De l'inattendu au prévisible [Pv Yumi J. - FIN]

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De l'inattendu au prévisible [Pv Yumi J. - FIN]

Message par Yasushi le Mer 01 Juil 2015, 00:49

Le lendemain de ma sortie au cimetière, et de ma discussion avec Riley, j'étais motivé pour écrire cette fichue déposition. Mais, pour cela, je savais que j'avais besoin d'aide. Pas pas de n'importe qui! Il me fallait une personne en qui j'ai confiance, qui connaissait tout ou partie de mon passé et qui pourrait m'aider à écrire sans se moquer. Je savais qui correspondait à tous ces critères. Ça tombait bien puisque j'avais très envie de la revoir. Nous n'avions pas cours et j'en profitais pour courir dans toute l'académie à sa recherche. Non, mais une jeune fille, brune aux cheveux longs (non, pas Riley!), mesurant environ 1m60 et qui avait de magnifiques iris dorés, ça devait pas courir les rues! Et j'étais le premier à pouvoir dire que la réponse était non. Alors pourquoi est-ce que je n'arrivais pas à la croiser dans cette école?! Elle ne pouvait pas être plus immense que cette ville tout de même!

Comme il me semblait qu'elle n'était pas à l'intérieur, je tentais de la chercher dans le parc intérieur. Là, trois principaux choix s'offraient à moi, sans compter le portail :
- le terrain d'entraînement : non, ce n'était pas l'endroit où j'imaginais mon ange.
- le jardin : pourquoi pas, mais pour quoi faire?
- la serre : idem.
Après une hésitation d'une minute ou deux, je courais vers la serre en priant le ciel pour qu'elle y soit. Essoufflé, je marchais d'un pas rapide à l'intérieur de la structure de verre. Je ne pris pas le temps d'observer les diverses plantes qui se trouvaient là.
Lorsque j'entendis des voix qui sonnaient sur le ton de la conversation, je ralentis pour m'approcher discrètement. Elle était là. Elle était toujours aussi belle. Et elle semblait joyeuse. Un sentiment de culpabilité vint m'étreindre quand je pensai à la raison pour laquelle je la cherchais. Je m'en voulais de vouloir l'arracher à ses amies pour la mener vers un sujet plein de douleurs. Devais-je vraiment lui infliger ça?
Ne voulant pas la déranger, je fis mine de partir quand une des filles s'exclama :

- Eh! Regardez les fille! Canon à deux heures!

Je me statufiai. Si c'était de moi qu'on parlait, c'était pas drôle! Mais je ne pouvais ni m'enfuir, ni m'énerver. Maintenant qu'elle m'avait vu, autant que je lui dise bonjour... quoi que... c'était pas gagné...


Dernière édition par Yasushi le Mar 07 Juil 2015, 17:11, édité 1 fois


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Re: De l'inattendu au prévisible [Pv Yumi J. - FIN]

Message par Invité le Mer 01 Juil 2015, 02:17

D’après ce que j’avais compris, le groupe de filles dans lequel je m’étais intégrée adorait passer son temps dans la serre. Il me semblait que c’était pour elles une sorte de « quartier général », de repère qui leur permettait de se retrouver au calme. De fait, je dus me plier à leur règle, et j’allai ce matin-là les rejoindre après m’être levée et habillée d’un kimono violet pâle. Ce n’était pas que je n’aimais pas la serre, bien au contraire, j’adorais la nature ! Mais j’avais l’impression que parler fort dans un tel endroit était irrespectueux pour les plantes, en quelque sorte, et que discuter là-bas n’était pas la meilleure chose du monde. Mais de toute façon, je ne parlais presque pas. J’étais trop occupée à penser à Yasushi. A sa peau. Ses lèvres. Ses gestes. Son visage. Son histoire. Tout ce qui se rapportait à lui. Et comme je n’étais pas toujours très loquace, mes amies ne s’inquiétèrent pas de mon manque de participation.
Il me manquait. Même court, le temps passé sans lui semblait vide. J’avais appris qu’à ses côtés, je me sentais vivre. J’étais pleinement heureuse et vivante. Là, j’étais juste Yumi. Ce qui, pour moi, était beaucoup moins intéressant. Je me demandais ce qu’il faisait, ce à quoi il pouvait bien penser… Il était devenu mon sujet de réflexion favori. J’avais l’impression que mon cœur s’emballait rien que quand je pensais à lui. J’aurais largement préféré être avec lui qu’avec les filles. Mais je n’avais même pas pensé à demander de quelle maison il était. Et en plus, aucune des filles n’était au courant de ce qui s’était passé au cimetière – je ne savais pas s’il voulait vraiment qu’on en parle, puis, je n’avais pas envie d’être l’objet de rumeurs incessantes. Mais bien que je ne participais pas aux conversations, j’écoutais tout de même plus ou moins ce qu’il se disait. Et ce n’était rien de bien important. Ou du moins, pas plus important que ce à quoi je pensais. Puis, une des filles s’écria, sans aucune discrétion :

- Eh! Regardez les filles! Canon à deux heures!

Je levais les yeux en direction du garçon, et je reconnus Yasushi. Hein ? C’était lui le canon ? Mais c’était mon canon ! Elles n’avaient pas le droit de parler de lui comme ça ! Il était beau, certes, mais… Je ne pouvais pas les laisser dire ça. Au moment où je m’apprêtais à parler, une des filles ajouta :

- Il paraît que c’est lui qui a été convoqué par la police.
- Hm, c’est un bad boy alors ? Intéressant…

Et en plus de ça, elles le mettaient au centre de la rumeur ? Non. Non, non, non Je n’allais pas cautionner ça. D’abord, il n’avait pas besoin de ça. Et ensuite… Ce n’était pas un bad boy. Mais elles ne s’en rendraient pas compte. Je ne leur en laisserait pas le temps. Je regardais Yasushi, étonnée et un peu énervée.

- Arrêtez avec les rumeurs, personne ne sait si c’est lui. Et soyez plus discrètes.
- Oh, tu as raison. Mais il est canon, on ne peut pas se le cacher.

C’est vrai, pensai-je. Mon regard, après s’être posé sur mon interlocutrice, retourna sur mon amoureux. Je lui souris doucement. J’avais une envie irrépressible de le rejoindre et de l’embrasser. Puis je remarquai qu’il était un peu essoufflé. Il était venu… me chercher ? J’avais peur qu’il se soit passé quelque chose de grave. Ou qu’il ait besoin de moi pour quelque chose de pénible. Ou peut-être qu’il voulait juste me voir ? Aurait-il couru dans ce cas-là ? Sûrement pas.
Je m’appuyai sur mes mains pour me relever. Il n’oserait jamais venir, avec autant de filles autour de moi.

- Les filles, dis-je assez fort pour qu'il puisse deviner ce que je disais, je crois que j’ai un copain. Il faut que j’y aille.

Une fois debout, j’époussetai mon kimono et m’avançai vers Yasushi. Arrivée devant lui, je le regardai tendrement.

- Bonjour mon cœur, lui murmurai-je en souriant.

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Re: De l'inattendu au prévisible [Pv Yumi J. - FIN]

Message par Yasushi le Mer 01 Juil 2015, 13:02

Gêné, je n'osais plus ni fuir, ni m'avancer. Je me sentais bloqué, pris entre deux feux. De plus, j'entendais les voix des filles que je ne connaissais pas, et que je n'avais aucune envie de connaître, papoter d'une manière assez vive. Vu ce qui avait était annoncé, je devais être au centre de cette discussion dont Yumi ne prenait pas part. Était-ce par choix, ou y avait-il une autre raison? Puis, finalement, je l'entendis  prononcer le mot "copain", suivi d'une "Il faut que j’y aille." avant de se relever. Elle portait un habit que je n'avais jamais vu auparavant. Il ressemblait cependant au dessin que lui avait fait la jeune fille le jour de leur rencontre. Ce devait donc être le kimono, vêtement qui venait du Japon, le pays natale de cette frêle jeune fille qui se dirigeait vers moi. Je n'osais pas trop regarder dans sa direction. Je ne connaissais pas ses amis et je n'avais pas confiance.

- Bonjour mon cœur, me murmura-t-elle en arrivant à mon niveau.

Je la pris par la main et l'amenai plus loin dans la serre, plus près de la sortie, là où personne ne pouvait nous voir. Là, je me tournai vers elle et me permis de lui sourire de joie et de gêne :

Bonjour, mon ange. Désolée de te déranger...

Je n'osais pas l'embrasser. Entre la requête que je voulais lui faire, mon envie irrésistible de rester avec elle, là, au calme, et le fait que je l'ai dérangée en pleine discussion, je ne savais plus ce que je devais penser, ni comment je devais réagir. Puis, honteux, les joues rouges et la tête basse, je lui dis :

- Si tu es occupée je peux revenir plus tard... Nous pouvons toujours nous voir plus tard. Je...

J'avais l'impression qu'un public invisible était en train de rire de moi. J'étais sensé être un garçon fort et sans peur. Mais, là, je me sentais tellement faible et vulnérable. Je ne savais ni quoi faire, ni quoi dire. Pourtant, j'étais certain qu'elle ne m'en voulais pas. Je sentis la colère monter en moi, contre moi. J'en serrais les poings et rentrai la tête dans mes épaules. Les sourcils froncés, je regardais tout sauf la jeune fille et ce qui se trouvait autour d'elle. La dernière chose que je voulais c'était qu'elle se sente coupable!


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Re: De l'inattendu au prévisible [Pv Yumi J. - FIN]

Message par Invité le Mer 01 Juil 2015, 23:53

Yasushi prit doucement ma main et m’entraina vers un endroit éloigné des filles, avant de me sourire d’un visage mi-joyeux, mi-gêné. Je commençais à me demander sérieusement ce qui lui arrivait.

- Bonjour, mon ange. Désolé de te déranger...

Il pensait réellement qu’il me dérangeait ? Mais, pensai-je, ne dis pas ça… Je lui avais donné l’impression qu’il me dérangeait ? Ou c’était juste parce que j’étais avec les filles ? S’il savait que je pensais à lui, il changerait d’avis. Je ne voulais qu’une chose, c’était le revoir. Je lui souris, cachant mon inquiétude alors qu’il baissait la tête, les joues rouges.

- Si tu es occupée je peux revenir plus tard... Nous pouvons toujours nous voir plus tard. Je...

Juste après avoir dit ça, je le vis serrer les poings, rentrer la tête dans les épaules et froncer les sourcils. Il y avait donc vraiment quelque chose qui n’allait pas… Je posai mes mains sur ses poings et caressai doucement sa peau. Puis je déposai un baiser sur ses lèvres, autant pour le détendre que parce que j’en avais envie. J’espérais que ça le détendrai complètement.

- Sache que tu ne me dérange jamais, tu es ma priorité. Je t’aime, hm ?

Je pris doucement son visage entre mes mains, mes pouces caressant ses joues. Je le regardais tendrement dans les yeux. Il savait que je l’aimais, alors, il n’avait pas à douter de pouvoir venir quand il voulait. Je ne voulais pas qu’il s’inquiète de ça. Pour le moment, c’était à moi d’être inquiète. Lui, il avait l’air… de ne pas aller bien. Et il fallait que je sache pourquoi.

- Dis-moi… Ça va ? Qu’est-ce qu’il y a ?

Je le pris dans mes bras et lui chuchotai :

- Tu sais que tu peux tout me dire ou me demander. Je suis aussi là pour ça.

Je lui caressai le dos pour l’encourager à parler. J’espérais qu’il n’y avait rien de trop grave…

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Re: De l'inattendu au prévisible [Pv Yumi J. - FIN]

Message par Yasushi le Jeu 02 Juil 2015, 00:20

Je ne savais pas du tout comment elle allait réagir quand elle me prit un de mes poings pour le caresser lentement. Ses doigts étaient d'une douceur telle qu'on aurait cru de la soie, tissue que je ne pourrais jamais acheter. Puis, elle déposa un baiser sur mes lèvres auquel je répondis avec amour. Avec ces deux gestes, elle venait de casser un mur en construction et de briser une glace créée par ma colère naissante. Je me rendis alors compte que je devais la faire souffrir par mon comportement, ce qui me fit rougir de plus belle.

- Sache que tu ne me dérange jamais, tu es ma priorité. Je t’aime, hm ?

Ses mots firent bondir mon coeur comme jamais. J'étais heureux qu'elle pense ça et je souhaitais que ça ne change jamais. Je lui répondis donc en souriant et en la regardant avec amour :

- Je t'aime aussi mon ange.

Doucement, elle approcha ses mains de mon visage et me prit se dernier pour me regarder dans les yeux. Avait-elle un truc important à me dire ou à me faire comprendre? Les yeux ronds, je la regardais en m'attendant à me faire sermonner. Pourtant elle ne fit que me poser une question :

- Dis-moi… Ça va ? Qu’est-ce qu’il y a ?

Puis elle me chuchota :

- Tu sais que tu peux tout me dire ou me demander. Je suis aussi là pour ça.

Je fermai les yeux en soupirant doucement. Elle avait deviné que j'allais pas au mieux, mais surtout que j'avais besoin de son aide. Je pris ses mains pour en garder une pendant que je me frottait la nuque avec un air gêné. Je n'aimais pas vraiment avouer que j'étais en difficultés et encore moins que j'avais besoin d'aide. Mais je savais que sans elle je ne pourrais rien faire. Je lui expliquai donc :

- Le jour de l'anniversaire de ma mère, des policiers sont venus me trouver dans le bureau des pions. Ils m'ont demandé de témoigner pour le meurtre... puisque je suis le seul témoin. Je... J'ai besoin de ton aide pour écrire ma déposition, s'il te plaît... Disons que... Je sais lire, mais j'ai des difficultés à écrire. Et puis...

... on parle quand même du meurtre de ma mère quoi! terminai-je pour moi-même.

Je n'arrivais pas à la regarder en face. J'avais peur de la blesser à cause de mes sentiments tels que la colère, la tristesse et le ressentiment. Je m'en voulais aussi de lui demander de l'aide pour ça. Je voulais disparaître pour la faire souffrir autant.


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Re: De l'inattendu au prévisible [Pv Yumi J. - FIN]

Message par Invité le Ven 03 Juil 2015, 00:58

On pouvait lire sur son visage la gêne qu’il ressentait. Avait-il quelque chose de honteux à me demander ? A vrai dire, venant de lui, le garçon que j’aimais, rien ne m’aurait semblé honteux. A mes yeux, il était l’être le plus merveilleux que la Terre ait créé. Je remarquai aussi qu’il se grattait la nuque. Soit cette manie ne m’appartenait pas qu’à moi, soit je lui avais donné. Mais la première solution était plausible. Cependant, il avait gardé une de mes mains dans les siennes.
Alors qu’il commença à parler, je l’écoutai le plus attentivement possible en faisant doucement glisser mon pouce sur sa peau.

- Le jour de l'anniversaire de ma mère, des policiers sont venus me trouver dans le bureau des pions. Ils m'ont demandé de témoigner pour le meurtre... puisque je suis le seul témoin. Je... J'ai besoin de ton aide pour écrire ma déposition, s'il te plaît... Disons que... Je sais lire, mais j'ai des difficultés à écrire. Et puis...

C’était ça ? Il avait honte de ne pas bien écrire ? J’avais envie de le serrer fort contre moi. Il ne fallait pas avoir honte, il avait plus que quiconque des raisons d’avoir des difficultés à écrire. Mais je me doutais qu’il n’y avait pas que pour cela qu’il aurait besoin d’aide. En faisant cette déposition, il revivrait des souvenirs douloureux. J’étais contente qu’il m’ait choisie pour l’aider.
Il ne me regardait pas. Pourtant, il n’avait aucun motif d’inquiétude à avoir, mais il ne devait pas s’en rendre compte. Je le regardai d’un visage bienveillant, ma main libre sur sa joue.

- Je vais t’aider, pour tout ce dont tu auras besoin, et du mieux que je puisse.

Je lui souris tendrement.

- On va faire ça tous les deux, ça ira.

Puis, je réfléchis à l’endroit où faire cette déposition serait le plus simple. Il nous faudrait une table, évidemment. Le seul endroit que je connaissais possédant des tables et en libre-accès plus ou moins permanent était la bibliothèque. Je me doutais que ce ne serait pas l’endroit qu’il préfèrerait, mais nous étions bien obligés de rendre une feuille propre, non ?
Je l’embrassai, avant de passer mes bras autour de sa taille. J’avouerais que me tenir si près de lui, outre le fait que ça me fasse du bien, était un moyen de tenter de faire passer plus agréablement la nouvelle d’aller dans un endroit dont la principale fonction est d’étudier. L'enlaçant et le regardant d'en bas, je lui dis :

- Je pense qu’il vaut mieux aller à la bibliothèque, pour pouvoir écrire sur une table. Dès que tu seras prêt, dis-le moi, et nous irons. On prendra tout le temps qu’il faudra, aussi bien avant que pour la faire. Ça va aller.

Je n’étais pas convaincue moi-même que ça irait. Il y avait des chances qu’il craque, que je ne sache pas comment le calmer. Je préférais ne pas y penser et mon convaincre que, grâce à moi, tout irait pour le mieux. Après tout, c’était mon copain, non ? Alors j’allais réussir à l’aider, et avec succès. Ce qui m’inquiétait n’était pas l’écriture, mais ses sentiments. Il se sentirait mal, c’était sûr. Mais… Je serais là. Je le réconforterais. Je l’aimais, alors… Ça irait.

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Re: De l'inattendu au prévisible [Pv Yumi J. - FIN]

Message par Yasushi le Ven 03 Juil 2015, 01:33

Je n'aimais pas cette sensation, cette impression de ne plus savoir où me mettre. J'étais presque certain qu'elle ne se moquerait pas de moi, grâce à sa promesse de soutien. Mais, au fond de moi, le mal-être était présent. Le fait que je n'avais pas pour habitude de demander de l'aide, le fait que je ne savais que très peu écrire et ma faiblesse par rapport à ce que je devais faire... Rien n'était là pour m'aider. Sauf elle. Elle dont la main que je ne tenais plus se posa sur ma joue, un sourire bienveillant sur les lèvres, ce qui illuminait le visage de cet ange tombé du ciel.

- Je vais t’aider, pour tout ce dont tu auras besoin, et du mieux que je puisse. On va faire ça tous les deux, ça ira.

- Merci, Yumi... soufflai-je, la tête basse.

J'avais raison. Elle était bien la seule à qui je pouvais demander de l'aide. Mais, plus le temps passait, moins j'avais le courage de le faire. Je n'étais pas peureux. Mais ce souvenir était bien pire que mon passé en tant qu'orphelin de rue. Je ne voulais pas dévoiler à nouveau mes larmes. Je ne voulais pas me remémorer le coup qui fut fatal à ma mère... ni ses yeux vides.
Le baiser de mon ange me sortit de mes pensées et je la sentis m'entourer de ses bras. Là, elle me dit naturellement :

- Je pense qu’il vaut mieux aller à la bibliothèque, pour pouvoir écrire sur une table. Dès que tu seras prêt, dis-le moi, et nous irons. On prendra tout le temps qu’il faudra, aussi bien avant que pour la faire. Ça va aller.

Je ne connaissais pas cet endroit. Je savais juste qu'on entreposait des livres. C'était ce qui m'avait le moins intéressé dans cette école avec les salles de cours. Mais, si elle voulait travailler là-bas, j'étais prêt à y aller aussi. Partout, tant que j'étais avec elle.

- D'accord, lui répondis-je en souriant faiblement. Mais ne traînons pas trop, au cas où je changerais d'avis. Je sens déjà ma motivation faiblir, rigolai-je doucement, sans avoir réellement envie de rire.

Riley devait m'avoir donné sa manie de sourire et rire de manière erronée. Je n'en étais pas fier. Mais je ne voulais pas inquiéter ma belle en gardant un air morne, gêné ou triste. Elle allait avoir sa dose dans les heures à venir. J'espérais seulement que je n'allais pas lui causer d'ennui à cause de ça.

- Je te suis, mon ange, je ne sais pas où c'est.


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Re: De l'inattendu au prévisible [Pv Yumi J. - FIN]

Message par Invité le Ven 03 Juil 2015, 02:39

- D'accord, me répondit-il avec un faible sourire. Mais ne traînons pas trop, au cas où je changerais d'avis. Je sens déjà ma motivation faiblir, rigola-t-il doucement.

Je ne lui avais jamais entendu ce rire-là. Je m’inquiétais un peu. Mais… Il ne fallait pas qu’il le voie. Il avait bien assez à faire avec ce qu’il devait déjà ressentir.

- Je te suis, mon ange, je ne sais pas où c'est.

Je n’avais été qu’une seule fois à la bibliothèque. Je préférais travailler dans les jardins, ou n’importe où d’autre tant que je pouvais voir de la verdure. Rappelle-toi du chemin, pensai-je, tu n’as pas le choix. Il ne fallait pas que je le perde dans l’académie.
Je lui pris doucement la main et le menai, tant bien que mal, jusqu’à la bibliothèque. Il s’en était peut-être rendu compte, mais je m’étais trompée de route une ou deux fois. Une chose était sûre, mes parents ne m’avaient pas donné le sens de l’orientation.
Arrivés devant la porte de cette pièce remplie de livre, mon estomac se serra. Je ne savais pas dans quel état il serait après ça. Et même pendant… Je ne savais pas ce qu’il pourrait ressentir. Je serai là, certes, mais serait-ce suffisant ? Je me demandais sérieusement si il allait vraiment supporter de ressasser tout ça – si tant est qu’il se soit arrêté un jour. Je resserrai ma main autour de la sienne, pour nous encourager tous les deux, et je poussai le battant de bois qui nous séparait du supplice qu’il allait vivre. Ce jour-là, je ne fis pas attention aux hautes étagères de bois qui emplissaient la pièce. Je ne fis pas attention aux milliers de livres qui étaient entreposés. Je me contentai de filer vers la table la plus isolée. Si il pleurait, il n’aurait pas envie qu’on le voie, c’était sûr. Et je comprenais fort bien son sentiment.
Je désignai la table de la main et lui sourit. Ce n’était pas un sourire de joie, contrairement à d’habitude. Il exprimait tout sauf ça, bien que l’on ne puisse réellement définir le sentiment à faire passer. Je tirai deux chaises, et nous nous assîmes.

- Tu veux bien me donner de quoi écrire, s’il te plaît, mon cœur ?

Je le regardais tendrement alors qu’il chercha dans son sac. J’aimais le voir concentré, ou occupé à quelque chose. Je ne savais pas trop pourquoi d’ailleurs. Probablement parce qu’il avait à ce moment-là sur le visage un air spécial, qui rendait son visage doux d’une autre façon que celle habituelle. Quand il releva la tête et me donna son matériel, je pris le stylo dans ma main gauche, et posai ma main droite sur la sienne. Mon regard, posé sur son visage, était doux et bienveillant.

- Dis-moi quand tu es prêt, et surtout, n’hésite pas à faire des pauses si tu en as besoin. Si tu as besoin de quoi que ce soit d’autre, dis-moi. Et… Si tu as besoin de te blottir contre moi, je peux écrire même si tu te reposes sur moi. Je t’aime.

J’espérais qu’il prendrait mes consignes en compte. Il ne fallait pas qu’il doute du fait que j’étais là avec et pour lui. Je lui souris, cette fois sûre que c’était pour l’encourager et lui transmettre tout l’amour que je lui portais. Courage, mon ange, me dis-je, tu es fort, ça va aller, et je suis là.

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Re: De l'inattendu au prévisible [Pv Yumi J. - FIN]

Message par Yasushi le Ven 03 Juil 2015, 13:42

A partir du moment où elle me prit la main pour me guider, je ne fit plus attention à rien. Je me concentrais sur le contact avec sa peau douce et rose comme la peau d'une pèche. Je ne vis donc pas les détours qu'elle prit parce qu'elle s'était trompé de chemin. Je ne pris pas la peine de regarder à quoi ressemblait la bibliothèque, sa porte, ses étagères... Je savais que la suite serait extrêmement difficile. Moralement, je n'étais pas certain de pouvoir tenir. Même avant que nous arrivions à une table isolée, loin des regards, je me sentais prêt à craquer. Une semaine... Cela faisait une semaine que je n'arrivais plus à oublier. Cela faisait une semaine que je sentais mon coeur se déchirer petit à petit au fur et à mesure que les scènes de cette nuit-là se répétaient sans cesse. Je n'étais parvenu à me changer les idées en m'occupant des mômes, mais ça n'avait pas suffit.
Lorsqu'elle me montra la table et me demanda de quoi écrire, mes gestes me parurent machinaux. Je n'arrivais plus à réfléchir correctement, comme je le faisais habituellement. Même en regardant Yumi, qui me souriait gentiment, je n'arrivais ni à m'égayer, ni à m'émouvoir. J'étais comme lorsque j'avais quitté la maison. Incapable de sourire, de me réjouir...

- Dis-moi quand tu es prêt, et surtout, n’hésite pas à faire des pauses si tu en as besoin. Si tu as besoin de quoi que ce soit d’autre, dis-moi. Et… Si tu as besoin de te blottir contre moi, je peux écrire même si tu te reposes sur moi. Je t’aime.

Je croisais les bras sur la table pour y fourrer les bas de mon visage. Je ne me sentais pas prêt. Je sentais que je n'allais jamais l'être. J'avais l'impression que mon vieux allait débarquer sans prévenir pour me tuer si jamais j'osais dire quoi que ce soit. J'en avais des frissons et des sueurs froides. Et, à cause de cette peur, je n'osais plus m'approcher de Yumi. Je n'arrivais plus à ouvrir la bouche. Je regrettais amèrement de ne pas savoir écrire.

- Je ne sais pas si je serais prêt un jour... lui répondis-je en cachant entièrement mon visage dans mes bras. Quand je te cherchais, ça m'a semblé être une bonne idée. Mais... maintenant qu'on est là... je ne suis plus sûr...

Je poussai un soupir plein de désespoir. Si je savais écrire, et que c'était moi qui avait la feuille et le crayon, on aurait pu croire que j'avais le syndrome de la page blanche. Mais, en réalité, je ne savais pas si c'était une bonne idée de faire ça. Qui croirait un gamin comme moi? Sur un fait vieux de treize ans, en plus! De plus, je ne voulais pas me torturer plus que en ce moment même. Mais je ne voulais pas non plus laisser Yumi dans une telle situation. Ce devait être embarrassant. Je commençais donc mon récit, toujours le visage dans mes bras :

- Donc... il y a treize ans, donc j'avais cinq ans, mes parents se disputaient comme tous les soirs depuis longtemps. Je ne me souviens plus quand ils ont commencés, mais j'ai commencé à les observer depuis les escaliers. Ma chambre était à l'étage, et j'étais sensé dormir. Depuis mon point d'observation, je voyais tout ce qui se passait et ils parlaient toujours assez fort pour que je les entende. Au départ, c'était juste pour savoir qui était responsable de petits trucs comme... faire la vaisselle, je crois. Mais... ce jour-là, comme les précédents pendant quelques semaines, c'était pour savoir avec qui j'irais quand ils se seraient séparés.

Je me tus. Je n'arrivais pas à passer à la suite. Déjà que raconter ça était pas mal compliqué... Que pouvais-je donc bien faire pour être plus détendu et pour que ça ne me fasse plus aussi mal?


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Re: De l'inattendu au prévisible [Pv Yumi J. - FIN]

Message par Invité le Ven 03 Juil 2015, 22:43

Il avait croisé ses bras sur la table, et caché son visage dedans. C’était mauvais signe. Sa motivation se faisait de plus en plus fragile… tout comme son moral. Je savais qu’il ne risquait rien, mais j’aurais aimé être dans sa tête pour savoir comment l’aider. Je n’avais jamais vécu quelque chose comme ça. Si seulement je savais quoi faire pour le réconforter, ne serait-ce qu’un peu.

- Je ne sais pas si je serais prêt un jour... dit-il en cachant complètement son visage dans ses bras. Quand je te cherchais, ça m'a semblé être une bonne idée. Mais... maintenant qu'on est là... je ne suis plus sûr...

Il soupira. Je n’aimais pas le voir ainsi, mais le contraire m’aurait étonnée. Il s’apprêtait tout de même à parler du plus gros traumatisme qu’un enfant puisse subir. C’était à cause de ça que tout ce qui lui était arrivé s’était passé. C’était à cause de ce meurtre. De son père. S’il venait à le croiser un jour, j’espérais être là. Mais pas seule, parce que j’aurais envie de lui arracher les yeux.
Je n’avais pas osé bouger, pour ne pas le gêner. J’aurais sûrement dû, avais-je pensé alors qu’il commençait son récit.

- Donc... il y a treize ans, donc j'avais cinq ans, mes parents se disputaient comme tous les soirs depuis longtemps. Je ne me souviens plus quand ils ont commencés, mais j'ai commencé à les observer depuis les escaliers. Ma chambre était à l'étage, et j'étais sensé dormir. Depuis mon point d'observation, je voyais tout ce qui se passait et ils parlaient toujours assez fort pour que je les entende. Au départ, c'était juste pour savoir qui était responsable de petits trucs comme... faire la vaisselle, je crois. Mais... ce jour-là, comme les précédents pendant quelques semaines, c'était pour savoir avec qui j'irais quand ils se seraient séparés.

J’écrivais. Tout ce qu’il disait, je l’écrivais. Je ne changeai pas ses mots, je me contentai juste de tout résumer, mais… Je gardais ses mots. Je réécrirais peut-être une autre fois au propre, en organisant mieux, si besoin. Concentrée sur l’écriture de ce qu’il dictait, les mots mettaient plus de temps à gagner un sens. J’imaginai la scène. Un petit Yasushi de cinq ans, assis en haut de l’escalier, qui entendait ses parents se hurler dessus, jusqu’au jour où il la voit se faire assassiner. Inconsciemment, je me mis à sa place. Le petit Yasushi était remplacé par une petite Yumi. J’en eus un frisson.
La tête toujours dans ses bras, il s’était arrêté de parler. J’approchai ma chaise de la sienne jusqu’à ce qu’elles soient presque collées. Je positionnai la feuille devant mon nouvel emplacement, le stylo posé sur le papier. Doucement, je me levai et me postai derrière lui. Je ne savais pas si ça lui plairait, ni si ça lui ferait du bien, mais… Ca ne pouvait pas être pire que maintenant. Je mis mon buste contre son dos, mes bras autour des siens et ma tête non loin de la sienne.

- Nous avons tout notre temps, ne t’en fais pas. Je suis là, je ne bougerai pas.

Lui dire que tout irait bien aurait été un mensonge : je savais que ça n’irait pas. Tout ce que je pouvais faire, moi, c’était écrire et lui rendre la chose moins difficile. Il fallait que j’essaie de l’apaiser, sans montrer ce que moi je ressentais. Il était tout ce qui m’importait.

- Tu préfères que l’on reste comme ça, ou dans une autre position ? Tu peux même mettre ta tête sur mes genoux si tu veux. Ce qui te plaira le plus.

Je le serrai doucement contre moi, toujours dans la même position. Je pouvais juste lui apporter mon amour, pour le soutenir.

- Je t’aime, mon cœur.

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Re: De l'inattendu au prévisible [Pv Yumi J. - FIN]

Message par Yasushi le Sam 04 Juil 2015, 00:45

Pendant que je parlais, j'entendais le crayon gratter le papier. Yumi semblait mettre tout son coeur dans ce qu'elle écrivait. Je lui faisais totalement confiance quant au contenu.
Lorsque je me fus arrêté, le silence se fit. On aurait entendu une mouche voler. Enfin, jusqu'à ce que la chaise de Yumi racle le sol. Allait-elle partir? En avait-elle marre? J'en doutais, même si je ne pouvais pas en être certain à 100%. Sa chaise fit du bruit une seconde fois. Je ne compris ce qu'il se passait que quand je sentis la poitrine de mon ange contre mon dos et ses bras entourer les miens. Elle était toujours là. Pour moi. Rien que pour moi. J'aurais dû en être heureux. Mais je n'y parvenais pas. J'avais l'impression que seule la tristesse pouvait m'atteindre. C'était effrayant!

- Nous avons tout notre temps, ne t’en fais pas. Je suis là, je ne bougerai pas.

Sa voix semblait venir du ciel. Comme pour Jeanne d'arc. Je n'osais pas bouger. Et si je la dérangeais? Et si je lui faisais mal en faisant un faux mouvement? Tiens, la peur aussi était encore présente. Mais, en y réfléchissant bien, cela paraissait normal. La tristesse et la peur pouvaient aller de paire.

- Tu préfères que l’on reste comme ça, ou dans une autre position ? Tu peux même mettre ta tête sur mes genoux si tu veux. Ce qui te plaira le plus.

Elle me serra un peu plus. C'était doux. J'avais envie de pleurer. Mais je me retenais. Si je commençais à laisser mes sentiments me prendre, je ne serais plus capable de raconter ce qui s'était passé ce soir-là.

- Je t’aime, mon cœur.

Je me redressai un peu et posais ma main gauche sur les siennes. Je ne savais pas si je regardais la table ou si je voyais encore les évènements de ce soir-là. C'était comme si les deux se mélangeaient. Je lui répondis d'une voix dans laquelle j'aurais voulu plus d'émotion :

- Mets-toi à l'aise pour écrire... tout en restant près de moi, s'il te plaît.

Je ne lui répondit pas à son "Je t'aime". Je ne voulais pas le faire dans cet état. Je ne le devais pas. Elle en serait blessée. Peut-être plus qu'en ne lui disant rien. Dire ces mots sans émotions c'était comme ne rien dire du tout. J'attendis qu'elle s'installe à sa convenance avant de ré-attaquer... lentement :

- La dispute de mes parents était beaucoup plus violente que les autres. Mais c'était mon père qui l'était le plus... violent : il criait plus fort, menaçait ma mère de la tuer, la taper... Ma mère, elle, essayait quand même de garder son sang froid. C'est que j'ai ressentis. Je me souviens que j'étais impressionné par ce qu'elle faisait et disait.

Je me tus un instant, les lèvres tremblantes. Je m'empêchais de craquer. J'avais presque fini. Pourtant, au fur et à mesure de mon récit, mes larmes roulaient sur mes joues :

- Mon père était près d'une commode. Il a suffit que ma mère lui tourne le dos quelques instants pour qu'il ouvre un tiroir et en sorte un pistolet. Et, lorsqu'elle s'est retournée, il lui a tiré dessus. Je me souviens du bruit... J'ai failli hurler, mais d'autres coups de feu ont retentis alors que mon vieux hurlait que jamais il me laisserait aller "avec une pute comme elle". Lorsque les six coups furent passés, il prit le temps de prendre des cartouches et de recharger. Plus le temps passait, plus il riait. Il me faisait peur...

Cette fois je pleurais pour de bon. La boule qui s'était formée dans ma gorge était énorme, me brûlait et m'empêchait presque de respirer. Pourtant, je continuai :

- Quand il est monté se coucher, sans prendre le temps de cacher le corps sans vie de ma mère, je m'étais caché dans ma chambre. Je tremblais. J'ai laissé passer du temps pour être certain de pouvoir descendre sans problème. Je suis descendu... J'appelais ma mère... Je ne croyais pas le fait qu'elle était morte. Il y avait beaucoup de sang... Son corps gisait dedans... Quand j'ai réalisé, ... j'ai hurlé et pleuré. Mon père n'est jamais descendu pour voir comment j'allais. C'est d'autres personnes qui m'ont séparé su corps de ma mère et qui ont tenté de me consoler.

Je me tus pour de bon, cette fois. Je laissai libre cours à ma peine et pleurai comme lorsque j'étais encore gamin. J'avais arrêté quand les difficultés de la rue avaient prit une place assez importante pour que j'en oublie ma peine. Mais, cette fois, cette difficulté était réduite à néant. Rien ne pouvait m'empêcher de laisser sortir ma douleur. Certainement qu'on allait nous engueuler parce que je faisais trop de bruit. Mais c'était plus fort que moi. Même la honte ne pouvait pas m'arrêter...


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Re: De l'inattendu au prévisible [Pv Yumi J. - FIN]

Message par Invité le Sam 04 Juil 2015, 02:44

Il se redressa un petit peu et posa une de ses mains sur les miennes. En fait, j’étais contente qu’il ne voie pas mon visage. Il ne pouvait pas, de cette façon, voir l’inquiétude qui y était.

- Mets-toi à l'aise pour écrire... tout en restant près de moi, s'il te plaît.

Mon cœur se serra un peu. Il avait eu une voix vide qui ne promettait rien de bon. Je me rassis, collée contre lui et ma main droite qui caressait une des siennes. J’avais peur d’entendre la suite.

- La dispute de mes parents était beaucoup plus violente que les autres. Mais c'était mon père qui l'était le plus... violent : il criait plus fort, menaçait ma mère de la tuer, la taper... Ma mère, elle, essayait quand même de garder son sang froid. C'est que j'ai ressentis. Je me souviens que j'étais impressionné par ce qu'elle faisait et disait.

J’écrivais au rythme de sa voix. Comment peut-on faire ça ? Comment peut-on être aussi violent avec une femme ? Il était censé l’aimer, non ? Je ne comprenais pas. Je ne voulais pas comprendre.

- Mon père était près d'une commode. Il a suffit que ma mère lui tourne le dos quelques instants pour qu'il ouvre un tiroir et en sorte un pistolet. Et, lorsqu'elle s'est retournée, il lui a tiré dessus. Je me souviens du bruit... J'ai failli hurler, mais d'autres coups de feu ont retentis alors que mon vieux hurlait que jamais il me laisserait aller "avec une pute comme elle". Lorsque les six coups furent passés, il prit le temps de prendre des cartouches et de recharger. Plus le temps passait, plus il riait. Il me faisait peur...

Je voulais arrêter d’imaginer. Je voulais arrêter de penser. Juste… Ecrire comme un robot. Je n’osais pas le regarder, parce que j’aurais eu envie de le prendre dans mes bras, et ça l’aurait empêché de continuer. J’entendais dans sa voix qu’il pleurait. Les yeux fixés sur la feuille qui se noircissait peu à peu, j’avais moi aussi envie de pleurer. Je voulais que son père aille en prison, mais… étaient-ils obligés de lui imposer ça ? Une telle souffrance ? Pourquoi le faire pleurer à nouveau ? Entre sa voix, mes pensées et les mots horribles que j’avais écrits, je n’avais aucun refuge. Et pour lui… C’était encore pire. Je ne retournerai jamais à cette table, c’était fini.

- Quand il est monté se coucher, sans prendre le temps de cacher le corps sans vie de ma mère, je m'étais caché dans ma chambre. Je tremblais. J'ai laissé passer du temps pour être certain de pouvoir descendre sans problème. Je suis descendu... J'appelais ma mère... Je ne croyais pas le fait qu'elle était morte. Il y avait beaucoup de sang... Son corps gisait dedans... Quand j'ai réalisé, ... j'ai hurlé et pleuré. Mon père n'est jamais descendu pour voir comment j'allais. C'est d'autres personnes qui m'ont séparé su corps de ma mère et qui ont tenté de me consoler.

Automatiquement, la scène se jouait dans ma tête. Le sang, la mère baignant dedans, Yasushi… Il pleurait. J’avais envie de pleurer. Je ne savais pas ce qui était le pire entre l’entendre pleurer, imaginer la scène et savoir qu’il avait vécu ça. Si j’avais pu changer le cours des choses, je l’aurais fait. Quand il eut fini de parler, il me fallut un peu de temps pour mettre le point final.
Je ne savais pas quoi dire. Je le pris dans mes bras, le serrant fort contre moi, et posai sa tête contre mon épaule pour qu’il n’ait pas à s’inquiéter du regard des gens. La bibliothécaire s’avança vers notre table, puis repartit rapidement en voyant que je contrôlais la situation. Je caressai doucement les cheveux de Yasushi, les larmes aux yeux. Il fallait que je laisse paraître le moins de peine possible. Pour lui. Je pourrais le faire.

- Je suis désolée… que tu aies dû subir tout ça… C’est… Tu es courageux d’avoir raconté tout ça. Tu en as fini avec cette déposition, maintenant, ça va aller. Je suis là.

Est-ce que ça irait ? Je ne savais pas. Mais au moins, il n’aurait plus à revivre ça. Je ne voulais pas qu’il le revive. Plus jamais ça.

- Maintenant, tout va bien se passer. Je suis là pour toi, hm ? Je te garderai dans mes bras, pour toujours. Ca va aller.

Je posai ma tête contre la sienne et le laissai pleurer contre moi. J’étais convaincue qu’il en avait besoin, que ça le libèrerait. Au moins un peu. Je n’aimais pas le voir comme ça. Des larmes roulaient sur mes joues. Silencieusement, je continuai à caresser sa tête. Il n’entendrait pas que j’avais pleuré, et tant mieux, il n’avait pas besoin de ça. Je voulais juste qu’il aille mieux.

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Re: De l'inattendu au prévisible [Pv Yumi J. - FIN]

Message par Yasushi le Sam 04 Juil 2015, 11:07

Des bras m'entourèrent. Une épaule vint cacher mon visage en larmes. Des pas résonnèrent, d'abord en s'approchant, puis en s'éloignant. Une main caressa mes cheveux. Dans ma peine, je voulais que tout s'arrête. Je ne me souvenais plus comment on faisait pour aller mieux. Je ne savais plus ce que je disais aux mômes qui pleuraient pour qu'ils retrouvent leur joie de vivre. Je détestais me sentir faible et vulnérable, comme en cet instant. Je détestais pleurer dans un endroit où des personnes pouvaient le voir. Je me détestais de ne pas savoir contrôler mes émotions. Tant d'années pendant lesquelles j'avais réussis à oublier ces détails monstrueux sauf pendant une seule journée que je passais au cimetière. Une journée pendant laquelle je laissais paraître mes émotions, du matin... jusqu'au lendemain. Peut-être qu'au fond j'espérais qu'elle reviendrait. Mais les évènements de cette semaine m'avaient fait réaliser que ma mère ne reviendrais jamais. Les policiers, le fait que j'ai raconté à Yumi et Riley, même brièvement, ce qu'il s'était passé, la déposition, les détails qui avaient tournés dans mon esprit. Tout cela m'avait fait réaliser à quel point je m'était voilé la face...

- Je suis désolée… que tu aies dû subir tout ça… C’est… Tu es courageux d’avoir raconté tout ça. Tu en as fini avec cette déposition, maintenant, ça va aller. Je suis là.

Je me sentais faible. Loin d'être courageux. Mais je ne lui répondis pas. Je n'en avais pas la force. Je me concentrais donc sur sa douce voix d'ange :

- Maintenant, tout va bien se passer. Je suis là pour toi, hm ? Je te garderai dans mes bras, pour toujours. Ça va aller.

Elle posa sa tête sur le mienne, toujours cachée dans son épaule. Je tremblais. Je pleurais. J'étais à des années lumière d'aller bien. Si jamais je revoyais mon vieux, je pensais que, malgré ma peur, je pourrait être capable de lui faire du mal. Et je ne parle pas d'un simple poing dans l'estomac! Je parle bien de le défigurer, de l'éventrer, le lui arracher le coeur... Mais est-ce que ça allait m'aider à aller mieux? J'en doutais... Je me sentais comme vide. Vide de toute émotion. C'était comme si rien n'avait de sens.

- Yumi... fis-je d'une voix que je ne me connaissais pas, comment en est-on arrivé là?Comment mon père est-il devenu un tel monstre? Quand ai-je commencé... à être ce que je suis? Violent, sans émotion, gentil que dans certaines situation...


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Re: De l'inattendu au prévisible [Pv Yumi J. - FIN]

Message par Invité le Dim 05 Juil 2015, 00:26

Je le sentais trembler. Comment faire pour qu’il aille mieux ? Comment faire pour le soulager ne serait-ce qu’un minimum ? Je sentais qu’il allait s’effondrer, encore plus que maintenant. Mon estomac me brûlait. Je ne savais pas quoi dire, quoi faire. Il avait besoin de moi, et j’étais inutile.

- Yumi... comment en est-on arrivé là? Comment mon père est-il devenu un tel monstre? Quand ai-je commencé... à être ce que je suis? Violent, sans émotion, gentil que dans certaines situation...

Je fermai les yeux. Je ne comprenais pas comment son père avait pu faire ça. Même en retournant la question dans tous les sens… Je ne comprenais pas. J’aurais aimé savoir, pouvoir lui expliquer… J’aurais aimé avoir une réponse qui puisse le libérer. Mais je n’en avais pas. Pour le reste, je n’étais pas d’accord avec lui. Je n’avais pas vécu avec lui dans la rue, mais je ne le trouvais pas sans émotion. Je le serrai plus fort contre moi avant de lui répondre.

- Je.. Je n’arrive pas à comprendre. Certains diraient que c’était par amour pour toi, mais… Non. Il n’aurait pas fait ça. Je pense que… qu’il… Il devait être malade, mentalement. Mais tu n’es pas comme ça. Tu n’es pas un monstre. Tu n’es pas sans émotion, sinon, tu n’aiderais pas les enfants. Tu n’es violent que par nécessité, quand il le faut. Tu as commencé à devenir comme tu es aujourd’hui à cause de lui. Mais…

Je caressai son dos,  délicatement.

- Tu es loin d’être lui. Tu es un être merveilleux, tu as souffert, mais tu es merveilleux. Je t’aime comme tu es. Et tu… tu n’es pas sans émotion, rarement gentil et violent. Quand tu dis  ça, on dirait que tu es un monstre comme lui. Ce n’est pas vrai.

Je déposai un bisou sur ses cheveux avant de reprendre. J’espérais sincèrement que ce que je disais pourrait le faire remonter dans sa propre estime.

- Si tu ne crois pas en toi… crois en mes mots. Je ne sais pas vraiment pourquoi cet homme est un monstre, mais je sais que toi tu ne l’es pas.

Je lui avais dit tout ce que je ressentais. J’avais été le plus sincère possible. Je posai ma main sur sa nuque, espérant que j’avais les mains chaudes et que cette chaleur pourrait un peu le réconforter. Il fallait que je réussisse, malgré tout ce que je ressentais. Il fallait que je l’aide. De toutes mes forces.

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Re: De l'inattendu au prévisible [Pv Yumi J. - FIN]

Message par Yasushi le Dim 05 Juil 2015, 02:16

Les bras de Yumi me serrèrent plus fort et les mots qu'elle prononça commencèrent à briser mon armure construite inconsciemment :

- Je.. Je n’arrive pas à comprendre. Certains diraient que c’était par amour pour toi, mais… Non. Il n’aurait pas fait ça. Je pense que… qu’il… Il devait être malade, mentalement. Mais tu n’es pas comme ça. Tu n’es pas un monstre. Tu n’es pas sans émotion, sinon, tu n’aiderais pas les enfants. Tu n’es violent que par nécessité, quand il le faut. Tu as commencé à devenir comme tu es aujourd’hui à cause de lui. Mais…

J'avais mal au cœur. Je savais qu'elle avait raison, mais j'avais du mal à l'admettre. Je n'arrivais pas à me voir comme quelqu'un de gentil, qui savait quand il fallait être violent... Et j'avais souvent entendu des adultes dire "tel père, tel fils" entre eux. Je ne savais pas s'ils parlaient de moi. Mais ces mots s'étaient comme ancrés dans mon esprit. Du coup, j'étais persuadé que j'allais devenir un monstre, moi aussi.
Elle me caressa le dos. Ce geste me fit ressentir plus d'émotions. Elles étaient mélangées, méconnaissables. Mis je les ressentais.

- Tu es loin d’être lui. Tu es un être merveilleux, tu as souffert, mais tu es merveilleux. Je t’aime comme tu es. Et tu… tu n’es pas sans émotion, rarement gentil et violent. Quand tu dis ça, on dirait que tu es un monstre comme lui. Ce n’est pas vrai.


Avait-elle réussis à lire dans mes pensées? Elle venait, sans le savoir, de répondre à mes interrogations. J'avais envie de pleurer, autant de joie pour ses mots, que de tristesse toujours pour la même chose.
Elle déposa un baiser sur mes cheveux. Comment définir ce geste? Libérateur? Oui, ce devait être ça. Elle venait de me libérer d'un poids de culpabilité énorme, bien que mes larmes menaçaient toujours.

- Si tu ne crois pas en toi… crois en mes mots. Je ne sais pas vraiment pourquoi cet homme est un monstre, mais je sais que toi tu ne l’es pas.

Croire en elle... Si je n'avais que ça à faire, alors elle pouvait compter sur moi. J'enlaçais sa taille et laissai mes larmes couler sur l'épaule de la personne que j'aimais le plus au monde. C'est d'une voix pleine de sanglots, de tristesse et d'espoir, que je lui répondis :

- Je te suivrais où que tu ailles, mon ange. Je te protègerais. Je t'aimerais. En échange, sois juste là. Je ne veux rien d'autre qu'être à tes côtés pour toujours...

Je laissai planer un silence, le temps de me reprendre un peu. Juste un peu, le temps de lui glisser tendrement, malgré mes pleurs :

- Je t'aime.


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Re: De l'inattendu au prévisible [Pv Yumi J. - FIN]

Message par Invité le Dim 05 Juil 2015, 03:05

Je sentis ses bras enlacer ma taille. Alors… Il pouvait bouger à nouveau ? Il allait un peu mieux ? Mes… mes mots avaient marché ? J’étais un peu soulagée, mais l’entendre pleurer me stressait toujours autant. Je détestais ça. Plus que tout. Mais au moins, il pouvait se laisser aller et se décharger de ses peines.

- Je te suivrais où que tu ailles, mon ange. Je te protègerais. Je t'aimerais. En échange, sois juste là. Je ne veux rien d'autre qu'être à tes côtés pour toujours...

Malgré tout ce qu’il avait sur le cœur, il était si doux… Je redressai ma tête pour qu’il ne sente pas les larmes qui coulaient sur mes joues, plus nombreuses. Je ne bougerai pas, pensai-je, je vais rester à tes côtés.
Il y eut un petit silence, pendant lequel il sembla se calmer un tout petit peu. Et, entre deux sanglots, il me glissa :

- Je t'aime.

Mes pleurs s’intensifièrent encore. Je le serrai plus fort dans mes bras, j’avais besoin de le sentir contre moi. Je cachai ma tête dans son cou, à mon tour, pour que les gens ne voient pas dans quel état j’étais moi aussi. J’avais besoin de lui. De le voir heureux. Je voulais son bonheur. Tout ce que son père avait réussi à lui apporter, c’était de la douleur, de la peur… Plus Yasushi pleurait, plus j’avais envie de me défouler sur son père. Comment pouvait-on faire ça ? A son propre enfant ? S’il l’avait eu, il devait bien le vouloir non ? Il… Il avait un fils si merveilleux, et… Le faire souffrir, c’était… Comme mes parents. A l’exception qu’eux n’avaient pas commis de meurtre. Et moi ? J’étais la solution de remplacement ?
Tout se mélangeait dans ma tête, si bien que je ne contrôlais même plus le bruit de mes pleurs. J’avais été la fille qu’on avait eue par dépit, pour remplacer ma sœur, cachée de tous. Ils l’avaient fait souffrir, et moi… Moi je… J’étais l’enfant-reine. Puis avec mon pouvoir, on m’avait fait souffrir, tous les jours, physiquement. Pensaient-ils que les ailes, c’était très agréable ? Pensaient-ils que j’allais les aimer après avoir appris ce qu’ils avaient fait à leur propre enfant ? Je…
Il fallait que j’arrête de pleurer, de penser à ça. Yasushi. Il fallait que je me concentre sur lui. Je n’étais pas celle qui avait besoin d’aide dans l’immédiat. Tant bien que mal, je ralentis le rythme de mes pleurs et lui répondit, tout doucement.

- Je t’aime, mon cœur. Et je te promets de rester pour toujours à tes côtés. Mais, il… Je…

Repenser à mes parents faisait mal. Ils m’avaient menti. Avaient fait du mal à leur fille aînée. Ils avaient trahi leurs deux filles. Je me doutais que ça n’arriverait pas, mais… Il fallait qu’il me jure quelque chose.
Je laissai un silence, le temps de rassembler assez de courage pour énoncer ma phrase.

- Je t’en supplie, promets-moi de ne jamais me mentir. De ne jamais me trahir. Je… S’il te plaît. C’est la meilleure façon de me protéger.

J’avais honte de lui avoir dit ça. Mais c’était trop tard. Je savais qu’il ne me trahirait pas, mais j’avais besoin de l’entendre de sa bouche à lui. Juste pour en être sûre.

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Re: De l'inattendu au prévisible [Pv Yumi J. - FIN]

Message par Yasushi le Dim 05 Juil 2015, 14:29

Elle pleurait. Nous pleurions, ensemble. Pourquoi pleurait-elle? A cause de moi? Je m'en voulais de la faire pleurer, surtout si c'était vraiment à cause de moi. Elle s'accrocha à moi comme à un bouée de sauvetage, enfouissant son visage dans mon épaule, comme le mien dans la sienne. Je sentais ses larmes qui mouillait mon tee-shirt. Elle sanglotait. Très fort au départ. Puis, après quelques minutes, alors que j'avais cessé de pleurer, elle commença à se calmer. Je la laissai faire, tranquillement. Je ne voulais pas qu'elle se force. Pourtant, elle ne mit pas longtemps pour reprendre la maîtrise de ses sentiments et me parler d'une voix douce :

- Je t’aime, mon cœur. Et je te promets de rester pour toujours à tes côtés. Mais, il… Je…

Elle laissa planer un silence que je ne rompis pas. Ce n'était le moment de nous brusquer. J'attendis donc qu'elle reprenne :

- Je t’en supplie, promets-moi de ne jamais me mentir. De ne jamais me trahir. Je… S’il te plaît. C’est la meilleure façon de me protéger.

Lui mentir? Quelqu'un avait osé la tromper? Etait-ce ses parents comme je le pensais? Ou un garçon avec qui elle serait sortie? Malgré mes question, je savais que le moment était mal choisi pour demander des précisions. J'ai donc relevé doucement mon buste, tourné ma belle de sorte de pouvoir passer mon bras gauche sous ses genoux et la soulever, avec quelques difficultés, et la poser avec le plus de douceur possible sur mes genoux. J'espérais qu'elle serait plus à l'aise en étant plus proche de moi. Ensuite, je lui fis des bisous, très tendrement, sur sa joue et sur son cou, seuls morceaux de peau que j'arrivais à atteindre. Puis, je lui murmurai à l'oreille :

- Je ne te trahirais pas. Je ne te mentirais pas non plus. Cependant, je ne peux pas te garantir de tout pouvoir te dire sur le moment. Mais, comme tu semble pouvoir lire en moi et que tu es l'ange qui parvient à briser mes barrière, je ne me fais pas trop de soucis de ce côté-là.

Je me mis à la serrer tout contre moi. Son parfum, son odeur, me détendait. Sa présence me rassurait. Jamais, au grand jamais, je ne m'étais sentis aussi heureux d'être aux côtés de quelqu'un.


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Re: De l'inattendu au prévisible [Pv Yumi J. - FIN]

Message par Invité le Dim 05 Juil 2015, 23:15

Après mes mots, il se redressa. M’en voulait-il de douter ? Je n’aurais jamais dû lui demander ça, surtout que je ne doutais pas de lui. J’étais juste… Je voulais le prévenir, en quelque sorte. J’avais besoin de l’entendre, c’était tout. Mais, au contraire de ce que j’aurais pu imaginer, il passa son bras sous mes jambes et me posa tout doucement sur ses genoux. J’étais heureuse, et… bien mieux comme ça. Me reposer contre son torse, sentir son cœur battre. J’aimais ça, le sentir contre moi. Je fermai les yeux alors qu’il déposait des baisers tendres sur ma joue et mon cou. Mon cœur se réchauffa un peu plus. A vrai dire, je me sentais comme intégralement plongée dans la chaleur, celle de son corps, celle provoquée par ses gestes… J’adorais ça. Finalement, il me murmura à l’oreille.

- Je ne te trahirais pas. Je ne te mentirais pas non plus. Cependant, je ne peux pas te garantir de tout pouvoir te dire sur le moment. Mais, comme tu semble pouvoir lire en moi et que tu es l'ange qui parvient à briser mes barrières, je ne me fais pas trop de soucis de ce côté-là.

Il me serra contre lui. Je me blottis contre lui, et frottai mon visage dans son cou. Sa peau était douce et agréable. Je n’avais jamais fait ça avant. La tête toujours dans son cou, je lui parlai doucement.

- Quand tu as des ennuis, besoin de parler, ou juste envie de me voir, n’hésite pas. Tu es ma priorité, tu sais ? Et… Je ne te demande pas forcément de tout me dire dans l’instant, je veux juste que tu me fasses confiance.

Je levai une main pour la poser de l’autre côté du cou de mon amoureux. Doucement, je lui caressai la peau. Je n’avais pas envie de bouger, d’autant plus qu’il me semblait que j’avais réussi à le réconforter. Je m’en voulais d’avoir pleuré, surtout que je n’avais pas vraiment de raison valable de le faire. Lui, il avait vécu quelque chose de vraiment dur. Moi, je n’aurais pas dû pleurer.
Sans relever la tête, je repris.

- Je ne veux que ton bonheur et ton bien-être. Alors, si tu as besoin de quoi que soit, je serai là. Même si tu n’as besoin de rien, mon ange.

Je relevai ma tête à la hauteur de la sienne, posai une main sur sa joue, puis l’embrassai tendrement. Les yeux fermés et mes lèvres contre les siennes, j’étais comme sur un nuage. J’oubliai presque qu’on était dans la bibliothèque – mais j’imaginai que la bibliothécaire qui nous avait vus tout à l’heure déconseillait aux gens de venir au fond de la pièce, près de nous.
Quand nous nous séparâmes, je le regardai d’un regard que je n’avais encore jamais utilisé. Il exprimait toute la douceur, la tendresse et l’amour que je lui portais.

- Merci, terminai-je. Merci d’être tel que tu es, et de m’aimer.

Je voulais aussi lui poser une question, par rapport à son père, mais ce n’était pas le moment. Pour l’instant, je voulais juste penser à nous, rien que nous deux. Et lui, surtout. En le regardant, je lui caressai la joue. Je l’aimais.

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Re: De l'inattendu au prévisible [Pv Yumi J. - FIN]

Message par Yasushi le Dim 05 Juil 2015, 23:56

J'eus l'impression que plus nous étions proches l'un de l'autre, plus nos câlins devenaient doux. Intimes peut-être. Ce qui était sûr, c'est que j'avais certainement réussis à la calmer un peu plus puisque ses mots me parvinrent de façon plus calme, bien qu'étouffés par mes vêtements et mon cou :

- Quand tu as des ennuis, besoin de parler, ou juste envie de me voir, n’hésite pas. Tu es ma priorité, tu sais ? Et… Je ne te demande pas forcément de tout me dire dans l’instant, je veux juste que tu me fasses confiance.

Mais c'était aussi pareil pour elle! Ce n'était pas parce que j'avais vécu une période difficile qu'elle devait se négliger. Au contraire! Si elle le faisait, cela m'inquiéterait!
Je sentis se doigts sur mon cou. Des frissons apparaissaient là où elle passait. C'était agréable. Tant et si bien que je l'aurais bien prise par les épaules pour pouvoir l'embrasser comme un fou! Mais je ne le fis pas par respect pour elle, et parce que je n'oubliais pas où nous étions.

- Je ne veux que ton bonheur et ton bien-être. Alors, si tu as besoin de quoi que soit, je serai là. Même si tu n’as besoin de rien, mon ange.

Et je ne voulais que les siens! Hors de question d'être heureux au détriment de son bonheur.
Elle se releva, mis une main sur ma joue et m'embrassa. Je lui rendis son baiser avec passion et douceur. C'était agréable. Elle devait vraiment lire dans mes pensées. Etait-ce son pouvoir? Elle ne me l'avait pas dit... mais je ne lui avait pas dévoilé le mien non plus, me semblait-il.
Lorsque se fut fini, je voulu recommencer. Mais le regard qu'elle me porta m'en empêcha. Jamais encore on ne m'avait fait un tel regard. Si doux. Empli d'un amour sans faille. Je faillis en faire une crise cardiaque!

- Merci. Merci d’être tel que tu es, et de m’aimer.

Je lui répondis en prenant un air faussement sérieux en essayant de m'empêchant de rire tant je me trouvais risible :

- Moi aussi je vous aime, ma chère princesse. Mais si jamais vous osiez vous rendre malheureuse parce que vous n'osez pas me parler de vos soucis, vous serez punie.

Je ne pus me retenir plus longtemps de rire. Je pouffai donc doucement avant de reprendre, réellement sérieux, cette fois :

Sérieusement, Yumi, ce n'est pas parce que j'ai eu un passé difficile que tu dois tout garder pour toi. Si jamais tu as un problème, que tu souhaite parler, même de ton passé, n'hésite pas. J'aimerais que ce que tu me demande, tu le fasse aussi.

Je pensais que ma demande était tout à fait légitime. Et si elle ne l'était pas, je n'étais pas certain de savoir ce qui clochait.


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Re: De l'inattendu au prévisible [Pv Yumi J. - FIN]

Message par Invité le Lun 06 Juil 2015, 03:15

- Moi aussi je vous aime, ma chère princesse. Mais si jamais vous osiez vous rendre malheureuse parce que vous n'osez pas me parler de vos soucis, vous serez punie.

Il riait. J’étais heureuse de le voir ainsi, mais j’avais bien compris qu’il était sérieux dans ses propos. Et… c’était ce que j’étais en train de faire ? Probablement. Pleurer, ce n’était pas habituel pour quelqu’un qui va bien. J’aimais son rire, il me faisait du bien, après ses pleurs.
Puis, il reprit avec un ton plus sérieux.

- Sérieusement, Yumi, ce n'est pas parce que j'ai eu un passé difficile que tu dois tout garder pour toi. Si jamais tu as un problème, que tu souhaite parler, même de ton passé, n'hésite pas. J'aimerais que ce que tu me demande, tu le fasse aussi.

Il avait dit que je savais lire en lui, mais… Lui aussi savait lire en moi, apparemment. Je posai ma tête sur son épaule, mon front contre son cou. Il avait raison. Je ne pouvais pas lui demander de se confier si moi-même je ne le faisais pas. Doucement, je fis glisser ma main pour lui prendre la sienne. Je la serrai dans la mienne. Il  ne s’attendait peut-être pas à ce que je commence maintenant ? Ou peut-être que si.

- Tu sais, je… J’ai l’impression d’avoir vécu pour rendre mes parents heureux. Je voulais les voir sourire, mais… je n’y arrivais que très peu. Moi j’étais heureuse, enfin… Je crois. Et quand on m’a dit pour ma sœur, plus j’y pense, plus j’ai l’impression de… lui avoir volé son bonheur.

Je fermai les yeux. J’espérais ne pas l’embêter avec ça. Mais peut-être que c’était le moment ? J’y avais repensé, alors, il fallait que j’en parle, sûrement ? Il devait bien y avoir une raison…

- Puis je me suis dit qu’elle était née avant moi. Ils l’ont reniée. Et j’ai pensé que… J’ai le même prénom qu’elle. Ils m’ont eue après. Et… Est-ce que tu crois que je suis un enfant de remplacement ? Qu’ils ne m’ont eue que pour sauver leur honneur ? Je… Ils m’ont eue pour… Pour la remplacer…

Je pensai que dans ce cas-là, s’ils n’avaient pas fait souffrir ma sœur, je n’aurais pas eu à naître. Si seulement ils avaient accepté le pouvoir, la nature de leur première fille… La guérison est pourtant un pouvoir noble ! Elle pouvait aider des tas de gens !

- Des fois, je pensais que j’aurais préféré ne pas naître. Ca aurait voulu dire qu’elle était acceptée. Et elle n’aurait pas souffert. Je suis sûre qu’ils ne m’ont eue que pour ça, et… Ils ne m’ont jamais dit qu’ils étaient fiers. Mais j’étais heureuse, malgré toute la douleur que mon pouvoir me donnait. Enfin… Ça me fait mal d’être née pour remplacer ma sœur, parce qu’ils voulaient la faire souffrir. Je n’ai jamais voulu me donner la mort, mais je… J’aurais préféré ne pas naître, parfois. Pas par orgueil, mais pour ce ça impliquait par rapport à ma sœur. Mais j’ai honte de ressentir ça. Parce que maintenant je suis dans tes bras, et que j’adore ça.

Je rouvris les yeux. Est-ce que je devais continuer ? Est-ce que ça ne ferait pas trop pour lui ? Ce que j’avais à dire n’était plus si choquant, après tout.

- Je crois que je vais avoir du mal à ne pas garder ce qui ne va pas pour moi. Parce que je veux te voir heureux, et… Et que ça me donnerait l’impression de polluer ton bonheur. Mas je te promets de faire des efforts. J’aimerais oublier, mais… cette idée que je suis l’enfant de secours me hante. Et je ne sais pas comment faire pour passer à autre chose.

Je ne pleurais pas. Je n’étais pas en colère. J’étais blessée. Attristée de voir que mes parents avaient laissé ça en moi. Est-ce que j’arriverais un jour à ne plus y penser ? Je savais que Yasushi pourrait m’aider. Rien qu’en étant avec lui, je sentais que mon existence servait à quelque chose. J’étais là, et il m’aimait. Etait-il la première personne qui m’aimait autant pour ce que j’étais ? Excepté ma sœur, oui. Il m’avait connue, aimée, alors que je n’avais aucun lien avec lui au départ. J’étais heureuse de l’avoir rencontré. Lui aussi, pour moi, il était un ange.

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