréciais fortement. Pas de faux semblant: je savais où la trouver et que son pouvoir pourrait encore certainement m'aider au cas où si j'en avais un besoin absolu. Cette aide qui m'était accordé sans contrepartie me soulagea en quelque sorte.
Je me levai d'un bond, cette fois avec un large sourire épanoui et sincère.

-"Tu es la fille de la situation dirait on..."

Elle semblait prêt à partir, afin de se sauver ou bien simplement car elle sentait que je ne souhaitais pas plus partager mon fardeau avec elle sous prétexte que ses capacités m'étaient ici et maintenant bien utile.
Il me fallait y réfléchir encore quelques secondes mais je crois que d'ores et déjà le raisonnement que j'avais avais atteins sa conclusion.
Je pourrais résoudre ce dense mystère qui entoure ma mémoire en laissant cette fille utiliser son pouvoir une fois de plus sur le livre ou même sur moi. Enfin cela se peut. Mais cela signifie aussi que je lui donne accès à quelque chose que je ne maîtrise pas et qui pourrait être à l'origine de conséquences et de significations qui ne sont en aucun de mon ressort et donc je ne peux saisir pleinement les tenants et les aboutissants. C'est à la fois dangereux pour elle, et trop explosif pour moi. Si cela doit se résoudre d'une façon si imprudente, cela ne sera qu'en ultime recours. Je ne vois aucun autre choix. Et puis cette fois... j'ai une piste... cette Ava !
Je serrai le poing avec enthousiasme et retrouvai un court instant l'emphase triomphante que j'avais hérité de mon militant de père, qui ne transparaissait habituellement pas en moi à cause de mon caractère effacé:

-"Je suis un Saphir aussi. Je te trouverai si je suis au dos au mur, tu peux compter dessus ! Sache Evana qu'avec ton altruisme et ta sincérité, tu t'es fais un irréductible allié en ma personne et..."

Et voilà, c'est pour cela que je réprime toujours ma bonne humeur. Quand les choses prennent une bonne tournure inattendue, je me revois à nouveau dans un de ces vieux romans feuilletons. Arrêtons les frais avant que je passe définitivement pour un guignol.
Je me raclai la gorge avec un air plus sérieux.

-"Bref... dis moi juste Evana: avant que je ne te laisse tranquille, saurais tu me dire à titre purement indicatif si tu connais au moins la maison de cette Ava à laquelle je compte bien m'adresser assez vite ?"








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Re: Les fleurs du mal [PV: Evana Jones]

Message par Evana Jones le 25/5/2017, 20:29


Les Fleurs du mal


“I'm not afraid of death; I just don't want to be there when it happens.”
On pourrait croire que quelqu'un comme moi n'a peur de rien. Que je suis brave à chaque heure de la journée et qu'il est impossible de m’impressionner. Une partie dans ce que vous pourriez croire est vraie, mais personne n'a aucune peur, peu importe le cas. J'aimerais vous dire que c'est possible et que le monde est rempli de belles choses, mais ce n'est malheureusement pas mon genre de mentir aussi facilement. Je préfère une vérité qui fait mal plutôt qu'un mensonge sans but et sans sens. C'est pourquoi la sincérité est toujours une qualité que j'appréciais chez le peu de gens qui la détenaient. Je me mis à sourire doucement alors que j'observais le jeune homme en face de moi. Celui-ci s'était redressé sans se faire prier et souriait largement d'un sourire qui se voulait sûrement des plus sincères, mais je ne fis que redresser péniblement mon sourcil vers le haut.

-"Tu es la fille de la situation dirait on... Je suis un Saphir aussi. Je te trouverai si je suis au dos au mur, tu peux compter dessus ! Sache Evana qu'avec ton altruisme et ta sincérité, tu t'es fais un irréductible allié en ma personne et... Bref... dis moi juste Evana: avant que je ne te laisse tranquille, saurais tu me dire à titre purement indicatif si tu connais au moins la maison de cette Ava à laquelle je compte bien m'adresser assez vite ?"

Jarreth s'arrêta plusieurs fois et il faisait beaucoup de gestes ainsi que d'airs différents lorsqu'il parlait. Je trouvais ça plutôt amusant de le regarder aller, mais il faut dire que ça prouvait simplement qu'il n'avait pas envie dans dire plus qu'il en avait déjà dit. Je lui souris faiblement avant de me redresser à mon tour. Je posai la question par le fait même à Damien et il me répondit vivement. Autant finir ma bonne action jusqu'à la fin et cela, même si je n'aurais pas ce que je voulais à la fin.

- Tu es chanceux, c'est une Saphir aussi, dis-je simplement, Je ne la connais pas puisque je ne partage ma chambre avec personne et que je suis nouvelle, mais je pense que tu pourras demander à n'importe qui à la Maison Saphir et ils devraient te dire où tu peux la trouver. Sur ce, à bientôt j'imagine.

Après cette information, je tournai les talons et me dirigeai de nouveau vers l'annexe où je pourrais enfin retrouver ma chambre. Je n'avais pas atteint mon but encore aujourd'hui et cela me frustrait plus que je n'aimerais le dire, mais je devrais faire travailler mon cerveau un peu plus à l'avenir. Mais malgré tout, j'avais l'information de Jarreth sur ce livre et qu'il le veuille ou non, je serais tôt ou tard. Les secrets ne tiennent jamais bien longtemps avec moi.
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Re: Les fleurs du mal [PV: Evana Jones]

Message par Jarreth le 29/5/2017, 18:37

- "Tu es chanceux, c'est une Saphir aussi," dit-elle. "Je ne la connais pas puisque je ne partage ma chambre avec personne et que je suis nouvelle, mais je pense que tu pourras demander à n'importe qui à la Maison Saphir et ils devraient te dire où tu peux la trouver. Sur ce, à bientôt j'imagine."

Et Evana, la pythie du jardin de Tsuki, tourna les talons avec un air mêlant la nonchalance et l'invitation.
Je me redressais, le livre serré dans la main, l'air pensif.

-"Avec plaisir" marmonnais-je.

Je regardai l'heure. J'avais encore énormément de temps devant moi.
Voyons... Ava Riverton... cheveux bruns... yeux émeraudes... maison Saphir. Allons-y.

Et quelques minutes plus tard j'y étais. Je n'osai tout d'abord trop demander où je pourrais trouver la fille, ne désirant pas trop me donner des airs d'investigateur acharné. Je me contentai de parcourir les couloirs de la maison Saphir en espérant y trouver mon compte. Elle traînait peut-être là. Ou alors avait elle véritablement perdu son livre par accident au parc et y était retourné ? Mon intuition me détournait de cette hypothèse.
Celle ci est... elle est brune mais les yeux ne conviennent pas... on me regarde ? Mince je dois avoir l'air louche. Baissons les yeux. Des yeux émeraudes... des yeux émeraudes...
Lorsque je bousculai quelqu'un pour la seconde fois à cause de mon regard vagabond, je fini par soupirer me trouvant ridicule de ne pas aller au plus vite à la simplicité. Ainsi donc je me contentai de demander à quelqu'un si il ne connaissait pas cette Ava Riverton. Et coup de chance ce fut le cas: une jeune et énigmatique étudiante de 17 ans. Brillante qui puis est de ce qu'on m'en dis. Elle devait être au fond d'un corridor peu parcouru pour y trouver quelque calme.
Une habitude commune chez elle, Evana et moi. Est-ce la caractéristique des Saphirs ?

J'y allai. Après l'avoir enfin trouvé, je m'y enfonçai et remarquai finalement dans l'ombre la silhouette d'une brune assise, contemplant le plafond. Elle ne lisait pas, ne regardait pas son portable et n'avait personne à qui parler. Elle était juste là, les yeux perdus dans le vague. D'ores et déjà, une curieuse impression me parcouru - presque un frisson - et je demeurais très intrigué. Je m'approchai doucement et ses yeux qui brillait dans la semi-obscurité se révélaient d'un vert aussi émeraude qu'il pouvait l'être. Ceux là se baissèrent pour se jeter sur moi, je me stoppai net alors.
Je connaissais pas Ava Riverton, mais je pu dire immédiatement en me trouvant face à elle qu'il s'agissait de la personne que je cherchai. Elle se mit à sourire avec une mystérieuse bienveillance:

-"Oui ?" Sa voix tintai comme une clochette.

Je tentai de garder mon sérieux et tendis le livre l'air neutre.
Il s'agirait de ne pas tout de même me créer une réputation de type bizarre à force de me trouver confus face à chaque personne que je rencontre. Les gens qui se trouvent à Tsuki ont tous quelque chose de particulier, mais il va falloir m'y habituer pour que je puisse y faire aussi ma place.
Je me raclai la gorge.

-"C'est ton livre, non ? Tu l'as perdu au parc."

-"Comment sais tu que c'est le mien ?"

-"Eh bien... j'ai demandé."

-"Je vois."

Elle se leva, toujours en souriant. Elle était bien plus grande que moi. Sa hauteur concordait avec une sorte d'allure sereine qui me prenait de cours.
Ava Riverton revêtait une chemisier chic, blanc crème, une longue jupe de tafta qui reflétait les couleurs d'une aurore polaire: azur et vert. Cela s'harmonisait correctement avec ses yeux au style assez unique.
Elle ne paraissait pas ennuyé d'avoir perdu son livre, mais plutôt que je vienne aussitôt lui rendre. Cela éveillait chez moi une idée qui m'intimidait: c'était volontairement que cette fille m'avait laisser Les fleurs du mal corné à la page qui éveilla chez moi un souvenir enfoui.
Elle me donna une tape amicale sur l'épaule en me dépassant.

-"Je te le laisse. Tu peux prendre ma place pour le feuilleter si tu veux."

Qu'est-ce qu'elle essaye de faire ? Elle a un but précis en me laissant son livre ? Cela ne me dit rien qui aille.
Je me retournai, une goutte de sueur perlant sur le front en comprenant que cette fille était bien ce que je redoutais: une intrigante qui d'une manière ou d'une autre c'était immiscé dans ma tête et dans une partie de mon intimité que j'avais moi même effacé. Je serrai les dents. Elle s'en allait.
Allais-je être aussi faible ? Est-ce qu'après ces recherches j'allais la laisser filer sur une note aussi sybiline ? J'étais en effet en train de ne la regarder partir par crainte de ce qu'elle pouvait vraiment être.
Pourtant, je dois au moins avoir quelques réponses essentielles !

-"Je l'ai déjà feuilleté lançai-je avec assurance. "Il y avait une page laissée à mon attention, hein ?"

Elle s'était arrêté dans sa marche, sans se retourner. Un silence passa puis je repris avec le même sérieux.

-"Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Je ne sais pas comment un poème peut être relié à ma mémoire, mais toi... tu le savais ! Je peux en être sûr. Et n'essaye de pas de dire le contraire, je le saurai... "

-"Je ne dirai pas le contraire."

Un nouveau silence. Me dents se serrèrent encore et encore.

-"Alors... que sais tu sur moi ?"

Ava se retourna très légèrement pour que je puisse à peine entrevoir son profil et son très léger sourire qui n'avait rien de narquois. D'expression de visage comme d'attitude, elle avait tout d'une honnête figure, ce qui contrastait de façon troublante avec son air de muse équivoque.
Le temps qu'elle laissa passer avant de me répondre ne fut pas insoutenable mais définitivement pesant. Elle connaissait probablement mon pouvoir. Elle ne mentirait donc pas. Mais allait elle seulement me répondre ?
Il faut que je sache. Je ne pourrais pas en démordre sinon.
Elle ouvrit la bouche.

-"Rassure toi. Je n'en sais guère beaucoup. J'ai juste voulu t'aider."

Elle se remit à marcher jusqu'à l'angle du corridor. Elle avait dit la vérité.
Cela eu l'effet escompté: j'étais un peu rassuré. Mais cela n'expliquait rien pour le moment à propos de cette Ava Riverton, de ce livre et de mes souvenirs. Mais peu importe, c'était peut-être mieux ainsi.
Cela doit être lié au pouvoir de Ava. Si c'est le cas, ce n'est peut-être pas aussi alarmant.
Je posai le regard sur la couverture du livre, songeur, tout en me rendant compte avec étonnement de quelque chose: j'avais oublié les rémanences du passé réveillé et le sentiment d'effroi qui les avait accompagné s'en était allé.
Un étrange sentiment de satisfaction et de semi-résolution m'envahissait.
Il y a indubitablement quelque chose qui cloche dans ma mémoire... mais ce n'est pas encore l'heure d'y faire face. Ni Ava ni Evana n'avez non plus à vous y mêler. Seul le futur et encore plus le présent importe.
Tout en y pensant je regagnai le parc, là où je lisais à l'origine.

Si ce passé se manifestait une nouvelle fois sous une forme quelconque et que je ne pourrais m'en détournait, dans ce cas je saisirais l'offre d'Evana. Si cette fille était mon allié, je pourrais peut-être le jour venu résoudre une bonne fois pour toute ce mystère. Mais quand bien même celui-ci serait sombre et crucial, je ne peux perdre mon temps à m'y embourber.
En observant le recueil de Baudelaire je marmonnai:

-"Pour l'instant je tourne mon avenir vers le bien. Quelqu'un comme moi n'a pas à cueillir les fleurs du mal."

Et je jetai l'oeuvre dans un taillis de quelques tulipes. Avant de tourner les talons et de remettre mon casque sur les oreilles pour changer l'esprit une ultime fois avec un Bad Penny bien mérité, je regardais le parc, oubliant le passé ou le futur. Le jardin de Tsuki avait quelques beautés.

-"Là, tout est ordre et beauté. Luxe, calme et volupté."



[fin du rp]

















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Re: Les fleurs du mal [PV: Evana Jones]

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